Le procès des auteurs présumés de l’attaque terroriste de Kafolo , perpétrée le 10 juin 2020, à la frontière avec le Burkina Faso, s’est poursuit le lundi 30 mars 2026 avec des réquisitions du Parquet, au tribunal de première instance d’Abidjan.
Sur la quarantaine d’hommes jugés pour « actes terroristes », Cinq accusés risquent la prison à vie Ils sont considérés comme les auteurs directs et combattants de l’assaut meurtrier.
Pour 26 autres, le Parquet a requis des peines de 20 ans de prison. Quatorze accusés, en revanche, ont été acquittés. Parmi eux, un couple, parents d’un terroriste en fuite. Ces personnes ont été arrêtées sans lien direct avec les faits qui leur étaient reprochés. C’est le cas également d’un accusé interpellé à Bondoukou alors qu’il se rendait au nord. Le ministère public a demandé leur acquittement.
Lire aussi: Attaque de Kafolo : Le procureur de la République annonce la libération des 5 Mauritaniens faute de preuve
Selon le Parquet, le nord ivoirien constitue aujourd’hui « l’épicentre mondial du terrorisme ». Les groupes armés se sont installés dans la région, menaçant la souveraineté nationale. « Il ne s’agit pas seulement de 45 personnes renvoyées devant vous, mais de la résilience de l’État de Côte d’Ivoire face au terrorisme », a insisté le représentant du ministère public.
Kafolo, village de 2 000 habitants à proximité du parc de la Comoé, a été la cible d’un commando de 30 hommes lourdement armés. Trois d’entre eux ont traversé la Comoé à la nage pour mener un assaut coordonné. Arrivés à motos, certains étaient déjà infiltrés dans le pays. L’attaque a coûté la vie à 14 membres des forces de défense et de sécurité. L’objectif des terroristes : créer un sanctuaire le long des trois frontières et étendre leur emprise jusqu’au golfe de Guinée.
Lire aussi: Côte d’Ivoire : des attaques terroristes signalées à Kafolo et Tehini
Avant l’attaque, le groupe était déjà sous surveillance. Des arrestations préventives avaient eu lieu, avec une centaine de personnes interpellées. Une ordonnance de non-lieu partielle a permis de réduire drastiquement ce nombre. « Il n’y a aucune ambiguïté sur la nature terroriste de cette attaque », a souligné le Parquet.
L’avocat de l’État a demandé réparation à hauteur de 10 milliards FCFA. La partie civile a rappelé que « quatorze hommes de l’État, soldats et gendarmes, ont été sauvagement assassinés alors qu’ils défendaient la patrie ». Elle a insisté : « Ces mercenaires de la mort sont à rechercher parmi les 45 accusés. Quand la mort frappe nos forces, comment l’État ne pourrait-il demander réparation ? »
Lire aussi: La Côte d’Ivoire a rendu hommage à ses 14 soldats morts en opération à Kafolo
Les victimes, selon la partie civile, n’ont pas été choisies au hasard. Elles exerçaient leurs fonctions régaliennes pour garantir la sécurité du pays et veiller à la laïcité de l’État. Les accusés ont reconnu que l’attaque visait à « promouvoir une cause religieuse », mais cela ne saurait justifier de telles barbaries, a rappelé la partie civile.
Lire aussi: Côte d’Ivoire : une dizaine de militaires ivoiriens tués dans une attaque à Kafolo (communiqué)
Les enquêtes ont permis d’identifier plusieurs participants. Certains ont tiré, d’autres ont servi de relais ou de guetteurs. D’autres encore connaissaient les plans mais se sont tus. Tous sont liés à l’attaque et devront répondre de leurs actes devant le tribunal.
La suite des plaidoiries des avocats de la défense est fixée au 20 avril 2026.
Fulbert Yao




































































