Le Syndicat national des enseignants du second degré de Côte d’Ivoire (Synesci) organise du 18 au 21 mai 2026, à Yamoussoukro, à l’attention de 32 de ses militantes issues des 32 régions et districts, un atelier de formation pour « Renforcer la présence et l’impact des femmes dans l’action syndicale pour un système éducatif équitable et inclusif ».
Siaka Traoré, ex Secrétaire général national du Synesci, formateur, à l’occasion a situé les enjeux du militantisme féminin au Synesci qui se résume en quatre points. D’abord pour une prise de conscience. Car, a-t-il développer, militer, c’est d’abord prendre conscience de sa situation pour avoir une vision de son avenir et de son devenir. C’est ensuite rejoindre un groupe afin de constituer une force qui prendra en charge les préoccupations générales et particulières pour les porter devant l’autorité.
Ensuite pour le développement personnel par la prise de parole en public, l’élaboration de stratégies de négociation, l’écoute active et l’empathie, l’obligation de formation dans divers domaines et la patience etc.
Troisièmement pour la démocratie syndicale soulignant que militer au Synesci, c’est aller à l’école de la culture syndicale pour apporter sa contribution intellectuelle aux débats sur les politiques éducatives, sur les reformes er mieux sur les grands sujets qui engagent l’intérêt des populations.
Enfin Pour la justice sociale, l’égalité des genres et l’équité. Selon lui, bien que les revendications syndicales soient transversales de manière générale, il n’en demeure pas moins que certains points de revendications spécifiques au genre féminin peuvent être intégrées dans les plateformes revendicatives notamment le harcèlement sexuel, les violences basées sur le genre et les écarts de carrières.
Pour ces enjeux, il a exhorté les militantes à s’investir activement dans les activités du Synesci en méritant le titre de militantes, c’est-à-dire, celles qui s’acquittent régulièrement de leurs cotisations pour donner à la direction les moyens financiers des combats souhaités. Chacune de vous a un rôle à jouer, chacune de vous a sa contribution à apporter pour le rayonnement du Synesci.
« Vous les enseignantes, vous devez être ces amazones qui planifient, qui font de la prospective, qui interpellent pour que notre instrument de combat soit plus robuste pour remporter de nombreuses victoires sociales. Levez-vous, mobilisez vos collègues pour constituer une véritable force d’appui ou mieux pour prendre les rênes du combat initié en juillet 1970 par nos illustres devanciers », a vivement recommandé Siaka Traoré.
Ekoun Kouassi, Secrétaire général national du Synesci a situé les enjeux de cette formation. « Le taux de syndicalisation de nos femmes est très faible. Il a donc paru très urgent pour le Bureau exécutif national de réunir ces femmes pour identifier les obstacles qui freinent la syndicalisation des femmes, identifier aussi les obstacles qui freinent l’accès des femmes au poste de leader du syndicat, proposer des solutions concrètes et adaptées pour le recrutement et la syndicalisation des femmes et enfin sensibiliser la femme et la former syndicalement », a-t-il énuméré.
Pour sa part, Doh Mahewoumi Sylie Epse Konan, l’ambition est affichée : Le gouvernement oblige 30% de participation des femmes dans toute chose. Il faut que nous-mêmes déjà, on puisse accepter cela. Et pour l’accepter, il faut se former, il faut comprendre pourquoi est-ce qu’il y a l’empêchement, il y a des barrières, il faut briser ces barrières-là pour pouvoir avancer.
Jeune syndicaliste engagée au Synesci, Aminata Doumbia, professeure d’anglais au lycée Garçons de Bingerville, donne des raisons de son engagement.
Le syndicalisme, c’est une école de leadership, c’est une école où l’on va apprendre. Je me considère en formation parce que j’ai encore besoin d’acquérir des compétences. Aujourd’hui, le syndicalisme apparaît comme une grande porte ouverte pour atteindre énormément d’objectifs personnels mais aussi professionnels », s’est-elle justifiée.
Non sans encourager ses collègues à lui emboiter le pas. « J’aimerais encourager mes collègues femme à s’intéresser au syndicalisme et de ne pas avoir peur. Il y a certes une mauvaise presse autour du syndicalisme, mais le syndicalisme est aujourd’hui plus qu’important pour que la question du genre soit respectée, mais aussi pour que toutes les questions qui sont liées à nous, les femmes, puissent trouver une place. Car, comme on le dit, quiconque décide sans vous, décide contre vous. C’est pour cela que nous devons être à la table de séance, là où se prennent les décisions. Le leadership s’affirme, le leadership se construit autour d’un dialogue social qui devient donc inclusif. Femmes, levez-vous, battez-vous, vainquez la peur et sachez qu’au bout des efforts, il y a la récompense », a motivé Aminata Doumbia.
Traoré Yacouba Diarra






































































