La guerre au Moyen-Orient, les relations sino-ivoiriennes, la réunification de Taiwan à la Chine sont entre autes les sujets abordés par le representant diplomatique de Pékin en Côte d’Ivoire.
Cette année marque le 70e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre la Chine et l’Afrique, ainsi que l’Année sino-africaine des échanges humains et culturels. Dans ce contexte, comment renforcer les échanges humains et culturels entre la Chine et la Côte d’Ivoire?
Cette année marque le 70e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre la Chine et l’Afrique. Depuis 70 ans, l’amitié sino-africaine, en transcendant le temps et l’espace, s’est transmise de génération en génération. Soous le pilotage conjoint du Président Xi Jinping et des dirigeants africains, les relations sino-africaines ont connu un développement prodigieux. Aujourd’hui, face à une situation internationale marquée par les turbulences et les bouleversements, et à des changements inédits depuis un siècle qui s’accélèrent, la Chine est prête à travailler ensemble avec ses partenaires africains pour continuer à puiser la force dans l’esprit d’amitié et de coopération Chine-Afrique, à avancer côte à côte sur la voie de la modernisation, à défendre la justice face aux aléas internationaux, à donner l’exemple de la coopération pourle développement du Sud gobal et à écrire un nouveau chapitre dans la construction d’une communauté d’avenir partagé pour l’humanité.L’organisation de « l’Année sino-africaine des échanges humains et culturels》 en 2026 est une mesure importante convenue par le Président Xi Jinping et des dirigeants africains lors du Sommet de Beijing du FOCAC en 2024. Les deux parties organiseront près de 600 activités d’échanges humains et culturels placées sous le thème : « Consolider l’amitié de tout temps, poursuivre ensemble le rêve de modernisation», ce qui vise à promouvoir les échanges et l’inspiration mutuelle entre les grandes civilisations chinoise et africaine. Ces activités couvrent de nombreux domaines, notamment la jeunesse, les femmes, la culture, le tourisme, le cinéma et la télévision, l’édition, les sports, la santé, la réduction de la pauvreté, l’intérêt public, le bien-être de la population, l’éducation et l’intelligence artificielle et s’adressent à diverses catégories de publics, dont les gouvernements, les think-tanks, les médias et le grand public. À partir de ce mois-ci, plusieurs æuvres télévisuelles et d’animations chinoises seront diffusées sur les chaînes de télévision ivoiriennes. Nous encourageons les différents milieux en Côte d’Ivoire à saisir l’opportunité de l’Année sino-africaine des échanges humains et culturels en participant activement aux diverses activités pour renforcer la compréhension mutuelle et le rapprochemen entre la Chine et l’Afrique, promouvoir une coopération gagnant-gagnant par l’inspiration mutuelle entre nos deux civilisations et consolider les bases humaines en vue de construire une communauté d’avenir partagé Chine-Afrique de tout temps à l’ère nouvelle. La Chine mettra en cuvre à tous les pays africains ayant les relations diplomatiques avec elle le traitement du tarif douanier zéro à100% de catégories de produits africains à partir du ler mai 2026.
Quel impact cette mesure aura-t-elle sur la coopération économique et commerciale sino-africaine?
En février dernier, dans son message de félicitations adressé au 39e Sommet de l’Union africaine, le Président Xi Jinping a annoncé que la Chine appliquera pleinement le traitement à zéro droit de douane, à compter du premier mai 2026, à 53 pays africains avec lesquels elle entretient des relations diplomatiques, y compris la Côte d’Ivoire. Premièrement, cette politique de tarif douanier zéro constitue une importante mesure unilatérale de concession adoptée par la Chine en tenant compte de la situation internationale et des besoins réels de l’Afrique. Elle incarne davantage la détermination de la Chine à élargir son ouverture de haut niveau vers l’extérieur et illustre aussi l’engagement de la Chine à promouvoir la construction d’une communauté d’avenir partagé Chine-Afrique de tout temps à l’ère nouvelle par des actions concrètes.Deuxièmement, la mise en ceuvre intégrale de cette politique réduira considérablement le coût de l’exportation des produits africains entrant sur le marché chinois, accroîtra le volume de leurs exportations vers la Chine, et stimulera en même temps les investissements chinois à vocation commerciale en Afrique, favorisant ainsi l’évolution de la coopération sino-africaine vers une coopération industrielle plus approfondie. Grâce à l’augmentation des exportations africaines vers la Chine et à l’essor des investissements des entreprises chinoises en Afrique, cette politique bénéficiera à l’emploi et au bien-être des populations africaines, leur permettant de ressentir concrètement les bénéfices tangibles apportés par la coopération sino-africaine. Comme l’a déclaré le Ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi lors de la conférence de presse en mars, la Chine travaillera à l’augmentation du commerce et à l’amélioration du bien-être de la population par la réduction tarifaire pour apporter plus d’opportunités à l’Afrique grâce à l’immense marché chinois.La Chine est déjà un partenaire majeur dans le domaine des infrastructures ivoiriennes.
