La lutte contre les septicémies en Afrique s’intensifie. Du 13 au 15 avril 2026, l’Institut Pasteur de Côte d’Ivoire (IPCI), site de Cocody à Abidjan, a accueilli une formation intensive de trois jours, consacrée au diagnostic microbiologique des septicémies ainsi qu’à la gestion des données sanitaires. En effet, cet atelier s’inscrit dans le cadre du projet international ComBac Africa, dont l’ambition est de renforcer les capacités de diagnostic et de surveillance épidémiologique face aux septicémies en Afrique. À cette occasion, 28 participants issus d’institutions gouvernementales, universitaires et de recherche, tant nationales qu’internationales, ont été réunis.
Conduite par une délégation d’experts dirigée par le Professeur Sören Becker (Université de la Sarre, Allemagne), cette formation visait à répondre à une problématique critique : les septicémies demeurent encore trop souvent sous-détectées et mal prises en charge sur le continent africain. Par conséquent, le développement de compétences avancées en microbiologie et en gestion des données s’avère indispensable pour améliorer la prise en charge des patients et optimiser la surveillance de la résistance aux antimicrobiens.

Les Professeur Coulibaly Kalpy Julien et GUESSENND Nathalie, respectivement Chefs du Département Environnement et Santé et de l’Unité des Antibiotiques à l’IPCI, ont porté ce projet de formation en Côte d’Ivoire, réaffirmant ainsi l’engagement de l’Institut Pasteur dans la renforcement des capacité des acteurs nationaux et internationaux.
Le cérémonial d’ouverture, marqué par plusieurs discours officiels, a permis au Docteur Tiekoura Bertin, Vice-Président du Comité d’Organisation, de souligner le caractère stratégique de cette initiative, plus spécifiquement dans le cadre du projet ComBac Africa. Ainsi, a-t-il déclaré : « Ce projet témoigne de la volonté conjointe de partenaires nationaux et internationaux de faire ensemble face aux défis majeurs en santé publique. »
Par ailleurs, le Professeur N’Guessan Raymond, chef du département Bactériologie-Virologie de l’IPCI, a exprimé sa confiance dans le potentiel transformateur de cet atelier. « Nous espérons qu’au terme de cette formation, des résolutions concrètes seront adoptées pour améliorer nos conditions de diagnostic et renforcer nos capacités d’action dans cette lutte essentielle », a-t-il ajouté.

Le Professeur Toure Offianan André, Directeur Scientifique représentant le Directeur de l’IPCI, a insisté sur l’importance de cet événement comme étape cruciale dans l’adaptation des stratégies nationales de lutte contre les septicémies. Il a également formulé l’espoir que les connaissances acquises permettraient d’affiner les pratiques médicales, en mettant l’accent sur l’engagement communautaire dans la mise en œuvre de ces actions. En outre, il a rappelé la nécessité de respecter un cadre éthique rigoureux, afin que les décisions cliniques soient fondées sur des preuves biologiques solides, garantissant ainsi une prise en charge optimale des patients.
Conformément aux objectifs visés, cet atelier a alterné formations théoriques et exercices pratiques. Les participants ont été sensibilisés aux bonnes pratiques de laboratoire (BPL) ainsi qu’aux mesures de biosécurité, respectivement par Mme Valentina Butoescu (Swiss TPH) et de Dr. Gnali Fabrice (IPCI).
Le deuxième volet a concerné la phase pratique, sous la facilitation des Docteurs Tiekoura Bertin, Toty Anatole, Yapi Jaures , Kipré Guédé, de Mesdames Kouakou et Judith Fürstenberg, de Messieurs N’guessan Florentin et M. Yapo paul (IPCI). il a inclus plusieurs étapes séquentielles : réception, étiquetage et documentation des échantillons sanguins; incubation et surveillance des hémocultures ; réalisation de la coloration de Gram, microscopie et rédaction des rapports préliminaires.

Dans un second temps, il a été procédé à l’identification des espèces bactériennes à l’aide de méthodes biochimiques (galérie API 20E, système Vitek et spectrométrie de masse MALDI-TOF). Par ailleurs, des essais de sensibilité aux antimicrobiens ont été réalisés, avec un accent particulier sur le choix des panels d’antibiotiques et l’application des méthodes de diffusion sur gélose. Enfin, les spécificités liées aux études « One Health » ont également été abordées à travers une rencontre d’échange. Parallèlement, des échanges relatifs à la gestion des données se sont déroulés.
Les participants ont ensuite appris à interpréter les résultats des tests biochimiques et des tests de sensibilité aux antimicrobiens, à établir des rapports standardisés et maîtriser les principes de gestion des données cliniques et de laboratoire. Cela inclut la saisie sur formulaire électronique (eCRF) ainsi que les procédures d’anonymisation, conformément aux exigences éthiques et réglementaires.
En favorisant le dialogue interdisciplinaire entre chercheurs, techniciens de laboratoire, cliniciens et gestionnaires de données, cette initiative illustre une approche intégrée et collaborative.
Partant, elle marque une étape décisive dans la lutte contre les septicémies en Afrique, en alliant excellence technique, rigueur dans la gestion des données et engagement communautaire.
Fulbert Yao avec Sercom






































































