Dans un jeu d’échec, un joueur est déclaré vainqueur dans les cas suivants. Premièrement, l’échec et mat. C’est la victoire principale. Le roi adverse est en échec et aucun coup légal ne permet de s’en sortir (ni fuir, ni capturer la pièce, ni bloquer l’attaque). Deuxièmement, c’est l’abandon. Un joueur peut abandonner volontairement s’il estime sa position perdue. L’adversaire est alors déclaré vainqueur. Troisièmement, il y a le dépassement de temps. Si un joueur n’a plus de temps à la pendule avant d’avoir terminé la partie, il perd, à condition que l’adversaire ait encore le matériel suffisant pour mater. Quatrièmement, c’est la victoire par décision de l’arbitre. Par exemple, le coup illégal répété, le comportement antisportif ou le refus de respecter les règles.
Depuis quelques années, il y a comme un jeu d’échec qui se joue entre l’Occident mené par les États-Unis d’Amérique et les pays émergents, notamment la Chine. Au départ, tout laisse croire que la Chine n’a pas été prise au sérieux par l’Occident, puisque stratégiquement parlant, toutes les industries occidentales y ont déménagé en faisant d’elle, « l’usine du monde ».
Ainsi, la Chine a appris et bien appris d’ailleurs. Aujourd’hui, dans de nombreux domaines, elle est plus compétitive aux plans technologique, industriel et commercial que les USA dont elle est le premier créancier. Toutes les statistiques le montrent bien, la majeure partie de la dette américaine a été rachetée par la Chine. Ce qui fait que le pays de Donald Trump est dépendant de celle-ci, au regard du rapport de forces qui existe entre un créancier et son débiteur. En clair, les USA ne dominent plus l’économie mondiale et ont laissé la place à la Chine, qui creuse chaque jour davantage le fossé qui les sépare.
Face à ce renversement de situation et comme dans un jeu d’échec, le temps semble déclarer la Chine gagnante. Alors, les USA ont décidé de réagir, en ne respectant pas les règles du jeu. D’où, l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche portée par l’oligarchie mercantiliste américaine avec pour mission : Make America Great Again (MAGA). Pour ce faire, il choisit d’utiliser la force pour s’imposer au mépris des lois internationales qui ont régi le monde depuis la seconde mondiale et préservé la paix jusqu’à ce jour.
Par exemple, il bloque par la force tout ce qui constitue les éléments de la route de la soie du grand projet de domination de la Chine. Les impositions de taxes douanières, le Kidnapping du président Nicolas Maduro du Vénézuela afin de prendre le contrôle du pétrole de ce pays et en priver la Chine, la menace d’annexion du Groenland pour contrôler les voies maritimes au pôle nord, la menace d’aider à renverser le pouvoir iranien pour avoir la mainmise sur le pétrole de ce pays, etc. s’inscrivent dans cette logique.
Plus grave, aujourd’hui, Donal Trump a décidé de pousser le Rubicon plus loin, en créant un « Conseil de Paix » qui envisage de jeter l’ONU à la poubelle de l’histoire. Cet organe sera une sorte de Conseil de sécurité sous sa coupole, qui va édicter la conduite des affaires du monde selon les seuls intérêts des États-Unis. Cette situation mondiale crée de facto un face-à-face militaire inévitable entre les USA et la Chine. Quand ce duel militaire aurait-il lieu ? Nous conduira-t-il à la troisième Guerre mondiale ? Cette confrontation se déroulera-t-elle plutôt par procuration comme lors de la Guerre froide avec l’URSS ?
Une chose est sûre. L’équilibre se fait toujours par la présence d’un contrepoids. Face à cet ogre qui avale tout, le reste du monde est obligé de s’organiser pour créer un équilibre pour la paix mondiale. Si non, les incertitudes actuelles risquent de s’avérer catastrophiques pour le monde entier.
Dr. Nurudine OYEWOLE. Communicologue et analyste politique






































































