En mission de travail dans la région de San Pédro, le ministre des Eaux et Forêts, Jacques Assahoré Konan, a rencontré les populations de Monogaga dans le cadre de la présentation du projet de restauration de la forêt classée de Monogaga, transformée progressivement en agro-forêt.
Située entre San Pédro et Sassandra, la forêt classée de Monogaga, créée en 1973 avec la présence de populations à l’intérieur de son périmètre, a connu une forte dégradation au fil des décennies, en raison notamment des infiltrations et de l’extension des activités agricoles non autorisées.
Dans le cadre de la nouvelle politique forestière nationale, l’État a engagé un processus de reconversion de cette zone en agro-forêt, visant à concilier restauration du couvert forestier et maintien encadré des activités agricoles à travers un mécanisme de contractualisation.
Ce projet est mis en œuvre à travers une convention entre le ministère des Eaux et Forêts et la Fondation Roots Wild (RWF), avec l’implication des communautés locales, notamment les populations Winnin et Bakwé ainsi que les autres résidents.
Face aux populations, le ministre a expliqué être venu dans une démarche d’écoute et de concertation, afin de partager la vision du gouvernement et de favoriser une compréhension commune du projet. Il a rappelé l’objectif national de restauration du couvert forestier, appelé à passer de 9,2 % à 20 % à l’horizon 2030, sous l’impulsion du président de la République, Alassane Ouattara.
Les populations, pour leur part, ont exprimé plusieurs préoccupations, notamment la nécessité de mieux comprendre les clauses de la convention, ainsi que leurs droits et obligations dans le cadre de ce projet. Elles ont également insisté sur un besoin accru de communication et de sensibilisation.
En réponse, le ministre a rassuré les communautés, soulignant que la démarche repose sur le dialogue et la participation. « Ce projet n’est pas contre les populations ; il n’est ni un projet d’exclusion, ni un projet de dépossession, mais un projet de restauration écologique et de développement local », a-t-il déclaré.
Il a insisté sur la nécessité de concilier restauration forestière et amélioration des conditions de vie des populations, dans un partenariat durable entre l’État, les communautés et les acteurs impliqués. Ces échanges ont permis d’apaiser les inquiétudes et de renforcer l’adhésion au projet.
Après la rencontre, le ministre et sa délégation ont visité les installations de la Société de Sciure et Moulure de Côte d’Ivoire (SMCI), spécialisée dans la transformation du bois. Cette étape a permis d’évaluer les capacités de production de l’unité et d’échanger sur les enjeux de l’approvisionnement durable et de la transformation locale du bois.
La délégation, accompagnée des responsables de la Fondation Roots Wild conduite par Bilal Hallal, s’est ensuite rendue sur le site de Monogaga pour une visite de terrain. Plusieurs points ont été parcourus, notamment le pont Brimé, la pépinière centrale et le poste mixte Eaux et Forêts–Tourisme, permettant de constater l’évolution des travaux de restauration.
Au terme de la mission, le ministre s’est dit satisfait des échanges et de l’état d’avancement du projet, saluant l’engagement des populations, de la fondation et des partenaires techniques. Il a réaffirmé la volonté du gouvernement de poursuivre la restauration du couvert forestier dans une dynamique de dialogue et de développement durable.
Fulbert Yao






































































