Dr Toikeusse Mabri a annoncé mardi qu’il est désormais le porte-parole de sa formation politique « à titre exclusif ».
A l’analyse, le titre « exclusif » est surprenant et suscite dès lors une question: quelles sont les raisons qui ont pu guider le président de l’Union pour la démocratie et pour la paix en Côte d’Ivoire (Udpci), désormais ex-ministre de l’enseignement supérieur, à prendre une telle décision.
Mabri explique en partie que cette décision qui court « jusqu’à nouvel ordre » a été prise par « nécessité de préserver la cohésion interne et la cohésion du discours du parti »
Mais à y voir clair, l’on peut déduire qu’il veut garder le leadership et imposer son rythme, afin de taire de manière drastique les velléités au sein de sa formation politique.
Car n’oublions pas que récemment, il a procédé à un réaménagement de son Cabinet et de la direction de l’Udpci, suite à cette crise. Des personnalités considérées comme très engagées au sein du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (Rhdp, pouvoir), et qui ont rejoint le gouvernement, ne figurent dans l’équipe dirigeante.
Ceux-ci s’étaient désolidarisés de lui pour n’avoir pas soutenu ouvertement le candidat désigné du Rhdp, le Premier ministre ivoirien Amadou Gon Coulibaly, lors d’un Conseil politique élargi dans la nuit du 12 au 13 mars 2020.
De ce fait, M. Mabri, a fait un repli pour réaménager son parti, or la législation ivoirienne ne permet pas qu’un individu milite dans deux partis à la fois.
Ainsi donc Mabri sait que s’il ne tient pas la barre, en plus d’avoir perdu son poste de ministre, il risque de perdre la face dans son parti, à moins de 6 mois de la présidentielle. Car qui veut aller loin ménage sa monture.
Sa stratégie sera telle payante ? Les jours à venir nous situerons.
Fulbert YAO