C’est une solution de financement inédite, conçue par et pour les aquaculteurs ivoiriens qui vient de voir le jour: Le projet Aquafeed. Il a été lancé ce vendredi 9 janvier 2026 par le Programme stratégique de transformation de l’Aquaculture en Côte d’Ivoire (PSTACI) à son siège sis à Abidjan Cocody,
La cérémonie a été couplée par la signature de deux partenariats avec Advans Côte d’Ivoire, une institution financière, et De Heus Côte d’Ivoire (KOUDIJS), un fournisseur d’aliments aquacoles sans OGM, et la SGPME comme garant des crédits accordés aux producteurs.
Présentant le projet Aquafeed, le coordonnateur général du PSTACI, Modibo Samaké, a expliqué qu’il repose sur « une architecture de confiance », saluant l’engagement des partenaires qu’il a qualifiés de « pionniers d’une révolution aquacole ».
Dans sa phase pilote, Aquafeed vise 500 bénéficiaires prioritaires, dont 350 producteurs individuels et 200 coopératives membres d’Interaqua, pour la distribution de plus de 2 000 tonnes d’aliments de qualité supérieure. Cette initiative devrait générer des emplois durables tout au long de la chaîne de valeur, de la production à la transformation et à la commercialisation.
Pour sécuriser le dispositif, le PSTACI déploie également, selon Modibo Samaké « Aquaconnect », une solution digitale de suivi de la qualité de l’eau et des performances de production, destinée à réduire les risques et à rassurer les partenaires financiers et techniques.
Justifiant l’urgence de la transformation du secteur, Modibo Samaké a rappelé en outre, que selon les données des Douanes et du MIRAH, la Côte d’Ivoire a importé en 2024 plus de 800 000 tonnes de produits halieutiques, pour une valeur estimée à plus de 518 milliards de FCFA, soit 1,4 milliard de FCFA par jour qui quitte le pays.
« Cette hémorragie financière et cette dépendance alimentaire ne sont plus acceptables », a-t-il martelé, soulignant que le PSTACI, placé sous l’autorité du Premier ministre et la tutelle du ministère des Ressources animales et halieutiques, constitue une réponse stratégique de l’État.
Dans cette dynamique, le programme Aqua-Jeune a également été mis en avant. Il vise à former et insérer 3 000 jeunes et femmes dans les 31 régions du pays, avec l’ambition de générer plus de 20 000 emplois indirects. À ce jour, 86 jeunes ont déjà été formés dans quatre régions (Poro, Tchologo, Gbêkê et Bélier).
De son côté, la directrice générale d’Advans Côte d’Ivoire, Sarah Doukouré, a souligné que ce partenariat constitue « un engagement concret en faveur du développement durable de la filière aquacole et de la sécurisation de l’accès aux protéines animales ». Elle a précisé que le produit Aquafeed propose des crédits de 6 à 12 mois, remboursables in fine, adaptés au cycle de production des pisciculteurs, pour l’achat d’aliments et d’intrants.
« Il ne s’agit pas seulement de financer, mais de transformer des activités vulnérables en entreprises viables et créatrices de valeur », a-t-elle indiqué, exprimant le souhait que ce partenariat devienne une référence nationale.
Pour sa part, Paul Bizard, directeur pays de Koudijs (De Heus), a réaffirmé l’engagement de son groupe à assurer « la disponibilité d’aliments de poissons de haute qualité, en quantité suffisante et conformes aux standards internationaux », afin de soutenir la performance et la durabilité des exploitations aquacoles ivoiriennes.
Maurice Sawadogo PCA de l’Interprofession Aquacole, a salué les actions du coordonnateur du PSTACI en faveur du développement de la filière et son implication pour la structuration et la mise en place de l’Interprofession aquacole. Il a également adressé ses remerciements aux autres partenaires, indiquant que cet accord selon lui, est un soulagement car il vient résoudre le problème de l’accès aux aliments et aux financements.
« Nous pouvons produire du poisson en Côte d’Ivoire, nous avons la jeunesse mais ce qui nous manquait c’était les aliments, aujourd’hui cela est possible ».
Aux aquaculteurs, il a demandé de saisir l’occasion pour contracter les prêts et les rembourser pour encourager les autres institutions bancaires à financer le secteur.
Fulbert Yao





































































