La 27ᵉ édition du Week-end des Ebony se tient depuis le vendredi 6 jusqu’au dimanche 8 février 2026 à Yamoussoukro, autour du thème « Un journaliste responsable pour une action plus forte ».
Vendredi à l’occasion de la cérémonie inaugurale, Denis Charles Kouassi, directeur général de la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS), a animé un panel à l’hôtel président.
Il a soutenu que le journalisme ne peut durablement remplir sa mission sans assises financières solides, indiquant que le social, tout comme l’indépendance éditoriale, se construisent avec des ressources et non avec de simples intentions.
Selon Denis Charles Kouassi, les médias ont profondément changé de nature à l’échelle mondiale. Il a fait observer que les médias ne sont plus seulement des vecteurs d’information, mais sont devenus des médias d’opinion, capables d’influencer les choix économiques, politiques et stratégiques des États.
À l’en croire, cette réalité impose à l’Afrique de reprendre la maîtrise de sa propre narration, afin de ne plus laisser l’opinion sur le continent être façonnée exclusivement depuis l’extérieur.
Le directeur général de la CNPS a estimé que laisser d’autres médias construire l’image de l’Afrique revient à fragiliser son développement, expliquant qu’une opinion négative, exagérant les risques, les conflits ou l’instabilité, suffit à décourager les investisseurs et à ralentir la croissance.
Pour lui, une presse d’opinion forte constitue donc un levier stratégique de développement.
Dans cette perspective, Denis Charles Kouassi a insisté sur la nécessité de transformer les entreprises de presse en structures économiquement viables. Il a soutenu que la presse ne peut plus fonctionner sur des modèles précaires, dépendants de soutiens politiques ou institutionnels, appelant à une presse adossée à des actionnaires solides et à des capitaux capables de soutenir son développement.
À ce propos, il a plaidé pour une profonde restructuration du secteur, estimant que la presse doit s’inscrire pleinement dans le modèle économique de la croissance africaine à venir. Il a expliqué que lorsque le business croît, les médias doivent également croître, afin de jouer pleinement leur rôle dans la formation de l’opinion et l’accompagnement du développement.
Le conférencier a également mis en garde contre une presse réduite à des organes d’État ou à des instruments de partis politiques, soulignant que même dans les pays occidentaux, les médias appartiennent souvent à de grands groupes dont les orientations influencent la ligne éditoriale. Pour lui, l’enjeu n’est donc pas tant l’indépendance absolue que la capacité à bâtir des médias solides, transparents et assumant leur rôle dans la bataille des idées.
Pour Denis Charles Kouassi, cette transformation passe impérativement par l’organisation d’états généraux de la presse, qui permettront de repenser le modèle économique des médias, d’attirer des investisseurs et de garantir aux journalistes des conditions de travail décentes. Il a estimé qu’une presse économiquement forte permettra non seulement aux professionnels de vivre dignement de leur métier, mais aussi de projeter une image juste et crédible de l’Afrique.
Pour finir le directeur général de la CNPS a soutenu que la presse africaine est appelée à jouer un rôle central dans les prochaines décennies, au moment où la croissance mondiale se déplacera vers l’Afrique. Selon lui, sans une presse d’opinion structurée et financièrement viable, cette croissance risque de se faire sans les Africains.




































































