La capitale béninoise a accueilli ce lundi l’ouverture d’un atelier régional dédié à la surveillance intégrée des maladies et aux systèmes numériques d’alerte précoce, basé sur l’approche « Une Seule Santé ». Cet événement, qui s’inscrit dans le cadre d’un programme de cinq jours, a rassemblé les directeurs nationaux pour la surveillance de la santé humaine, animale et environnementale , ainsi que des experts régionaux et des partenaires techniques et financiers tels que l’OMS, le CDC-Africa, la GIZ et l’Institut Pasteur de Dakar.

Sous l’égide de l’Organisation ouest-africaine de la Santé (OOAS), via le Centre régional de surveillance et de Contrôle des Maladies (CRSCM-CEDEAO), les États membres de la région ont marqué leur engagement à renforcer la sécurité sanitaire collective face aux menaces transfrontalières. Lors de la cérémonie d’ouverture, trois discours institutionnels ont mis en lumière les enjeux, les avancées et les priorités régionales dans ce domaine.
Construire un système de surveillance interopérable et durable
Dr Diarrassouba Mamadou, directeur exécutif du CRSCM-CEDEAO, au nom du directeur général de l’OOAS a ouvert les débats en soulignant l’importance de cette initiative. « La surveillance intégrée des maladies, fondée sur l’approche Une Seule Santé, est essentielle pour préserver la santé des populations, la santé animale et la qualité de nos écosystèmes », a-t-il déclaré. Il a également évoqué les progrès réalisés, notamment la mise en place d’une plateforme régionale DHIS2, l’automatisation du transfert de données entre plusieurs pays et le développement d’outils tels qu’ECOAlert.
Malgré ces avancées, Dr Diarrassouba a insisté sur les défis persistants, notamment en termes d’interopérabilité, d’intégration complète des indicateurs animaux et environnementaux, et de pérennité des systèmes. L’objectif de cet atelier est ainsi de renforcer le réseau régional de surveillance, d’actualiser la liste des maladies prioritaires, de présenter une architecture régionale de surveillance numérique, et de co-construire une feuille de route pour la numérisation intégrée.
Une Afrique de l’Ouest numérique et résiliente
Enfin, Madame Maryam Ibrahim Buba, représentant du Centre africain de contrôle des maladies (Africa CDC) pour la région ouest, a insisté sur l’importance d’un partenariat stratégique. « La sécurité sanitaire ne se limite pas à un seul pays ou secteur, elle est collective », a-t-elle affirmé. Elle a également souligné que « La transformation numérique de l’Afrique de l’Ouest est la clé pour une prise de décision plus rapide, plus intelligente et plus efficace face aux menaces sanitaires ».

Une réponse régionale et souveraine aux crises sanitaires
Représentant le Ministre de la Santé du Bénin, Dr Françoise Sibylle Assavedo, Directrice adjointe de Cabinet du Ministre de la Santé, a réaffirmé l’engagement national et régional. « Dans un monde où un virus peut traverser un continent en un clin d’œil, notre réponse doit être coordonnée, intégrée et anticipative », a-t-elle souligné. Elle a rappelé que les crises récentes telles qu’Ebola, choléra ou Mpox illustrent l’urgence d’un système de surveillance robuste.
Selon elle, « L’approche Une Seule Santé n’est pas un slogan, mais une révolution silencieuse qui reconnaît que la prochaine épidémie peut naître d’un marché, d’un élevage ou d’un écosystème fragilisé ». Elle a appelé à l’harmonisation des protocoles, à la révision de la liste des maladies prioritaires et à la clarification des responsabilités au sein du réseau régional. « La surveillance est un acte de souveraineté, un pacte de solidarité régionale, un engagement envers nos populations », a-t-elle conclu.
Les travaux de cet atelier se poursuivront jusqu’au 27 février, avec des sessions techniques, des ateliers de co-construction et des discussions visant à transformer ces engagements en actions concrètes pour une meilleure prévention et contrôle des maladies dans la région.




































