Quels sont aujourd’hui les secteurs prioritaires pour les investissements chinois ? Quels projets pourraient être lancés ou renforcés en Côte d’Ivoire dans le cadre de « la Ceinture et la Route»?
La Chine et la Côte d’Ivoire ont obtenu de nombreux résultats de coopération dans divers domaines, notamment le port, l’électricité,le transport, l’approvisionnement en eau, l’agriculture, la formation professionnelle et le sport. Parmi les projets majeurs financés par des capitaux chinois figurent l’extension du port d’Abidjan, la modernisation du réseau électrique national, le barrage hydroélectrique de Soubré et de Gribo-Popoli, l’autoroute Tiébissou-Bouaké, les projets d’approvisionnement en eau urbaine, l’usine de transformation de cacao àAbidjan, les lycées professionnels, ainsi que les stades de San Pedro et de Korhogo. Ce sont tous des projets phares de la coopération économique et commerciale sino-ivoirienne dans le cadre de l’Initiative « la Ceinture et la Route » qui apportent la contribution chinoise à l’amélioration des infrastructuares et au développement économique et sociale de la Côte d’Ivoire. La Chine et la Côte d’Ivoire sont de bons frères et de bons partenaires. Nous sommes prêts à travailler avec la partie ivoirienne pour approfondir davantage la coopération pragmatique dans les domaines traditionnels, tout en promouvant activement la coopération dans les secteurs émergents tels que les énergies nouvelles, l’économie numérique et l’intelligence artificielle, afin de soutenir le développement économique et social de la Côte d’Ivoire et de mieux bénéficier à sa population.Les entreprises chinoises sont très présentes dans le BTP (Bâtiment et Travaux Publics) ivoirien. Existe-t-il des mécanismes pour encourager davantage les partenariats avec les entreprises locales?En réalité, de nombreuses entreprises ivoiriennes ont participé aux grands projets de coopération que j’ai mentionnés dans ma réponse précédente. L’Ambassade de Chine en Côte d’Ivoire encourage la Chambre de commerce des entreprises chinoises en Côte d’Ivoire ainsi que les entreprises chinoises à renforcer leur partenariat avec les entreprises locales, notamment par la Confédération générale des entreprises de Côte d’Ivoire et des chambres de commerce. Par ailleurs, nous nous réjouissons également de voir les entreprises locales établir des contacts avec la Chambre de commerce des entreprises chinoises en Côte d’Ivoire et les entreprises chinoises pour développer des partenariats. La coopération « gagnant-gagnant » demeure toujours le principe auquel la Chine adhère.
Certains observateurs estiment que les projets chinois créent encore peu d’emplois locaux qualifiés. Quelles mesures sont prévues pour renforcer le transfert de compétences vers les travailleurs ivoiriens?
