Le Département d’Histoire de l’Université Jean Lorougnon Guédé de Daloa a franchi un cap historique. Pour la première fois depuis sa création en 2013, il a vu l’un de ses doctorants soutenir avec succès une thèse unique de doctorat entièrement formée et soutenue en son sein. C’était ce vendredi 30 janvier 2026.
Devant un jury composé d’enseignants-chercheurs d’Histoire, de Géographie et d’Agropédologie, Yéo Dégnimani a soutenu une thèse intitulée « Politique agricole et sécurité alimentaire en Côte d’Ivoire : le cas de l’oignon de 1963 à 2002 ». Un travail de longue haleine qui interroge, sur près de quatre décennies, les politiques publiques agricoles ivoiriennes à travers une culture vivrière longtemps reléguée au second plan.
Dans son exposé, le nouveau docteur a tenu à replacer sa démarche dans une lecture critique de l’historiographie nationale. « L’histoire agricole de la Côte d’Ivoire est restée trop souvent racontée à travers le café et le cacao, symboles du “miracle ivoirien”. Pourtant, derrière ces cultures d’exportation, un pan entier de notre histoire agricole et rurale reste dans l’ombre. C’est celui du vivrier », indique-t-il.
En choisissant l’oignon comme objet d’étude, Yéo Dégnimani met en lumière un paradoxe ivoirien. C’est un pays à fort potentiel agricole mais structurellement dépendant des importations pour un produit de consommation quotidienne. « L’oignon incarne un paradoxe. Légume de consommation courante, il révèle notre dépendance alimentaire. En 2021, la Côte d’Ivoire est devenue le premier importateur africain d’oignons hollandais », a-t-il poursuivi.
Au-delà de la réussite individuelle, cette soutenance marque une étape symbolique pour l’Université de Daloa, qui confirme sa capacité à produire des travaux doctoraux de référence, ancrés dans les réalités nationales et utiles à la réflexion publique.





































































