La riposte ne s’est pas fait attendre. 24heures après la conférence de presse de la présidente du Comité électoral national de la Mutuelle générale des fonctionnaires et agents de l’État de Côte d’Ivoire (MUGEF-CI), Colette Koné, visant à lever le voile sur le rejet de leurs dossiers, la liste ABM est montée au créneau.
Face à la presse, pour la deuxième fois en 72 heures, Bli Blé David et Théodore Zadi Gnagna, tête de la liste Alliance pour le Bien-être (ABM), n’ont pas usé de langue de bois.
Dans une déclaration lue par Bli Blé David, ils ont fermement dénoncé « des propos diffamatoires, irrespectueux, tendancieux et inutilement irrévérencieux » de la présidente du Comité électoral national.
Les responsables de l’ABM ont, en outre, rejeté « les décisions prises par ce comité, qu’ils jugent totalement inféodé au Conseil d’administration actuel ».
Ils invitent par ailleurs leurs partisans à une assemblée générale décisive prévue pour le vendredi 27 mars 2026 à Cocody.

Revenant sur les faits, Bli Blé David a deploré que, « contre toute attente », la présidente du CEN a rendu publiques les listes retenues, alors même que cette étape était initialement prévue pour le 29 mars, selon le calendrier électoral.
Selon lui, cinq listes issues du groupe ABM, représentant 128 candidats sur un total de 250, ont été invalidées. Il s’agit des circonscriptions du District d’Abidjan, du Haut-Sassandra, du Sud-Comoé, de la Bagoué et du Poro.
Plus surprenant encore, a-t-il relevé, « seule la liste du candidat du groupe Solidarité Santé a été retenue à Abidjan », une situation qui, selon lui, « consacre de facto le président du Conseil d’administration sortant comme vainqueur avant même la tenue du scrutin ».
Au-delà des motifs avancés par la présidente du CEN, jugés « spécieux et incongrus », les responsables de l’ABM dénoncent également des « digressions excessives et inopportunes » portant sur les personnes de Bli Blé David et de Théodore Zadi Gnagna, estimant que ces attaques sortent du cadre des prérogatives du comité électoral.
Pour eux, ces éléments traduisent une volonté manifeste de « dissimuler une forfaiture en cours », les raisons profondes du rejet de leurs listes n’ayant, selon leurs dires, « aucun lien avec les justifications officiellement avancées ».
« C’est de la forfaiture, les faits sont manipulés (…) cette élection est biaisée depuis le début. Elle nous a piégés », affirment-ils.
« Nous avons été condamnés avant l’heure. L’un pour avoir porté la lutte pour la prime, l’autre pour avoir soi-disant violé la trêve sociale. Ce procès politique ne dit pas son nom », a-t-il dénoncé.
Refusant de se laisser écarter du jeu électoral, le groupe ABM annonce une riposte sur tous les fronts. « Nous allons introduire un recours, même si les textes ne le prévoient pas clairement. Et nous allons saisir la justice. Ceux qui se sentent victimes d’une injustice ont toujours recours à la justice. C’est le B.A.-BA », a soutenu Bli Blé David.
Déterminé, il prévient que la liste fera des recours en justice.
« On pensait qu’on était des acteurs sociaux qui jouent leur rôle de régulation au niveau du monde du travail. Est-ce pour cela qu’on doit user de moyens illégaux pour éliminer des candidatures ? Si les choses vont de cette façon-là, cela donne des raisons de désespérer. Dans les valeurs de notre propre pays, parce que, pour une élection sociale, des gens usent de moyens illégaux pour éliminer des candidats. Quelle valeur allons-nous réserver demain à nos enfants ? Qu’est-ce qu’on va leur réserver ? Oui, comme toi, tu ne fais pas grève, tu es le bon élève. Est-ce que les fonctionnaires de Côte d’Ivoire nous voient ? Ce ne sont pas ceux qu’on présente comme des malfrats. Nos casiers judiciaires sont vierges. Nous, on a fourni, en tant qu’individus, des casiers judiciaires. On n’a pas trouvé la moindre erreur sur nos pièces. Donc, on n’est pas des malfrats. Mais ce sont ceux qui font les stratégies pour que la compétition ne soit pas transparente qui donnent des raisons de désespérer dans notre pays. Et c’est pourquoi nous n’allons pas baisser les bras. Parce que c’est une équipe, mais au-delà de l’équipe, il y a le gouvernement lui-même. Et le gouvernement a un chef, et le pays a un chef à qui nous faisons confiance. Et c’est pourquoi les moyens légaux que nous devons utiliser pour que tout le monde puisse compétir, nous allons les utiliser. Est-ce qu’en sanctionnant le leader syndical qui porte la prime, on a réglé le problème ? Est-ce que cela veut dire que, comme on me sanctionne, je ne vais plus me battre pour la prime ? Est-ce que c’est cela que ça veut dire ? Est-ce que c’est cela qui veut dire que j’ai dit que tu signes les trêves sociales ? Est-ce que c’est mauvais de signer des trêves sociales alors qu’il y a une trêve sociale qui pointe à l’horizon en 2027, alors que la question de la prime n’est pas encore réglée ? Interrogation. Ce sont des interrogations. Il ne faut pas que des gens mettent le gouvernement lui-même en difficulté. Parce que nous voyons, tapis dans l’ombre, de petits groupuscules d’individus qui font cela avec nos bras. Ce sont des intérêts mesquins, en réalité. Je ne pense pas que notre gouvernement, qui est responsable, puisse faire cela… Mais il y a des gens, entre nous, dans les administrations, qui font cela. Et comme nous sommes leaders et que nos droits sont violés, nous allons nous battre jusqu’à la dernière minute pour que l’État nous respecte. », a martélé Bli Blé.

Pendant ce temps, le Comité électoral maintient son cap. Face à la presse, mercredi 25 mars 2026, au siège de la MUGEF-CI, Colette Koné expliqué que l’examen des dossiers a révélé des fraudes.
Selon Colette Koné, deux casiers judiciaires ont été signés par des procureurs décédés (dont l’un en octobre 2023), une photocopie a été fournie à la place d’un document original, tandis qu’un casier judiciaire était dépourvu de la signature du greffier.
La présidente du Comité électoral national de la MUGEF-CI a également relevé un casier judiciaire dont le procureur signataire n’est plus en juridiction, accompagné du visa d’un greffier encore élève à l’Institut national de formation judiciaire.
« Ces faits sont susceptibles de poursuites judiciaires », a prévenu la présidente, tout en précisant que le Comité électoral avait, par souci de conciliation, accordé un délai exceptionnel jusqu’au 19 mars pour régulariser ces pièces. Une main tendue qui n’aurait pas suffi à sauver les listes incriminées.
Colette Koné a tenu à rassurer les mutualistes que le processus électoral se déroule sereinement. Sur les 459 candidatures présentées par 4 listes, enregistrées entre le 5 et le 19 mars, le Comité vient de publier la liste des dossiers validés.
À en croire Collette Koné, le calendrier reste inchangé. L’élection des délégués est fixée au 18 avril 2026, la proclamation des résultats au 30 avril 2026 et la publication de la liste définitive des délégués au 4 mai 2026. Le dépôt des candidatures au Conseil d’administration est prévu du 5 au 11 mai 2026.
La publication des listes définitives est programmée pour le 19 mai 2026, avant la tenue de l’Assemblée générale élective pour l’élection des membres du Conseil d’administration de la MUGEF-CI et des membres du Comité de contrôle.
Fulbert Yao





































































