En renforçant son expertise en biologie moléculaire, l’Institut Pasteur de Côte d’Ivoire (IPCI) s’impose comme le fer de lance d’une révolution médicale en Afrique de l’Ouest. Grâce à sa plateforme de pointe, le pays n’est plus seulement un observateur, mais un acteur majeur capable de proposer des soins personnalisés et accessibles.
Un arsenal technologique de rang mondial
Inaugurée en 2017 et optimisée en 2022, la Plateforme de Génétique Moléculaire (PGM) de l’IPCI marque une rupture historique avec la dépendance technologique du continent. Située à Adiopodoumé, elle combine la biologie moléculaire classique avec des technologies de rupture comme le séquençage à haut débit (NGS). Cet équipement de classe mondiale permet désormais de réaliser sur place des analyses d’une complexité rare en oncologie de précision avec le génotypage des tumeurs pour des traitements ciblés et le suivi de la maladie résiduelle ; la détection des mutations sur les gènes BRCA1/2, essentiels dans la lutte contre les cancers du sein et de l’ovaire ; l’étude des résistances bactériennes et le suivi des virus émergents comme le SARS-CoV-2.
Le rôle crucial de l’IPCI dans la lutte contre le cancer
Ce vendredi 17 avril 2026, cette capacité d’action a été renforcée par la réception de kits de tests génétiques BRCA, offerts par le laboratoire AstraZeneca dans le cadre du programme ’’Cancer Care Africa’’. Ce matériel est essentiel pour adapter les stratégies thérapeutiques aux réalités biologiques des populations ivoiriennes.
Le ministre Pierre Dimba a salué ce don car selon lui, grâce à ces équipements, le coût de ces examens de pointe, habituellement estimé à 500 000 francs CFA, sera réduit pour les patients, favorisant ainsi une meilleure accessibilité aux soins innovants.
Représentant, le professeur Meité Sindou, Directeur de l’Institut Pasteur de Côte d’Ivoire, à la cérémonie de remise de ces kits, le professeur Gbonon Mbengue C. Valérie, responsable de la plateforme de génétique moléculaire à l’IPCI, a exprimé sa gratitude aux donateurs et au ministre Pierre Dimba : « Je voudrais, au nom du Professeur Meité Sindou, Directeur de l’Institut Pasteur de Côte d’Ivoire, vraiment présenter nos sincères et chaleureux remerciements à nos autorités sanitaires, notamment Monsieur le Ministre de la Santé, de l’Hygiène Publique et de la Couverture Maladie Universelle, pour son engagement sans faille dans ce problème de santé publique que représentent les cancers, particulièrement dans notre pays. Je remercie nos donateurs, les laboratoires AstraZeneca, pour ce don qui va vraiment nous servir au quotidien ».
L’importance de la plateforme
Elle a par levé un coin de voile sur cette plateforme : « Il faut dire que l’Institut Pasteur de Côte d’Ivoire a, depuis maintenant quatre ans, une plateforme de génétique moléculaire qui a en son sein un laboratoire de génétique des cancers. Ce laboratoire, au quotidien, s’attèle à faire le diagnostic moléculaire de certains cancers qui sont très importants à réaliser afin de pouvoir adapter les stratégies thérapeutiques pour nos populations.
C’est donc en ce sens que vraiment ce don est le bienvenu et représente un espoir pour nos populations ».
En effet, l’importance de la plateforme se mesure dès le premier souffle de vie. En collaboration avec l’Hôpital Mère-Enfant de Bingerville, un programme pilote a été lancé pour identifier cinq pathologies graves dès la naissance. Les résultats soulignent l’urgence de cette mission : 8,4 % des nouveau-nés testés sont porteurs du trait drépanocytaire AS ; la détection de l’hypothyroïdie congénitale permet d’éviter des séquelles irréversibles telles que le retard mental.
Vers une souveraineté sanitaire régionale
L’IPCI ne se contente pas de diagnostics ; il bâtit un écosystème de recherche interdisciplinaire réunissant généticiens, bioinformaticiens et cliniciens. Avec le soutien de l’AFD, la création prochaine d’un Département de Biologie Computationnelle viendra renforcer cette expertise.
En relocalisant des analyses autrefois envoyées systématiquement à l’étranger, l’Institut Pasteur de Côte d’Ivoire réduit les délais et les coûts, garantissant ainsi une forme de « justice sanitaire ». Avec 95 chercheurs mobilisés, l’IPCI positionne la Côte d’Ivoire comme le pôle de référence régional pour l’étude des maladies transmissibles et non transmissibles.






































































