L’affaire impliquant l’influenceur ivoirien Apoutchou National (de son vrai nom Stéphane Agbré) et Lionel PCS connaît un nouveau rebondissement devant le tribunal. Les deux prévenus sont poursuivis dans une affaire présumée de blanchiment de capitaux, à la suite de la diffusion en novembre 2024 d’une vidéo montrant d’importantes liasses de billets de banque.
Lors de l’audience tenue en mars 2026, le parquet avait requis une peine de 7 ans d’emprisonnement contre les accusés, assortie de lourdes réclamations financières, notamment 2 milliards FCFA au profit de l’État et 1 milliard FCFA pour la LONACI.
Mais à l’audience de ce mercredi, la présidente du tribunal a opéré une requalification juridique des faits. Elle a indiqué que l’« infraction à la réglementation des relations extérieures des États » retenue initialement contre trois des prévenus est désormais requalifiée en « violation de l’instruction du gouverneur de la BCEAO », une instruction fixant le seuil des paiements en espèces ou par instruments négociables au porteur.
Cette requalification ouvre la voie à l’application des peines prévues par la législation sur le blanchiment de capitaux. Le tribunal a donc invité les différentes parties à se prononcer sur cette nouvelle orientation juridique. Le parquet, pour sa part, n’a pas formulé d’objection et s’est maintenu dans ses réquisitions initiales, laissant le tribunal apprécier.
De son côté, la défense, à travers Me N’Dry Claver, a soulevé une exception d’inconstitutionnalité. L’avocat a estimé que l’instruction du gouverneur de la BCEAO pose un problème de définition juridique, notamment sur la notion de « dette », qu’il juge insuffisamment encadrée. Selon lui, cette imprécision pourrait entraîner des interprétations variables d’une juridiction à une autre, compromettant la sécurité juridique des citoyens.
La défense a ainsi sollicité un délai de 15 jours afin de saisir le Conseil constitutionnel. Une demande à laquelle le parquet ne s’est pas opposé et que le tribunal a acceptée.
L’affaire est renvoyée et le délibéré prorogé au 19 mai 2026, date à laquelle les parties devront revenir devant la juridiction après l’examen de la question constitutionnelle soulevée.
Fulbert Yao





































































