L’année 2025 a été enflammée à la Société de transport abidjanais (Sotra). Dans la nuit du lundi 30 décembre 2025, aux environs de 22h15, deux bateaux-bus, Anoumanbo (4054) et Taboutou (4060), ont été entièrement consumés, par un incendie d’une origine encore inconnue, à la gare lagunaire de Treichville. Cette triste réalité, que l’on constate aujourd’hui, vient entacher la gestion jusque-là très appréciée de la société. Autrefois saluée pour la qualité de sa formation et de ses installations, la Sotra semble régresser dans son fonctionnement, au point de susciter de nombreuses interrogations. En effet, des semaines en arrière, la Sotra a été frappée par le même sinistre. Un incendie s’est déclaré, plus exactement, le vendredi 28 novembre, aux environs de 3 heures du matin, au dépôt N°9 de la Sotra, dans la commune d’Abobo. Au total, 19 autobus en maintenance sont partis en fumée. Seul point de satisfaction : aucune victime humaine n’a été déplorée, grâce à l’intervention rapide du GSPM.
Bien avant ce dépôt d’Abobo, c’est celui de Koumassi qui faisait face un drame similaire. De fait, jeudi 20 octobre 2025, aux environs de 4 h 30, un violent incendie s’est déclaré dans la gare de Koumassi, l’un des principaux sites de réparation de la Sotra. Conséquence : d’importants dégâts matériels, avec 13 autobus totalement incendiés, dont la majorité calcinée. Rapidement alertés, les sapeurs-pompiers ont pu maîtriser les flammes avant qu’elles ne se propagent à d’autres véhicules stationnés sur le site. Face à cet incident survenu à quelques jours de l’élection présidentielle, les autorités policières ont aussitôt ouvert une enquête afin de déterminer les causes exactes du feu et d’établir les éventuelles responsabilités. Dans un communiqué, la direction générale de la Société de transport abidjanais a exprimé sa solidarité au personnel affecté par l’événement tragique, avant d’insister sur la nécessité de préserver le patrimoine commun. « Nous réaffirmons notre engagement à assurer notre mission de transport des populations dans les meilleures conditions de sécurité et de régularité », a indiqué la direction générale, sans donner les causes de cet accident.
Si les causes officielles n’ont pas encore été déterminées, la répétition à quelques semaines d’intervalle, dans des circonstances similaires, soulève un problème sur la sécurité des dépôts. Le fait que les incendies surviennent principalement la nuit, dans des dépôts supposés sécurisés, met en cause les dispositifs de prévention notamment les systèmes d’alarme inexistants ou inefficaces, l’absence ou faiblesse de surveillance nocturne ou encore des normes anti-incendie non respectées ou obsolètes.
Ces manquements potentiels renvoient à un enjeu majeur : protéger des infrastructures stratégiques face à des risques prévisibles, dans une capitale économique où des centaines de milliers de personnes dépendent quotidiennement de ces bus.
Au-delà du choc visuel des carcasses calcinées, l’impact économique est énorme. Ces incendies sont à la base d’une perte sèche de dizaines de véhicules qui peut avoir des répercussions sur la capacité de transport et le service aux usagers. Sans compter le coût de remplacement ou de réparation
En somme, ces incendies successifs d’autobus ne constituent pas un simple incident technique : ils révèlent entre autres une maintenance défaillante, et des infrastructures vulnérables et manque de transparence.
À l’heure où le Gouvernement cherche à se doter d’un système de transport moderne et fiable, ces pertes massives appellent des réponses rapides et efficaces.
Fulbert Yao avec S.A.N







































































