Le ministre de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle, Pierre N’gou Dimba, a reçu, le mardi 3 mars 2026, à son cabinet, la 5ᵉ cohorte du stage résidentiel du Programme Kofi Annan de leadership en santé mondiale.
Pour la première fois dans l’histoire de ce programme, pourtant à sa troisième édition, le séjour résidentiel se tient en Afrique francophone subsaharienne. Un choix hautement symbolique qui consacre la reconnaissance des performances et des réformes engagées par le système sanitaire ivoirien.
Financé sur une période de douze (12) mois, le programme offre aux futurs dirigeants des États membres de l’Union africaine une formation de haut niveau en leadership avancé, notamment en diplomatie sanitaire, en gestion du changement et en influence stratégique sur les politiques publiques.
La cohorte 2026 rassemble des représentants du Sénégal, du Malawi, de Madagascar, du Tchad, du Mali, du Burkina Faso, du Ghana, du Nigeria, de la Gambie, du Botswana, de l’Ouganda et de la Tanzanie. Tous ont exprimé leur admiration pour les avancées ivoiriennes, notamment en matière d’infrastructures, de gouvernance et d’extension de l’offre de soins.
Au cours des échanges, le ministre Pierre N’gou Dimba a réaffirmé l’engagement du gouvernement en faveur d’un renforcement durable du système sanitaire. Il a souligné que la coopération avec les Centres africains de prévention et de contrôle des maladies (Africa CDC) vise à consolider le capital humain et à promouvoir des solutions africaines face aux défis du continent.

En prélude à cette audience, une délégation d’une vingtaine d’experts a effectué une visite à l’Institut Pasteur de Côte d’Ivoire (IPCI), situé à Adiopodoumé. Cette immersion au cœur de l’innovation scientifique s’est voulue le symbole d’une Afrique qui construit, ensemble, sa souveraineté sanitaire.
Pour ces hauts cadres de la santé venus notamment du Ghana, du Nigeria, de la Gambie, du Malawi, de la Tanzanie, de la Zambie, du Botswana, du Sénégal, du Burkina Faso, du Kenya, de l’Éthiopie, de Madagascar et du Tchad, cette visite était bien plus qu’une simple sortie de courtoisie. Organisée conjointement par le département Formation et Renforcement des capacités de l’IPCI et son service de communication, la journée a constitué une plongée au cœur des infrastructures de pointe de l’institut.
Les participants ont ainsi découvert la Plateforme de génétique moléculaire, où sont analysés les variants et séquencés les génomes des pathogènes ; le Département des virus épidémiques, en première ligne face aux menaces telles que la fièvre de Lassa ou la rougeole ; le Centre de ressources biologiques, maillon essentiel de la recherche ; ainsi que le chantier du futur Centre d’études des pathogènes à risques infectieux sévères (CEPRIS), infrastructure de niveau de sécurité P4 dédiée à l’étude des virus les plus dangereux.
Le temps fort de la visite a été l’échange entre la délégation et les équipes de l’IPCI. Le Dr Alex Coutinho, directeur du programme Kofi Annan et chef de délégation, a salué la qualité des installations et l’expertise développée par l’institut. Selon lui, l’avenir de la santé en Afrique repose sur des institutions fortes et sur une collaboration sans frontières.
« L’IPCI est un exemple à suivre non seulement en Afrique mais aussi dans le monde. La force de notre continent réside dans la synergie que nous créons lorsque nous collaborons, notamment à travers la mise en commun de nos ressources biologiques via la biobanque », a-t-il déclaré.
Il a insisté sur la nécessité de briser les silos afin de mieux répondre aux épidémies, estimant que les experts africains doivent échanger leurs expériences et comprendre concrètement les dispositifs mis en œuvre dans chaque pays.
Le professeur Meité Syndou, directeur de l’IPCI, a accueilli personnellement la délégation. Après une présentation des missions historiques et des axes stratégiques de l’institut, il a pris part à une séance de questions-réponses particulièrement animée. Les échanges ont porté sur la gestion des crises sanitaires, le financement de la recherche et le rôle des instituts nationaux dans l’architecture sanitaire mondiale.
Ce stage résidentiel, qui se déroule du 28 février au 7 mars 2026 à Abidjan, vise à former les futurs dirigeants des États membres de l’Union africaine. L’objectif est de leur fournir des compétences avancées pour élaborer, piloter et diriger des stratégies de santé publique efficaces, contribuant ainsi à l’émergence d’un nouvel ordre sanitaire sur le continent.
L’édition 2026 revêt une importance particulière : c’est la première fois qu’un pays francophone accueille cet atelier de haut niveau.
Une fierté nationale mérite d’être soulignée : ce rapprochement a été rendu possible grâce à l’implication du professeur Koua Asseman Médard, boursier de ce prestigieux programme et actuel directeur coordonnateur du Programme national de santé mentale. Son engagement illustre l’émergence d’une nouvelle génération de leaders capables de renforcer les synergies entre institutions au service du système de santé ivoirien et africain.
Lancé le 25 mai 2020 par la Commission de l’Union africaine en partenariat avec la Fondation Kofi Annan, ce programme incarne la vision d’un continent maître de sa destinée sanitaire.
Fulbert Yao avec Sercom





































































