Les ressources animales et halieutiques ivoiriennes se portent mieux. Le pays ne dépend plus « exclusivement » de l’extérieur. Les ivoiriens consomment 99% de ce qu’ils produisent et la sécurité est garantie dans les assiettes. La Côte d’Ivoire travaille désormais à renforcer la souveraineté alimentaire. Ce sont entre autres les assurances données le mercredi 2 avril 2025, par le ministre des Ressources animales et halieutiques Sidi Tiémoko Touré.
Il était l’invité de la conférence de presse « Les Rendez-vous du Gouvernement », organisée par le Centre d’Information et de Communication Gouvernementale (CICG), sous le thème « Politique nationale de production animale et
halieutique en Côte d’Ivoire : Enjeux, défis et perspectives ».
Deuxième invité de l’année 2025 à cette tribune, Sidi Tiémoko Touré a egrainé les actions, défis et perspectives de son secteur essentiel pour la sécurité alimentaire et le développement économique du pays.
Avec plus de 700 000 emplois recensés en 2016, le ministre a souligné que les ressources animales et halieutiques contribuent à la réduction de la pauvreté et à l’augmentation des revenus des ménages. En 2021, le secteur a enregistré une progression, passant d’une contribution de 4,5 % au PIB agricole en 2016 à 6 %. Cependant, malgré un fort potentiel, la production nationale ne couvre que partiellement les besoins du pays : 48 % pour la viande, 14 % pour le lait et 12 % pour les produits halieutiques. « Notre objectif est de réduire cette dépendance et d’assurer une autosuffisance alimentaire progressive », a indiqué le ministre. Sidi Touré a deploré par ailleurs les crises récentes qui ont accentué les vulnérabilités du secteur. Notamment la Covid-19, la guerre en Ukraine, ainsi que l’instabilité politique au Sahel « Nous avons dû adapter nos stratégies pour assurer un approvisionnement stable et accessible aux producteurs locaux », a expliqué Sidi Tiémoko Touré.
Face à ces chocs, le conférencier a assuré que la Côte d’Ivoire a engagé une refonte de sa stratégie alimentaire pour garantir sa souveraineté et renforcer la résilience des filières animales et halieutiques. Ainsi, selon le ministre, le gouvernement entend faire du secteur un moteur de croissance et d’emplois, garantissant une alimentation saine et respectueuse de l’environnement. « Nous devons moderniser notre système de production et accompagner les acteurs à travers des mécanismes de financement innovants », a-til déclaré.
Les principaux axes d’intervention sont, selon la structuration des filières avec la reconnaissance officielle de cinq organisations interprofessionnelles en 2025, l’adoption d’une trentaine de textes juridiques pour moderniser le secteur. La mise en place du Fonds de Garantie du Secteur Avicole (FGSA) et du Fonds de Promotion des Productions Animales et Halieutiques.
Aussi, pour répondre aux défis, plusieurs actions ont été engagées, a en croire l’ancien porte- parole du gouvernement. Il s’agit de l’exonération partielle des intrants, création d’une banque nationale de gènes fourragères et coopération avec l’UEMOA pour développer une économie fourragère. la Promotion des Partenariats Public-Privé sur 150 000 hectares de ranchs et stations d’élevage. La Construction d’abattoirs, développement de l’aquaculture avec la production de 10 millions d’alevins en 2023. La Vaccination de 5 millions d’animaux et formation de 10 913 techniciens sur la biosécurité.
Le développement durable des ressources halieutiques est une priorité. selon le ministre, la lutte contre la pêche illicite a été intensifiée avec la mise en place d’un centre de surveillance à haute technologie. « Nous sommes déterminés à protéger nos ressources marines et à garantir une exploitation durable », a insisté Sidi Tiémoko Touré.
Le ministre a souligné de même que le secteur regorge d’opportunités d’investissement, avec des perspectives de chiffre d’affaires évaluées à 268 milliards de FCFA pour la production de viande, 54 milliards pour le lait, 586 milliards pour l’aquaculture, 14 milliards pour la modernisation de la pêche.
Face aux crises récentes, garantir la souveraineté alimentaire est devenu impératif. C’est pourquoi, Sidi Touré a assuré que le Programme d’accélération de la souveraineté alimentaire en produits animaux et halieutiques (2025-2027) permettra d’accélérer les réformes et d’intensifier les actions pour faire du secteur un pilier du développement ivoirien.
« Ensemble, nous pouvons bâtir un secteur des ressources animales et halieutiques compétitif et respectueux de l’environnement. », a t il dit.
Le ministre a ailleurs invité le secteur privé à s’impliquer dans les investisseurs dans le secteur et créé de la richesse.
Le ministre Sidi Touré avait a ses côtés au cours de la conférence le ministre de la communication Amadou Coulibaly, qui n’a pas manqué d’apporter des réponses pertinentes aux préoccupations des médias.
Fulbert Yao