Ça sent le roussi !!! À vingt-quatre jours de l’ouverture du Congrès ordinaire de l’Union nationale des journalistes de Côte d’Ivoire (UNJCI), prévu les 13 et 14 février 2026, des manœuvres suspectes, semblent être à l’œuvre contre la candidate Marie-Laure N’Goran. Qui a décidé de taper du poing sur la planche.
En effet, dans un communiqué en date du 23 janvier 2026, transmis à la presse, la liste « Nouvelle Vision pour l’UNJCI », conduite par la journaliste Marie-Laure N’Goran, a tenu à porter à la connaissance de la communauté des journalistes plusieurs faits jugés préoccupants
Dans ce communiqué, elle précise que le Congrès a été officiellement annoncé sur convocation du Conseil d’administration. Dans la continuité, le Conseil exécutif a ouvert, par communiqué du 22 décembre 2025, une session extraordinaire relative aux cartes de membres, tenue du 23 décembre 2025 au 6 janvier 2026, puis prorogée jusqu’au 7 janvier 2026 inclus.
Par ailleurs, le Conseil d’administration a ouvert, le 13 janvier 2026, le dépôt des candidatures au Conseil exécutif. À l’issue de la délibération du 17 janvier 2026, deux listes ont été déclarées recevables : la liste « Nouvelle Vision pour l’UNJCI », conduite par Marie-Laure N’Goran, et la liste « Une Union plus forte, Solidarité et Responsabilité », conduite par Franck Ettien. Conformément aux Statuts et au Règlement intérieur, la période de contentieux relative à l’éligibilité des listes se déroule du 21 au 26 janvier 2026.
Toutefois, à ce stade du processus, deux éléments majeurs appellent une attention particulière, selon le texte.
D’une part, la liste électorale n’a pas encore été rendue publique ni communiquée aux listes candidates, alors même qu’elle constitue un instrument fondamental de transparence et de confiance dans toute élection démocratique. Or, les textes de l’UNJCI prévoient l’existence et la tenue régulière d’un fichier des membres par le Conseil exécutif, notamment en année de Congrès ordinaire.
D’autre part, des journalistes ayant régulièrement adhéré à l’UNJCI, après s’être acquittés de leur droit d’adhésion de 10 000 FCFA dans le cadre de la session extraordinaire, n’ont pas encore reçu leurs cartes de membres. Il leur aurait été indiqué que ces cartes ne seraient remises qu’après la tenue du Congrès des 13 et 14 février 2026.
Pour la liste « Nouvelle Vision pour l’UNJCI », cette situation pose problème. Les textes de l’organisation ne prévoient aucun délai limitant l’exercice des droits de membre une fois l’adhésion régulièrement effectuée. La non-remise des cartes de membres, actuellement retenues par le Conseil exécutif sortant, pourrait donc priver certains journalistes de la pleine jouissance de leurs droits, notamment de leur participation au choix des dirigeants de l’Union.
Attachée au respect des Statuts et du Règlement intérieur, aux principes de bonne gouvernance et à la préservation de l’unité de l’UNJCI, la liste conduite par Marie-Laure N’Goran invite respectueusement le Conseil d’administration à faire diligence afin que la liste électorale soit publiée et mise à la disposition des listes candidates, et que les journalistes nouvellement admis entrent en possession effective de leurs cartes de membres.
Cette démarche, souligne le communiqué, vise exclusivement à garantir un Congrès inclusif, crédible et apaisé, dans l’intérêt supérieur de l’UNJCI et de l’ensemble de la profession journalistique.
Pourquoi la démarche de Marie Laure N’goran est noble ?
Le règlement intérieur de l’UNJCI, en son article 25, dispose qu’il est tenu chaque année, par le Conseil exécutif, un fichier des membres de l’Union précisant notamment l’état des cotisations. Plus explicite encore, l’article 26 précise qu’en année de Congrès ordinaire, ce fichier doit être tenu à jour au plus tard trois mois avant la date du Congrès, avec des informations précises sur chaque membre : numéro de la Carte d’Identité de Journaliste Professionnel (CIJP), numéro de carte UNJCI, noms et prénoms.
Autrement dit, la liste électorale n’est ni un privilège ni une faveur. Elle est un document central, une pièce maîtresse du processus électoral, indispensable à toute élection crédible, transparente et démocratique.
Plus encore, les statuts de l’UNJCI, notamment au chapitre III relatif au Conseil d’administration, rappellent que cette instance est l’organe de contrôle du processus. L’article 21 lui confère des missions suivantes: réception et traitement des candidatures, publication des listes provisoires et définitives, gestion des réclamations et ouverture officielle de la campagne électorale.
En clair, aucune disposition ne demande au conseil d’administration de refuser la liste à un candidat qui en fait la demande. Elle ne fixe aucun délai pour demander.
Or, à ce jour, ce silence assourdissant nourrit tous les soupçons.
Doit-on s’interroger si le conseil d’administration est en possession de la liste électorale ? Le contentieux qui est ouvert et qui prendra fin le lundi 26 janvier n’est pas seulement lié qu’aux deux listes mais bien évidemment à la liste électorale qui constitue le cœur du scrutin. Que peut faire le camp adverse si la liste lui est soumise après le contentieux?
A quelques jours du congrès, tout porte à croire que le Conseil exécutif sortant manœuvre pour faire élire son candidat par tous les moyens sans même une dose d’éthique, d’équité et de règle démocratique.
Pour un Congrès apaisé, Il faut éviter les tensions. La publication immédiate et la mise à disposition de la liste électorale constituent aujourd’hui une exigence démocratique minimale.
C’est à ce prix seulement que les incompréhensions seront levées, que les soupçons seront dissipés et que le Congrès de février 2026 pourra se tenir dans un climat apaisé, conforme aux valeurs, à l’éthique et aux principes fondateurs de l’UNJCI.
À défaut, l’histoire retiendra que le processus a été sciemment biaisé, et que la démocratie interne de l’UNJCI aura été sacrifiée sur l’autel des calculs et des intérêts personnels.
Fulbert Yao






































































