Plusieurs organisations de la société civile ivoirienne sont montées au créneau suite à la désignation du président et des membres du bureau exécutif du Conseil national des droits de l’homme (CNDH-CI).
Dans un communiqué publié le mercredi 1er avril 2026, elles pointent des « manquements graves » à la loi n°2018-900 du 30 novembre 2018 et appellent les autorités ainsi que la communauté internationale à réagir.
Selon les signataires, l’élection intervenue le 25 mars 2026, ayant conduit à la désignation de Adjelou Christian à la tête de l’institution, soulève des préoccupations majeures. Si la procédure semblait, à première vue, conforme aux dispositions légales, les ONG affirment avoir relevé, après analyse, des violations de certaines exigences fondamentales encadrant le fonctionnement du CNDH-CI.
Au cœur des griefs, le non-respect présumé de l’article 16 alinéa 3 de la loi, qui impose que le président soit une personnalité reconnue pour sa probité, sa respectabilité et surtout son impartialité. Les organisations estiment que ce dernier critère n’est pas pleinement satisfait, évoquant le passé militant de l’intéressé au sein d’un parti politique ivoirien, ainsi que des prises de position publiques récentes. Elles soulignent qu’aucune preuve formelle de renonciation à cet engagement politique n’a été portée à la connaissance du public.
Pour ces organisations, l’impartialité constitue un principe cardinal, renforcé par les Principes de Paris, qui régissent les institutions nationales des droits de l’homme. Elles mettent en garde contre toute politisation de cette institution, perçue comme un pilier de l’État de droit et de la démocratie.
Autre point de contestation : la composition du bureau exécutif. Les ONG dénoncent une violation de l’article 15 de la loi, relatif à la prise en compte du genre. Selon elles, le bureau issu de cette élection serait composé exclusivement de personnes du même genre, en contradiction avec les engagements nationaux en matière de parité et d’inclusion.
Face à ces constats, les organisations signataires recommandent notamment aux autorités ivoiriennes, en particulier au ministère de la Justice et des Droits de l’homme, de ne pas entériner les résultats de cette élection et de reprendre le processus dans le strict respect des dispositions légales. Elles interpellent également les partenaires techniques et financiers, ainsi que les instances internationales telles que l’Alliance mondiale des institutions nationales des droits de l’homme (GANHRI) et le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, afin qu’ils se saisissent de la question.
Les organisations de la société civile ivoirienne appellent enfin à une vigilance accrue pour préserver les acquis en matière de droits de l’homme et garantir le bon fonctionnement du CNDH-CI, dans le respect des normes nationales et internationales.




































