Comme on dit souvent en Chine :« Mieux vaut apprendre à pêcher à quelqu’un que de lui donner du poisson. » Lors du Dialogue des dirigeants chinois et africains en 2023, le Président Xi Jinping a annoncéla mise en ceuvre du « Plan de coopération sino-africaine pour la formation des talents » qui vise à accompagner l’Afrique à renforcer ses ressources humaines. En Côte d’Ivoire, cette coopération se décline en trois axes suivants:Premièrement, approfondir la coopération en matière d’enseignement technique et professionnel. En 2025, sept établissements des lycées professionnels et techniques construits par des entreprises chinoises ont été achevés avec succès, ce qui permettra de former environ 6 000apprentis dans divers domaines, notamment la transformation agroalimentaire, l’usinage mécanique, l’élevage et le génie civil.Deuxièmement, fournir des opportunités de formation de courte durée. Chaque année, la partie chinoise fournit l’assistance technique etorganise des formations spécialisées, des forums, des séminaires et des programmes d’études pour accompagner les officiels et les techniciens ivoiriens à renforcer leurs capacités de gouvernance et leurs compétences professionnelles.Troisièmement, encourager les entreprises chinoises à recruter des talents locaux. Les entreprises chinoises en Côte d’Ivoire transmettent aux employés africains des technologies avancées et des expériences de gestion chinoises à travers des formations techniques et de stages pratiques, contribuant ainsi à renforcer leurs compétences professionnelles et leur qualité globale. Par exemple, Huawei met actuellement en ceuvre en Côte d’Ivoire plusieurs programmes de formation de talents tels que « Huawei ICT Academy », « Huawei ICT Competition » et « Seeds for the Future ». Plus de 2 000 jeunes Ivoiriens en ont déjà bénéficié. Les quatre étudiants ivoiriens ayant remporté le championnat mondial de la Huawei ICT Competition ont également recu le Prix national d’Excellence décerné par le Président Alassane Ouattara et la Première Dame. À l’avenir, nous continuerons d’intensifier la coopération avec la partie ivoirienne, notamment dans des domaines tels que l’économie numérique l’intelligence artificielle et les énergies vertes pour former davantage de talents et apporter un nouvel élan au développement durable des pays africains ainsi qu’à la coopération sino-africaine.
Est-il possible qu’un jour la Chine occupe de force l’ile de Taiwan protégée par les États-Unis ? Face aux inquiétudes croissantes à l’échelle internationale, quelles garanties concrètes pouvez-vous donner pour rassurer sur la préservation de la paix et de la stabilité en Asie?
Pour comprendre cette question, il faut d’abord connaître les tenants et les aboutissements de la question de Taiwan. Taiwan fait partie intégrante du territoire chinois depuis l’antiquité. En 1894, le Japon a occupé Taiwan, ce qui a provoqué une résistance acharnée des compatriotes taiwanais. Dans les années 1930, l’occupation japonaise du territoire de la partie continentale de la Chine a aussi entraîné une lutte opiniâtre de tout le peuple chinois. Entre 1943 et 1945, la Chine,les États-Unis et le Royaume-Uni ont publié la Déclaration du Caire et la Proclamation de Potsdam, exigeant la restitution par le Japon à la Chine des territoires derobés aux chinois, y compris Taiwan. En 1945, nous avons remporté la victoire de la Guerre de Résistance du peuple chinois contre l’agression japonaise et de la Guerre mondiale antifasciste, et le Japon a annoncé sa capitulation et accepté la Proclamation de Potsdam en restituant Taiwan à la Chine. Le retour de Taiwan à la Chine est donc un fruit de la victoire de la Guerre de Résistance du peuple chinois contre l’agression japonaise et un fruit de la victoire de la Seconde Guerre mondiale. La Déclaration du Caire, la Proclamation de Potsdam, l’Acte de capitulation du Japon, la résolution 2758 de l’Assemblée générale de l’ONU et d’autres instruments juridiques internationaux ont verrouillé le statut de Taiwan. Il n’y a qu’une seule Chine dans le monde. Taiwan fait partie intégrante du territoire chinois.En 1949, la République populaire de Chine a été fondée et l’ancien régime renversé (le parti politique Kuomintang) s’est retiré à Taiwvan. Alors que la Chine s’apprêtait à libérer Taiwan, la guerre de Corée s’est éclatée et les États-Unis ont envoyé des navires de guerre dans le détroit de Taiwan pour soutenir le Kuomintang, conduisant ainsi à la