Le 10 mars dernier, dans le cadre de l’opération « zéro tolérance, sur les routes ivoiriennes », engagées depuis le 2 mars 2026, le ministere des transports et des affaires maritimes, en synergie avec les ministères en charge de la Défense et de la sécurité, a pris plusieurs mesures . Parmi lesquelles: l’arrêt immédiat des contrôles techniques réalisés par le biais de bans mobiles sur toute l’étendue du territoire national par l’ensemble des entreprises bénéficiant d’un agrément.
Si cette mesure vise à renforcer la rigueur du dispositif de contrôle, elle suscite toutefois de vives préoccupations sur le terrain.
En effet, une grande partie du parc automobile ivoirien circule encore sans visite technique à jour. (Parc automobile ivoirien : ≈ 1,5 à 2 millions de véhicules ; véhicules avec visite technique valide : ≈ 30 % (environ 600 000) ; véhicules en défaut de visite technique : ≈ 70 % (environ 1,4 million)).

Dans ce contexte, une interrogation s’impose : le problème réside-t-il réellement dans les moyens de contrôle, ou plutôt dans le nombre élevé de véhicules qui échappent au dispositif ?
Alors que certains automobilistes tentent de se conformer à la réglementation, les centres fixes de visite technique font face à une affluence croissante.
L’allongement des files d’attente et les délais de traitement de plus en plus longs traduisent un engorgement progressif du système.
La suspension des bans mobiles risque d’aggraver cette situation. Ces unités avaient pour mission de rapprocher le service des usagers, notamment dans les zones où l’accès aux centres fixes demeure limité. Leur suppression réduit ainsi la capacité globale de contrôle, à un moment où une large frange du parc automobile reste encore hors du circuit officiel.
Au-delà de cette mesure, le véritable défi semble résider dans la capacité des autorités à identifier et sanctionner les véhicules circulant sans visite technique valide.
Dans les faits, les opérateurs de visite technique ne contrôlent que les véhicules qui se présentent volontairement dans leurs centres. Leur action se limite donc essentiellement à l’inspection et à la sensibilisation des usagers au respect des normes de sécurité.
Dès lors, réduire les outils de contrôle, à l’image des bans mobiles, pourrait affaiblir la capacité du système à absorber la demande et à capter les véhicules encore en marge.
L’enjeu prioritaire serait plutôt de renforcer les contrôles sur la voie publique, d’améliorer le maillage territorial des centres et d’intensifier les campagnes de sensibilisation.
Fulbert Yao





































































