Yopougon va passer à la vitesse supérieure en matière assainissement. Le député-maire, Adama Bictogo, a reçu, ce jeudi 22 octobre 2026, Drissa Diomandé, directeur de cabinet du ministère de l’Hydraulique, de l’Assainissement et de la Salubrité (MINHAS), accompagné d’une délégation de l’Unité de coordination du projet (UC-PACY) et d’ingénieurs du cabinet Artelia. Au centre des échanges, le lancement prochain du Projet d’assainissement des eaux usées de Yopougon, dont l’investissement est estimé à près de 100 milliards FCFA.
Cette rencontre visait à présenter au premier magistrat de la commune les contours du projet et à recueillir ses orientations pour faciliter sa mise en œuvre. Une démarche qui traduit la volonté du ministère de renforcer la collaboration avec les autorités municipales dans la conduite de ce chantier structurant.
« La commune de Yopougon est une commune stratégique. C’est un véritable poumon de l’économie du Grand Abidjan », a souligné Drissa Diomandé. Face à l’urbanisation rapide de la commune, il a insisté sur la nécessité d’apporter des réponses ambitieuses aux besoins des populations en matière d’assainissement.
Le PACY s’inscrit dans le cadre du schéma directeur d’assainissement et de drainage du Grand Abidjan, adopté en 2020. Il est porté par la Direction de l’assainissement urbain et du drainage du MINHAS.
La démarche intervient également après une table ronde au cours de laquelle Adama Bictogo avait déploré le manque d’implication des maires dans certains grands projets exécutés sur leur territoire. Pour le directeur de cabinet du ministère, l’adhésion des populations et l’engagement des collectivités sont indispensables à la réussite de telles initiatives.
Sur le plan financier, la première phase du projet bénéficie d’un prêt souverain de l’AFD de 130 millions d’euros, soit environ 85,27 milliards FCFA. Une enveloppe complémentaire d’environ 15 milliards FCFA est prévue pour la traversée de la lagune, portant l’investissement extérieur à près de 100 milliards FCFA.
La maîtrise d’ouvrage est assurée par le MINHAS, à travers l’UC-PACY. L’Office national de l’assainissement et du drainage (ONAD) intervient en qualité de maître d’ouvrage délégué. La maîtrise d’œuvre est confiée à un groupement comprenant Artelia, Artelia Côte d’Ivoire, le Cabinet d’études Marc Merlin et le Cabinet Merlin Côte d’Ivoire.
Le projet poursuit trois objectifs majeurs : améliorer l’hygiène publique, préserver la lagune Ébrié en limitant les rejets d’eaux usées et collecter puis traiter 70 % des eaux usées de la zone couverte.
À terme, 637 000 habitants, soit environ un tiers de la population de Yopougon, devraient bénéficier de 13 000 branchements au réseau d’assainissement. Le programme prévoit également la construction de blocs sanitaires dans 19 établissements scolaires déjà identifiés.
La première phase du PACY comprend deux principaux volets. Dans la commune, le réseau de collecte prévoit la réalisation de 211 kilomètres de nouvelles canalisations, la réhabilitation de 38 kilomètres de conduites existantes et la construction d’une station de pompage dénommée « SICOGI ».
Le réseau de transfert s’étendra, quant à lui, sur 6,5 kilomètres, dont deux kilomètres de conduites subaquatiques sous la lagune Ébrié. Il acheminera les eaux usées vers une station de prétraitement prévue à Azito, d’une capacité de 73 000 mètres cubes par jour. Les eaux prétraitées seront ensuite évacuées vers l’océan par un émissaire de plus d’un kilomètre.
Deux autres phases sont prévues pour étendre le dispositif au reste de la commune. Selon les informations présentées à la délégation municipale, les études sont achevées et les dossiers d’appel d’offres sont en préparation. Leur lancement est annoncé pour décembre 2026, en vue d’un démarrage des travaux au premier trimestre 2027.
Le député-maire a salué cette initiative, qui devrait contribuer à résoudre les difficultés liées à la vétusté des réseaux d’assainissement. Il a notamment relevé les conséquences de la dégradation des canalisations sur les infrastructures routières.
« On a beau bitumer, au bout de deux ou trois ans, on constate une dégradation », a-t-il fait observer, qualifiant le projet de « bonne nouvelle » pour Yopougon.
Adama Bictogo a également souligné l’importance de l’investissement et la nécessité d’une mise en œuvre progressive. « Je comprends que ce soit en trois phases, parce que l’assainissement coûte aussi cher que reloger toute une population », a-t-il relevé.
Il a ensuite assuré la délégation ministérielle du soutien de la municipalité. « Je peux vous assurer non seulement de ma disponibilité, mais de celle de tous les membres de la municipalité », a-t-il déclaré, désignant le directeur technique de la mairie, M. N’Guessan, comme point focal du projet.
Le maire a toutefois insisté sur la nécessité de préparer les habitants à l’arrivée des chantiers. Il a demandé qu’une visite des sites concernés soit organisée avant le démarrage des travaux, afin de sensibiliser les populations, de les rassurer et de leur expliquer les interventions prévues.
Il a également attiré l’attention sur les opérations de réinstallation et d’indemnisation susceptibles d’être nécessaires. « Il faut qu’on ait le nombre de personnes à réinstaller, qu’on les prépare à cela et qu’on sache où on les réinstalle », a-t-il insisté.
Le député-maire souhaite par ailleurs que les habitants des quartiers concernés prennent part à la cérémonie de lancement des travaux. Cette préoccupation est particulièrement importante pour les populations d’Azito, où doit être implantée la station de prétraitement et qui accueille déjà plusieurs infrastructures publiques. Des habitants de cette localité avaient fait part de leurs inquiétudes au maire la veille de la rencontre.
Pour Drissa Diomandé, cette démarche participative doit permettre de réunir les conditions nécessaires à la réussite du projet. « Nous sommes venus présenter ce projet, mais surtout solliciter vos instructions et vos orientations pour le réussir ensemble », a-t-il indiqué.
Fulbert Yao





































