question de Taiwan. Pourtant, le Kuomintang soutient toujours que Taiwan et la partie continentale appartiennent tous à une seule et même Chine. Les autorités actuelles à Taiwan, à savoir le Parti démocrate progressiste, s’obstinent dans la position sécessionniste visant «l’indépendance de Taiwan », tout en fabriquant le discours de « deux Chine » ou « une Chine, un Taiwan » sur la scène internationale, et en poursuivant sans relâche la tentative sé cessionniste visant « l’indépendance de Taiwan》par le biais du soutien extérieur ou par la force. Elles constituent la source des problèmes qui sabotent la paix et la stabilité du détroit de Taiwan et la plus grande menace pour la sécurité et le bien-être de nos compatriotes taiwanais.La question de Taiwan relève des affaires intérieures de la Chine et est au cour même des intérêts vitaux du pays. C’est une ligne rouge à ne pas franchir ni violer. Nous ne laisserons aucun individu ni aucune force séparer Taiwan, recouvré depuis plus de 80 ans, de la Chine. La communauté internationale a bâti l’écrasant consensus qu’il n’y a qu’une seule Chine dans le monde. De plus en plus de pays se tiennent du côté de la Chine pour non seulement réaffirmer leur attachement au principe d’une seule Chine et reconnaître Taiwan comme partie du territoire chinois , mais aussi s’opposer clairement à tout acte sécessionniste visant l’« indépendance de Taiwan » et soutenir la réunification de la Chine. Cela démontre pleinement que l’opposition à l’« indépendance de Taiwan » et la réunification de la Chine répondent au courant de notre époque et aux attentes de la communauté internationale. Comme les faits l’ont maintes fois prouvé, plus l’opposition de la communauté internationale aux activités sécessionnistes visant l’« indépendance de Taiwan 》est claire et plus son attachement au principe d’une seule Chine est ferme, mieux la paix et la stabilité du Détroit sont garanties.Nous ferons tout notre possible pour préserver les perspectives de réunification pacifique, mais nous ne nous engageons jamais à renoncer àl’usage de la force, qui vise les ingérences des forces extérieures et les rares séparatistes irréductibles qui cherchent « l’indépendance de Taiwan » et leurs activités séparatistes. Les mesures que nous prenons sont des actions légitimes et nécessaires pour défendre fermement la souverainetéet l’intégrité territoriale de notre pays, maintenir la paix et la stabilité dans le détroit de Taiwan et protéger les intérêts fondamentaux des compatriotes des deux rives du Détroit. Le règlement de la question de Taiwan et la réalisation de la réunification complète de notre patrie constituent une tendance historique irrésistible.
D’aucuns disent que la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran vise indirectement à la Chine qui achète le pétrole iranien à un prix préférentiel. Partagez-vous cette opinion ?
L’histoire du Moyen-Orient nous enseigne encore et toujours que la force n’est pas la solution et les hostilités ne pourront que nourrir la haine et entraîner une nouvelle crise. La Chine appelle à l’arrêt immédiat des opérations militaires pour prévenir l’escalade des tensions, le débordement de la guerre, ainsi qu’un effet encore plus grave sur le développement économique mondiale suscité par le bouleversement régional.La bonne gestion adéquate des questions liées à l’Iran et au Moyen-Orient doit poursuivre cinq principes fondamentaux : respecter la souveraineté nationale ; combattre l’abus de la force ; poursuivre la non-ingérence dans les affaires intérieures d’autrui ; poursuivre le règlement politique ; les grands pays jouent un rôle constructif.Ces derniers jours, M. ZHAI Jun, envoyé spécial du gouvernement chinois pour la question du Moyen-Orient, s’est rendu dans la région pour exercer des médiations durant lesquelles les parties concernées ont apprécié hautement la position juste de la partie chinoise sur la situation régionale et ses efforts de médiation diplomatique depuis l’éclat du conflit et espèrent que la Chine joue un rôle plus important pour favoriser l’apaisement de la situation tendue.En tant qu’amie sincère et partenaire stratégique des pays du Moyen-Orient, la Chine souhaite travailler avec eux à mettre en æeuvre l’Initiative pour la sécurité mondiale, afin de rendre l’ordre au Moyen-Orient,la tranquillité à ses peuples et la paix au monde.
Propos recueillis par Nomel Essis.





































































