Coup de théâtre au tribunal dans l’affaire GESTOCI. Alors qu’un règlement à l’amiable semblait sceller l’issue du dossier, le procureur de la République a requis, ce mardi 31 mars 2026, 7 ans de prison ferme et une amende de 1,239 milliard FCFA contre l’ancien directeur général.
les faits remontent à la crise post-électorale de 2010-2011. À cette époque, le pays était plongé dans le chaos, avec une administration désorganisée et une pénurie de gaz.
« Que fallait-il faire ? Rester inactif ? », s’est interrogé le conseil du prévenu, rappelant que son client avait reçu instruction de son ministre de tutelle de tout mettre en œuvre pour assurer l’approvisionnement en gaz.
Dans un contexte où les banques étaient fermées, l’ancien DG aurait mobilisé tous les moyens disponibles pour garantir la continuité du service. « Il a agi dans l’intérêt supérieur de la Nation », a insisté l’avocat.
Selon la défense, les infractions de détournement de deniers publics et de blanchiment de capitaux ne sont pas constituées. Le gaz a été livré, les paiements effectués, même si une somme de 413 millions FCFA, initialement destinée à une opération immobilière, a été réaffectée pour assurer l’approvisionnement.
Le prévenu aurait d’ailleurs pris l’engagement de rembourser ce montant.
Mieux, la GESTOCI elle-même aurait reconnu que les opérations menées l’ont été dans l’intérêt du pays, allant jusqu’à retirer sa plainte après des audits internes lancés en 2012.
Un protocole transactionnel a été signé entre les parties, mettant fin au différend. L’État de Côte d’Ivoire, constitué partie civile, a même validé cet accord, reconnaissant le contexte exceptionnel de sortie de crise.
« Nous sortions d’une période difficile », a rappelé l’avocat de l’État.
Mais alors que tout semblait réglé, le ministère public est intervenu pour relancer le dossier.
À la reprise de l’audience, après une brève suspension, le procureur de la République a surpris l’assistance.
« Certes, il y a un protocole d’accord et l’État a renoncé à sa constitution de partie civile, mais le prévenu reste poursuivi pour blanchiment de capitaux portant sur 413 millions FCFA », a-t-il déclaré.
Avant de requérir 7 ans de prison ferme et 1,239 milliard FCFA d’amende.
Face à cette offensive, la défense a plaidé la clémence du tribunal, appelant à prendre en compte l შეთანხმ amiable et le contexte exceptionnel des faits.
« Nous vous demandons de sauver un fils du pays », a insisté l’avocat.
Le tribunal a mis l’affaire en délibéré. Le verdict est attendu le 15 avril 2026.
Fulbert Yao





































































