Depuis ce mercredi, le président de la République, Alassane Ouattara, a mis fin aux fonctions du gouvernement dirigé par le Premier ministre Robert Beugré Mambé. Mais pourquoi ?
A première vue, cette décision peut paraître technique, mais elle répond en réalité à plusieurs enjeux majeurs, à la fois juridiques, politiques, institutionnels et économiques.
Sur le plan juridique, l’Article 56 de la Constitution de la République de Côte d’Ivoire est claire : « Les fonctions de membres du Gouvernement sont incompatibles avec l’exercice de tout emploi public et de toute activité professionnelle. Le parlementaire nommé membre du Gouvernement ne peut siéger au Parlement pendant la durée de ses fonctions ministérielles. » La dissolution du gouvernement permet donc aux ministres concernés de siéger pleinement à l’Assemblée nationale, sans risquer de violation de ce principe d’incompatibilité. Il s’agit là d’une démarche prudente qui assure le respect strict des règles institutionnelles, garantissant ainsi une rentrée parlementaire légale et sans contentieux.
Politiquement, cette dissolution ouvre un nouveau cycle pour le pays. Elle offre au président de la République l’opportunité de recomposer son équipe gouvernementale, en alignant les priorités de l’exécutif sur la nouvelle configuration de l’Assemblée issue des législatives du 27 décembre 2025. Ce renouvellement permet de renforcer la cohésion au sein de la majorité et de positionner des ministres capables de traduire efficacement les engagements politiques du chef de l’État en actions concrètes.
Sur le plan institutionnel, la dissolution prépare la rentrée parlementaire prévue le 19 janvier 2026, moment clé de l’élection du président de la nouvelle Assemblée nationale. Elle assure un fonctionnement harmonieux entre exécutif et législatif et clarifie les rôles de chacun dans l’architecture institutionnelle du pays.
Enfin, la décision a des implications économiques et sociales. Un gouvernement renouvelé peut mieux piloter les politiques de développement, mobiliser les ressources et anticiper les enjeux sociaux. Elle favorise une meilleure gouvernance, en plaçant les bonnes compétences aux bons postes pour répondre efficacement aux attentes des citoyens et aux défis nationaux
Fulbert Yao






































































