Le président du parti Renouveau démocratique, Lamoussa Djinko, est formel. Il n’encourage pas les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES, regroupant le Mali, le Burkina Faso et le Niger) à avoir leur propre monnaie. Ils doivent plutôt rester dans la zone UEMOA.
L’opposant s’est exprimé ce mercredi 11 février 2026, au siège de sa formation politique à Cocody-Attoban, lors d’une conférence de presse marquant la reprise officielle des activités de son parti pour l’année 2026.
Sur les raisons. Lamoussa Djinko soutient que la monnaie reste le socle de toute souveraineté économique. « Si vous ne maîtrisez pas votre économie, vous ne maîtrisez rien ». Pour lui, une monnaie ne tire sa force que du volume des échanges et du nombre d’utilisateurs.
l’opposant estime que l’AES, avec moins de 200 millions d’habitants, ne disposerait pas d’un marché suffisamment large pour garantir la solidité d’une nouvelle monnaie. car « Plus on est petit, moins notre économie est forte, et moins notre monnaie est forte », a-t-il averti.
Abordant les rapports entre ces pays et les pays de la Cedeao, Lamoussa Djinko souhaite plutôt le dialogue que la rupture.
« Mon conseil, c’est de négocier avec l’AES. Ils ont peut-être freiné la liberté d’expression, ce qui est mauvais. Mais ce sont les conséquences d’une situation. Il y a eu 148 coups d’État militaires en Afrique. L’Afrique n’a toujours pas changé. Ça veut dire que les coups d’État militaires ne nous arrangent pas en réalité. Mais comment faire pour nous rapprocher ? Ce sont ces questions-là qu’il faut débattre entre leaders politiques. »
Dans cette dynamique, il a invité le président Alassane Ouattara, qu’il juge écouté dans la sous-région, à jouer un rôle de médiateur pour apaiser les tensions avec le Burkina Faso et le Niger. « Ouattara est écouté à travers la sous-région. Il peut même réparer les palabres que nous avons avec le Burkina Faso et le Niger, s’il le veut. C’est possible, c’est la diplomatie », a-t-il affirmé.
Sur le plan économique, Lamoussa Djinko a également plaidé pour une réforme en profondeur de l’architecture monétaire africaine, proposant la création de quatre grandes zones monétaires sur le continent — Ouest, Nord, Centre et Sud — afin de favoriser l’industrialisation et la production locale. « Tant que nous continuerons à vendre le café et le cacao pour acheter des biens d’équipement, la pauvreté va s’installer pour longtemps », a-t-il prévenu.
Convaincu que l’intégration économique reste la clé du développement, le président du parti Renouveau démocratique estime que l’Afrique peut, à moyen terme, rivaliser avec l’Europe, à condition de produire ce qu’elle consomme et de parler d’une seule voix sur les grandes questions économiques. « L’Afrique n’a pas besoin de rêver aux États-Unis d’Afrique, mais au moins, sur le plan économique, nous pouvons nous rapprocher », a-t-il conclu.
Fulbert Yao







































































