Le ton monte déjà autour de l’élection à la Mutuelle générale des fonctionnaires et agents de l’État de Côte d’Ivoire (MUGEF-CI). Face à ce qu’ils considèrent comme une injustice flagrante visant leur candidature, les leaders syndicaux Zadi Gnagna Théodore et Bli Blé David, têtes de file de la liste ABM (Alliance pour le bien-être des mutualistes), n’ont pas caché leur colère, lors d’une conférence de presse, qu’ils ont animée ce lundi 23 mars 2026, à Cocody.
Prenant la parole à cette occasion, Bli Blé David a détaillé, point par point, les griefs formulés par leur liste, mettant en lumière les dysfonctionnements qu’il juge inacceptables.
Il a expliqué en effet, que la liste ABM a régulièrement constitué ses candidatures dans les 32 régions électorales du pays. Cependant, le 17 mars, le comité électoral leur a signalé des anomalies portant sur cinq dossiers. Son équipe s’est donc rendue dès le 18 mars à la commission électorale pour apporter des corrections, invoquant une jurisprudence appliquée lors des élections de 2021.

A cette rencontre la présidente du comité électoral a proposé, une seule alternative. A savoir déposer de nouveaux documents au plus tard lundi.
« Le dossier dont il était question, c’était les casiers judiciaires. Elle nous imposait le devoir de remplacer ces casiers judiciaires sur lesquels il y avait des anomalies (…) . Elle nous a reçu. Nous étions trois. Le président Gnagna Zadi et moi. En plus, d’un Magistrat, qui était donc membre de notre liste, elle nous a dit que la seule alternative pour elle, c’était le lundi. Et le lundi, aujourd’hui à 14h, on l’appelle pour dire que nous venons déposer nos listes. Nous voyons qu’il y a un mur véritable. On empêche notre équipe d’avoir accès au siège, au local du comité électoral », a –t-il expliqué.
Pour lui, cette attitude renforce les soupçons d’irrégularités savamment orchestrées.
«La raison en est que, pour la première fois, les locaux de la Mugefci ont été verrouillés, surtout au niveau de la commission électorale, pour ne pas qu’on ait accès à la commission. En plus, on a même vu, au niveau des réseaux sociaux, l’annonce déjà du rejet de notre candidature. Mais malgré cela, nous avions pris ça pour des rumeurs. Nous avions pensé qu’effectivement, les choses allaient se faire dans les règles de l’art. C’est une simple élection sociale. Et une telle élection sociale demande une transparence. Je pense que la situation est assez grave pour ce qui est en train de se passer», a-t-il martélé.
Tout en se disant attachés à la paix sociale, ils n’excluent pas des actions dans les prochaines heures.
«Nous demandons déjà, pour la paix sociale, que nos autorités nous aident rapidement à régler cette question. Par contre, nous demandons à nos camarades de se mobiliser. Parce que dans les heures qui suivront, nous allons envoyer des mots d’ordre clairs. Parce que nous sommes des syndicalistes. Nous ne pouvons pas laisser cette histoire, cette situation passer. Nous ne pouvons pas laisser cette injustice », a averti Bli Blé David, invitant leurs partisans à rester mobilisés.
Prenant la parole à son tour, Zadi Gnagna Théodore a abondé dans le même sens, dénonçant une rupture avec les pratiques antérieures. « Nous sommes surpris par cette rigidité. En 2021, dans une situation similaire, la commission électorale avait accordé un délai supplémentaire pour corriger les anomalies », a-t-il rappelé.

Pour lui, cette différence de traitement est révélatrice. « Aucun texte n’interdit ces corrections. Ce qui a été fait hier, pourquoi ne pas le faire aujourd’hui ? Cela démontre que la volonté de biaiser l’élection est manifeste », a-t-il accusé.
Le leader syndical a également insisté sur l’enjeu de ces élections, qu’il qualifie de déterminantes pour la base. « Le groupe ABM est porté par les fonctionnaires qui souhaitent un changement à la tête de la mutuelle. Nous voulons une élection inclusive et transparente », a-t-il souligné.
Tout en réaffirmant leur volonté de participer au scrutin, Zadi Gnagna a appelé ses partisans à rester en alerte. « Nous invitons nos camarades à se mobiliser sur l’ensemble du territoire et à se tenir prêts pour les mots d’ordre à venir », a-t-il conclu.
Fulbert Yao






































































