Pendant trois jours, du 25 au 27 août, l’Hôtel Mimi de Grand-Bassam a accueilli l’atelier technique d’élaboration des rapports d’études d’opportunité du projet de formation-insertion socioprofessionnelle des jeunes vulnérables à travers le service civique.
Organisé conjointement par l’Office du Service Civique National (OSCN), structure placée sous la tutelle du Ministère de la Promotion de la Jeunesse, de l’Insertion Professionnelle et du Service Civique, et la Direction Générale de l’Apprentissage et de la Formation Continue (DGAFC), relevant du Ministère de l’Enseignement Technique, de la Formation Professionnelle et de l’Apprentissage (METFPA), cet atelier a permis de valider onze rapports stratégiques devant déboucher sur la création de nouveaux Certificats de Qualification Professionnelle (CQP) adaptés aux réalités économiques du pays.
Les secteurs retenus couvrent des domaines variés : le bâtiment et travaux publics (maçon briqueteur, électricien bâtiment), l’agro-industrie (éleveur de caprins, producteur maraîcher par hydroponie, transformateur de fruits), les services (vendeur, agent de prévention et de sécurité), la mécanique (automobile et motocycle) ainsi que la métallurgie (ferronnier).
Ces filières ont été choisies pour leur fort potentiel d’embauche et leur capacité à offrir des débouchés rapides et durables aux jeunes en quête d’insertion professionnelle.
Pour Bakary Sidibé, Directeur du Service Civique d’Action pour le Développement (SCAD) à l’OSCN, l’une des grandes avancées de cet atelier réside dans la création de diplômes reconnus par l’État : « Aujourd’hui, nos jeunes qui sortent des centres de service civique acquièrent des savoir-faire, mais peinent à convaincre les entreprises faute de diplômes. Or, celles-ci exigent de voir des attestations officielles pour se rassurer de la qualification des candidats. Avec ces CQP, les jeunes pourront valablement prouver leurs compétences et accéder plus facilement au marché du travail. Cet atelier vient donc corriger une situation qui limitait leur insertion. »
Pour M. Oyodé Saindou, représentant du Conseil National des Branches Professionnelles (CNBP), le rôle du secteur privé est déterminant pour garantir l’adéquation formation-emploi : « Le CNBP est le référent du secteur productif pour orienter les formations, tant au niveau des contenus que de la qualité. Notre mission est de nous assurer que les profils formés correspondent aux besoins réels du secteur privé, mais aussi que le nombre de jeunes formés soit en phase avec la demande. Il ne s’agit pas de former en masse des jeunes qui auraient ensuite du mal à trouver un emploi. »
Présente à l’atelier, Mme Lawson Huguette, Directrice Générale de SAGES-CI et membre du Conseil exécutif du Mouvement des Petites et Moyennes Entreprises (MPME), a souligné l’importance des CQP pour les petites structures : « Les PME, qui ne peuvent pas toujours recruter des cadres, ont d’abord besoin d’ouvriers qualifiés. La mise en place des CQP est une réponse concrète à cette réalité. Ces jeunes viendront avec des diplômes qui rassurent, et de notre côté, nous les aiderons à parfaire leurs compétences. C’est une bouffée d’oxygène pour nos unités de production en quête de main-d’œuvre. »
Enfin, Mme Marie-Laure Sidibé, sous-directrice à la Direction de la pédagogie et des curricula au METFPA, a rappelé l’appui technique apporté par son ministère à l’OSCN : « Le METFPA accompagne l’OSCN dans sa volonté d’ajouter l’apprentissage à un métier au processus de resocialisation de ses pensionnaires. En tant qu’experts, nous avons travaillé à l’élaboration des référentiels de formation. Cet atelier nous a permis de rédiger onze rapports d’opportunité pour onze CQP. L’objectif est clair : transformer des jeunes vulnérables en main-d’œuvre qualifiée, apte à contribuer à l’essor économique du pays. »
À l’issue des travaux, le comité scientifique a entamé la consolidation des rapports et la préparation des textes réglementaires. Ces résultats devraient permettre à l’OSCN et au METFPA de déployer, dès 2026, ces nouvelles filières qualifiantes dans les centres de service civique et les établissements de formation professionnelle.