La Coalition pour l’alternance pacifique en Côte d’Ivoire (Cap-CI), le Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI), le groupement Haut Conseil pour les Élections (HCE) et le mouvement Aujourd’hui et Demain la Côte d’Ivoire (ADCI) ont déposé, hier lundi, au ministère de l’Intérieur et de la Sécurité, leur proposition commune pour le nouvel organe électoral. Plusieurs responsables de ces différentes formations et plateformes ont pris part à cette rencontre, notamment Pascal Affi N’Guessan, Ahoua Don Mello, Charles Blé Goudé et Assalé Tiémoko.
À la sortie de la rencontre, Pascal Affi N’Guessan a exposé les principales orientations défendues par les quatre organisations. Le premier préalable posé concerne l’indépendance du futur organe électoral. Selon lui, celui-ci devra être « véritablement indépendant, neutre et impartial ». À ce titre, il ne devrait comprendre ni représentants de partis politiques, ni représentants du gouvernement ou du pouvoir public.
«Les partis politiques de l’opposition avaient promis à Monsieur le Ministre de l’Intérieur, à la suite de la sollicitation qu’il nous a adressée, que nos alliances non concertées au sein d’une proposition commune pour le nouvel organe électoral. Donc, ce processus a été mené au cours de cette semaine, et donc ce matin, nous sommes au Ministère de l’Intérieur pour déposer la proposition de l’opposition, composée de quatre organes politiques : Le Haut Conseil pour les Élections, qui était une proposition conduite par Madame Simone Ehivet Gbagbo, le groupement d’un nombre de partis politiques et de personnalités de la société civile ; La Commission Électorale Nationale Indépendante était la proposition de la Coalition pour une Alternance Pacifique en Côte d’Ivoire ; * L’ANES était une proposition de l’ADCI, Aujourd’hui et Demain la Côte d’Ivoire ; Et donc ce sont ces différentes propositions qui ont été fondues avec celle du PPA-CI pour déboucher sur une proposition commune que nous avons validée samedi après-midi et que nous avons décidé de remettre à Monsieur le Ministre de l’Intérieur ce matin. Et donc ce matin, nous venons de satisfaire à cette exigence, et nous voudrions saluer le Ministère de l’Intérieur et à travers lui le gouvernement, pour avoir ouvert cette lucarne qui nous permet de nous associer au processus d’élaboration du nouvel organe électoral. Pour nous, c’est un acte important parce que nous savons ce qui a été à la base des conflits électoraux en Côte d’Ivoire : l’absence de confiance, l’absence de légitimité de l’organe chargé des élections. Et donc, avec la dissolution de la CEI et l’ouverture de ce processus, c’est une opportunité qui est offerte à la Côte d’Ivoire de bâtir ensemble, dans la confiance, un nouvel organe qui soit satisfaisant pour tous les acteurs, qui réponde aux standards internationaux et qui puisse garantir demain des élections équitables, inclusives, justes et transparentes. Et donc, c’est ce processus-là que nous venons de faire. Notre proposition repose sur deux piliers : nous aurons l’occasion de vous donner des détails à l’occasion d’une future conférence de presse. Mais afin que vous sachiez dans les grandes lignes la structure, l’architecture de notre proposition, je voudrais vous dire que pour nous, la première exigence, c’est que l’organe chargé des élections soit un organe véritablement indépendant, neutre et impartial. Ce qui signifie qu’il ne doit pas comprendre de représentants de partis politiques, des représentants du gouvernement, du pouvoir public. Pour nous, c’est très important. Il faut aussi que ce soit un organe composé d’experts en matière électorale, qui soient recrutés sur des bases rigoureuses, notamment par appel à candidatures avec des contrats d’objectifs, parce que nous voulons que l’organe électoral puisse mener sa mission sans aucune considération partisane. Et puis, à côté, un organe d’observation, parce que pour nous, la confiance n’exclut pas le contrôle. Donc un organe d’observation qui peut comprendre des représentants des parties prenantes et qui aura pour mission de surveiller le processus électoral, d’interpeller l’organe électoral en cas de nécessité, de faire des recommandations et de, je dirais, garantir que le processus se déroule dans la transparence et de façon équitable, de façon fiable. Voilà donc les deux grandes architectures de notre organe. Mais au-delà de la cérémonie de ce matin, nous pensons que le processus du dialogue avec le gouvernement doit se poursuivre. Nous avons salué l’ouverture de ce processus, le ministre nous a rassurés que telle est la volonté du gouvernement d’associer toutes les parties prenantes à l’élaboration du nouvel organe. Nous voulions nous féliciter de cette disposition d’esprit, et pour cela, nous attendons que la future étape soit celle du dialogue national, du dialogue politique, pour qu’autour de la même table, nous puissions apporter davantage d’éclaircissements au projet que nous venons de déposer, que nous puissions aussi accéder aux projets du gouvernement et qu’ensemble, nous puissions bâtir un organe consensuel qui garantisse la confiance. Ensuite, il y aura d’autres questions, comme la question du Code électoral, parce que l’organisation des élections, ce n’est pas seulement l’organe, c’est aussi les modalités d’organisation, le fonctionnement. Il y a plusieurs sujets qui ont besoin d’être réexaminés, actualisés, de manière à ce que la Côte d’Ivoire se dote d’une armature électorale suffisamment forte, suffisamment crédible et qui puisse répondre aux standards internationaux et faire en sorte que nous tournions définitivement la page des crises électorales que nous avons connues jusqu’là. Donc voilà globalement les raisons de notre présence ce matin au Ministère de l’Intérieur. »
Interrogé sur l’absence du PDCI à leurs côtés, Pascal Affi N’Guessan a indiqué que le parti n’avait pas participé à leur consultation. Il n’exclut toutefois pas une harmonisation ultérieure des positions, le processus de dialogue n’étant pas encore achevé.







































































