La DeepTech burkinabè Aïobi lance sa propre plateforme de vidéoconférence. Gratuite, fonctionnelle et souveraine. Une réponse concrète à une question que personne ne pose — mais que tout le monde devrait se poser.
En mars 2026, le politiste togolais Donis Ayivi posait publiquement une question qui a fait réagir dans les couloirs diplomatiques ouest-africains: des chefs d’État africains tiennent des réunions sur la sécurité régionale, discutent de sanctions économiques et de crises politiques — sur Zoom. Une plateforme dont l’architecture technique échappe totalement au contrôle des États du continent.
La question de Donis Ayivi n’était pas rhétorique, elle touchait un nerf.
Car derrière chaque appel vidéo sur Zoom, Google Meet ou Microsoft Teams, il y a un trajet invisible. La voix part de Ouagadougou, d’Abidjan ou de Dakar, transite par des serveurs aux États-Unis ou aux Pays-Bas, avant de revenir sur le continent. Les données — conversations, documents partagés, identifiants — sont traitées, stockées et potentiellement accessibles selon des juridictions étrangères. Le Cloud Act américain, par exemple, autorise les autorités fédérales à exiger l’accès aux données hébergées par des entreprises américaines, où que se trouvent les serveurs.
Pour un appel entre amis, l’enjeu est négligeable. Pour un conseil d’administration, une réunion ministérielle, un cours universitaire, une stratégie commerciale — c’est une autre affaire.
Le problème n’est pas technique, il est structurel
L’Afrique héberge moins de 1,3 % des centres de données mondiaux. L’ensemble du continent dispose de moins d’infrastructures de stockage que les Pays-Bas, un pays de 17 millions d’habitants. Résultat : la majorité des données africaines sont stockées et traitées hors du continent. Quand une entreprise ivoirienne utilise Google Meet pour sa réunion hebdomadaire, ses données font un aller-retour transatlantique. Quand un professeur sénégalais donne un cours en visio à ses étudiants, le flux vidéo passe par des infrastructures sur lesquelles ni lui, ni son université, ni son gouvernement n’ont aucune prise.
Ce constat n’est pas nouveau. Ce qui est nouveau, c’est qu’une réponse existe.
Aïobi Meet, la visioconférence pensée depuis l’Afrique de l’Ouest
Aïobi la première DeepTech d’Afrique de l’Ouest, vient de rendre publique sa solution de vidéoconférence: Aïobi Meet. Accessible sur meet.aiobi.world la plateforme permet de créer des réunions vidéo gratuitement — appels individuels, réunions d’équipe, webinaires — avec une interface sobre et fonctionnelle.
Ce lancement s’inscrit dans l’écosystème plus large qu’Aïobi construit depuis août 2025: Aïobi Chat (IA conversationnelle adaptée au étudiants, professionnels et juristes), Aïobi ERP (solution de gestion conforme aux normes comptables ouest-africaines), Aïobi Mail (messagerie professionnelle sécurisée). Avec Meet, la DeepTech couvre désormais un maillon critique: la communication en temps réel.
Filiale de BURVAL Corporate (groupe BBS Holding), Aïobi n’est pas une startup de garage. BBS Holding opère dans 8 pays africains depuis 30 ans, emploie plus de 12 000 collaborateurs et s’est imposé comme leader panafricain de la sécurité privée. L’ensemble des solutions Aïobi sont d’abord déployées et testées en interne, au sein du groupe, avant d’être proposées au public.
Trois segments, un seul outil
Aïobi Meet cible trois usages distincts qui, jusqu’ici, dépendaient tous de plateformes étrangères.
Le premier: les entreprises. Réunions d’équipe, conseils d’administration, visioconférences clients — autant de moments où circulent des données sensibles. La question de savoir par quels serveurs transitent ces conversations devient stratégique à mesure que les régulateurs africains durcissent leurs exigences en matière de localisation des données. En 2025, l’autorité ougandaise de protection des données a mis Google en demeure. Au Nigeria, Meta a dû conclure un accord avec la commission de protection des données après deux ans de contentieux. La tendance est claire: l’Afrique pose ses conditions.
Le deuxième: les étudiants et les enseignants. Depuis le Covid, la visioconférence est devenue un outil pédagogique courant sur le continent. Mais les universités africaines utilisent massivement des solutions dont elles ne maîtrisent ni l’infrastructure, ni la politique de données. Aïobi Meet offre une alternative directe, gratuite, sans friction.
Le troisième: les webinaires et événements. Conférences professionnelles, formations à distance, ateliers — un marché en forte croissance en Afrique, qui jusqu’ici enrichit exclusivement les plateformes américaines.
L’enjeu derrière l’outil
Bowendsom Nikiema, fondateur et CEO d’Aïobi, formé entre Ouagadougou, Nantes et Sydney, a résumé sa philosophie en une formule devenue la signature de la DeepTech: «L’IA pour l’opérationnel, l’humain pour la création de valeur.»
Avec Meet, cette logique s’étend au quotidien de millions d’utilisateurs potentiels. La vidéoconférence est l’un des outils numériques les plus utilisés au monde. C’est aussi l’un de ceux où le choix de la plateforme a le plus d’implications en matière de souveraineté — parce qu’elle capte la voix, l’image, les documents, les métadonnées de connexion.
L’ambition d’Aïobi Meet dépasse le simple remplacement d’un outil par un autre. Elle pose un acte: celui d’une DeepTech africaine qui démontre qu’il est possible de construire, depuis le continent, des solutions qui rivalisent avec les standards mondiaux — tout en respectant la souveraineté de ceux qui les utilisent.
Comment tester
Aïobi Meet, création de compte en quelques secondes, lancement d’un appel en un clic, est accessible immédiatement et gratuitement sur meet.aiobi.world
Pour toute demande de partenariat, d’intégration ou d’information: team@aiobi.world
Aïobi est la première DeepTech d’Afrique de l’Ouest, filiale de BURVAL Corporate / BBS Holding.
aiobi.world — meet.aiobi.world — chat.aiobi.world — erp.aiobi.world





































































