Élu député indépendant de Danané, lors des élections législatives du 27 décembre dernier, le journaliste Guillaume Gbato revient sur les ressorts de sa victoire, fondée selon lui sur l’unité et le rassemblement des fils et filles du Nimba. Dans cet entretien, il clarifie sa posture politique à l’Assemblée nationale, réaffirme son indépendance vis-à-vis des partis et décline ses priorités pour sortir Danané de la léthargie socioéconomique.
Bonjour Honorable. Quel a été le facteur décisif de votre victoire aux élections législatives à Danané ?
Bonjour à tous. L’élément déterminant, c’est le rassemblement de tous les enfants de Danané. La volonté de tous les enfants de Danané de voir Danané sortir de la léthargie actuelle. Et comme je l’ai dit, c’est une victoire collective de tous les enfants de Danané. Ce n’est pas la victoire de Guillaume Gbato, ni du Dr Soumahoro. C’est la victoire de tous les enfants de Danané qui sont malheureux des conditions de vie actuelles de leurs parents. Ils sont malheureux d’un système politique qui ne les laisse pas profiter à Danané, et généralement dans les régions du Tonkpi. Ils ont porté leur voix sur Guillaume Gbato et le Dr Soumahoro pour être leur porte-voix, pour crier à la face du pays les difficultés de nos parents : le manque de routes, l’insuffisance des écoles. Nos parents ont dû se cotiser pour construire des écoles. L’insuffisance des centres de santé. L’insuffisance d’adduction en eau potable. L’électricité qui n’existe pas pour beaucoup de villages. C’est une volonté commune et collective de voir la ville changer radicalement. Dans un pays où le président Ouattara fait des investissements énormes, des régions connaissent des progrès énormes. Danané est dans la misère. Tous les enfants de Danané, sans considération de partis politiques, sans considération d’idéologie, de rang social, d’ethnie ou de religion, ont voulu envoyer à l’Assemblée celui qu’ils considèrent comme le meilleur porte-parole parmi eux. C’est le rassemblement, c’est l’unité qui a été faite autour de cette candidature. Aujourd’hui, cette liste « Agir ensemble pour le Nimba », qui fait tout un symbole. Parce que Danané veut être chef-lieu de région. Parce que Danané estime que la région du Tonkpi est trop grande pour que les investissements publics soient suffisants. La clé a été le rassemblement.
Élu en tant qu’indépendant, comptez-vous rester neutre à l’Assemblée nationale ?
Guillaume Gbato ne peut pas être neutre. D’abord, la neutralité n’existe pas. Nous avons été élus députés indépendants, nous resterons indépendants. Nous sommes indépendants.
Que répondriez-vous si le RHDP vous sollicitait pour rejoindre ses rangs ?
Le RHDP n’a pas besoin de députés en ce moment. Ils auront un groupe parlementaire qui a 197 députés. Donc, qu’est-ce qu’un député de plus ou un député de moins changerait ? La démocratie parlementaire a besoin de voix autonomes, de voix pour animer le débat parlementaire. Donc nous, nous travaillons à construire un groupe parlementaire qui sera un groupe alternatif pour continuer de travailler au service de notre pays et de nos populations. Le Dr Soumahoro et moi sommes indépendants. Des indépendants constructifs, qui vont travailler pour la République et pour nos populations. Parce que l’objectif, c’est d’attirer les investissements publics massifs dans notre circonscription.
Quelles attentes les populations peuvent-elles avoir de vous à l’Assemblée nationale ? Et comment comptez-vous éviter toute déception ?
Guillaume Gbato ne peut pas décevoir, puisqu’il a vocation à servir ses parents. Nous allons travailler. Et les parents le savent. On ne peut pas porter son choix sur quelqu’un en qui on n’a pas confiance. Nos parents nous connaissent, ils nous font confiance. Ils savent que nous ne les décevrons pas. Ils n’ont pas voté les sortants parce qu’ils les ont déçus. Ce que les parents demandent, Guillaume Gbato le fait, même si c’est insuffisant, et il va le faire. Donc les parents ne seront pas déçus. Ils seront plutôt heureux d’avoir fait ce choix, parce que nous allons travailler dur pour leur faire plaisir.
Merci.
Entretien réalisé par Fulbert Yao







































































