Le Centre National de calcul situé à Bingerville a servi de cadre ce mercredi 18 février 2026, à l’ouverture d’un séminaire doctoral.
Un séminaire doctoral spécialisé en calcul haute performance (HPC), consacré aux fondements du parallélisme, à la programmation OpenMP/MPI et à l’initiation au calcul GPU.
Organisé en partenariat avec l’IRD et le CNC-CI, la formation se déroule les 18, 19, 20, 23 et 24 février 2026 en présentiel et en ligne.
En s’inscrivant dans les dynamiques actuelles de transformation numérique et d’innovation scientifique, ce séminaire répond au besoin croissant de renforcer les capacités locales en calcul intensif, de soutenir la compétitivité des laboratoires et institutions, et de préparer une nouvelle génération de spécialistes capables de tirer parti des infrastructures de calcul avancées.
Durant ces jours de formation, les participants constitués d’étudiants en Master, doctorants, enseignants-chercheurs, chercheurs et professionnels seront outillés entre autres sur les modules suivants : Initiation pratique à l’utilisation du calculateur ; Manipulations : jobs, performance, profilage ; OpenMP : Gestion des threads, parallélisation de boucles, réduction, scheduling, exercices ; MPI: Paradigme message-passing, Communicateurs, rangs, envois/réceptions, MPI Scatter/Gather/Reduce ; et Modèle de programmation CUDA, premier kernel (Hello CUDA), indexation des threads & blocs.
Ainsi, pour l’atteinte des objectifs fixés, le séminaire adopte une approche pédagogique participative et centrée sur la pratique, combinant des exposés théoriques ; des démonstrations pratiques ; des travaux pratiques et des échanges interactifs.
Dans son mot d’ouverture, Professeur Koné Tiémoman, a salué, d’entrée, le rôle majeur joué par le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Adama Diawara dans la mise en place du Centre national de Calcul de Côte d’Ivoire.
« Avant d’être ministre de l’Enseignement supérieur, il a été conseiller technique en charge de la formation et de la recherche auprès du président de la République. C’est là-bas qu’il a pesé de tout son poids pour que l’idée même du projet soit acceptée juste à ce qu’on puisse avoir des financements et réaliser. Ce centre de calcul est un moyen communautaire de l’enseignement supérieur et le fruit des différentes luttes qui ont été menées, mais des luttes portées principalement par lui (le Ministre Diawara, Ndlr) », a-t-il rappelé.
Cependant, déplore-t-il, depuis sa mise en place en 2018, le Centre national de calcul peine à atteindre sa vitesse de croisière, dans le cadre de ses activités. « On n’a pas anticipé en commençant déjà à former des gens pour que lorsque le calculateur va être là, on puisse l’exploiter. Donc, on a le calculateur et on s’y rend compte qu’on ne sait même pas comment on l’utilise », a laissé entendre Prof. Koné Tiémoman, avant de se montrer optimiste. « Mais, il y a de l’espoir à travers ce genre de séminaire. Ce colloque est vraiment investi dans l’humain. Parce que c’est la vraie richesse. C’est ces humains qui sauront comment réparer, comment programmer, enfin comment tirer profit », a confié le président de l’UVCI, indiquant que l’organisation de ce séminaire résulte du « bon diagnostic » posé par l’UVCI et le CNC-CI.
L’optimisme du Directeur du CNC-CI
Pour le Directeur du CNC-CI, Prof. Kouassi Benjamin, la collaboration entre le Centre qu’il dirige et l’UVCI s’inscrit dans cette vision, c’est-à-dire développer des compétences locales capables d’exploiter efficacement les ressources nationales de calculs intensifs au bénéfice de la recherche, de l’innovation et du développement. C’est pourquoi, il perçoit ce séminaire doctoral comme une étape concrète vers une ambition commune. Car, a-t-il poursuivi, le calcul haute performance est aujourd’hui un enjeu majeur de souveraineté scientifique et numérique.
« La maîtrise des architectures du supercalculateur et de l’exploitation optimale offre à nos chercheurs des capacités accrues pour mener des travaux de haut niveau et produire des résultats compétitifs à l’échelle internationale », a déclaré le Directeur du CNC-CI.
Le Mater HPC-IA, un levier structurant
Dans cette veine, Professeur Kouamé Fernand, Directeur de l’Ecole doctorale et de Coordonnateur de la recherche au sein de l’UVCI, a marqué « une grande satisfaction » par rapport à la collaboration avec le Centre de calcul pour le projet du Master HPC-IA. « Aujourd’hui, c’est un des jalons de ce Master », s’est-il réjoui, ajoutant que c’est un Master qui a été accompagné par des partenaires tels que l’Institut de recherche et développement (IRD), la Confédération générale des entreprises de Côte d’Ivoire, Data 354 et d’autres structures partenaires au niveau de l’Europe. « Nous avons commencé à construire ce modèle de formation. Il s’agit de relever un défi, c’est d’accroître le nombre d’espèces capables d’utiliser le calculateur. C’est un calculateur qui est un moyen communautaire de recherche et qui a été mis à notre disposition grâce à la vision très éclairée du ministre. Ce calculateur est sous-exploité. Il fallait trouver un dispositif qui permette de former, de renforcer les capacités de tous ceux qui peuvent l’utiliser plutôt que d’aller chercher à le faire dans d’autres pays », a-t-il justifié.
Présentant le Master, il a fait savoir que la formation est très flexible (en ligne et en présentiel). « Elle se fait également de façon modulaire. On peut faire des modules chaque année en fonction de la disponibilité et capitaliser tous les modules pour constituer le master. Voici la flexibilité que cela offre non seulement aux travailleurs mais également aux personnels qui n’ont pas besoin de faire tous les modules pour renforcer leurs compétences », a expliqué Prof. Kouamé Fernand. Et d’ajouter : « Nous en organisons chaque trimestre. Cette année, il y a eu le premier séminaire au mois d’octobre. Le deuxième séminaire, a lieu en ce moment, et il y aura un troisième et un quatrième. Mais en fonction de la demande, peut-être qu’on va renforcer la fréquence de ces séminaires parce que la demande devient de plus en plus forte ».
Il est important de noter que si la première journée s’est déroulée au Centre national de calcul de Bingerville, la suite de la formation se tiendra dans la salle Aula, au siège de l’UVCI, au siège de l’UVCI.
P.N





































































