Le processus électoral à la MUGEFCI continue de se compliquer. Après le retrait de la liste ABM de Zadi Gnagna et David Bli Blé, un autre acteur majeur entre en résistance. Le Groupe Solidarité Égalité (GSE), conduit par Assétou Laurence Kamara, a annoncé, ce lundi 30 mars 2026, la suspension de sa participation au scrutin.
Face à la presse, la leader du GSE a dressé un tableau préoccupant de l’organisation du processus électoral, qu’elle juge entaché de nombreuses irrégularités. « Une situation grave, préoccupante et profondément regrettable affecte actuellement le processus électoral de la MUGEFCI », a-t-elle déclaré d’entrée.
Au cœur de la contestation, l’invalidation de candidatures du groupe dans les sections d’Abidjan et du ministère de l’Économie et des Finances (MEF). Selon les explications fournies par la présidente du Comité électoral national, un casier judiciaire jugé non conforme, parmi les dossiers de 97 candidats délégués, serait en cause pour la section d’Abidjan. À cela s’ajoute, pour la section de la MEF, une candidature déposée dans une circonscription différente de celle indiquée sur la liste électorale numérique.
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Des motifs que le GSE juge insuffisants et surtout entachés d’irrégularités procédurales. Laurence Kamara dénonce notamment l’absence de notification préalable, pourtant consacrée par les pratiques en vigueur. « Les candidats sont normalement informés des anomalies et disposent d’un délai de 48 heures pour régulariser leur situation. Cela n’a pas été le cas », a-t-elle insisté.
Plus grave, selon elle, aucune pièce litigieuse n’a été transmise à son groupe, et aucune possibilité de réponse ne lui a été offerte. « Nous avons appris notre invalidation par les réseaux sociaux, comme tout le monde », a-t-elle déploré.
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La responsable du GSE relève également une différence de traitement avec d’autres listes ayant, dans des situations similaires, bénéficié de délais de régularisation. Une situation qui alimente, selon elle, des interrogations sur la transparence et l’équité du processus.
Au-delà de ces griefs, le GSE pointe des dysfonctionnements plus larges depuis la prorogation de six mois du mandat du Conseil d’administration sortant : une liste électorale initiale jugée « truffée d’erreurs », l’absence de publication d’une liste physique actualisée et une recomposition inattendue des collèges électoraux.
Face à cet ensemble de « zones d’ombre », le Groupe Solidarité Égalité, réuni en Assemblée générale extraordinaire, a décidé de suspendre sa participation. « Il ne s’agit ni d’un abandon, ni d’un retrait, mais d’un acte de responsabilité », a précisé Laurence Kamara, appelant à un sursaut collectif.
Le GSE exige notamment du Comité électoral national la garantie d’un processus « transparent, inclusif et équitable », ainsi que le réexamen des dossiers litigieux dans le respect des règles.
Dans une démarche d’apaisement, le groupe annonce également la saisine des autorités administratives, politiques, religieuses et traditionnelles pour une médiation. Un appel est aussi lancé au Président de la République, Alassane Ouattara, ainsi qu’à la Première Dame, Dominique Ouattara, afin de favoriser un règlement juste de la crise.
« Au-delà des personnes, c’est la crédibilité même de l’institution qui est en jeu », a conclu la conférencière, réaffirmant l’attachement de son organisation à la paix, au dialogue et à la défense des droits des mutualistes.
Fulbert Yao



































































