Le bissap, le foutou ou les chips de banane ivoiriens sont désormais vendus dans les rayons d’un grand hypermarché d’Île-de-France. Pour la Côte d’Ivoire, c’est une étape symbolique et stratégique : les produits transformés ivoiriens accèdent pour la première fois à la grande distribution du deuxième distributeur alimentaire de France.
Ces produits n’étaient jusqu’ici vendus qu’en épicerie spécialisée, à Château-Rouge ou à Château-d’Eau. Ils sont aujourd’hui en rayon dans l’hypermarché Carrefour du centre commercial Rosny 2, en Seine-Saint-Denis. La gamme regroupe des produits emblématiques et des innovations de l’agro-industrie locale : bissap, pâte à tartiner à la noix de cajou, chips de banane, foutou instantané de banane, d’igname et de taro, couscous de plantain et de manioc, granulés de maïs et de fonio.

L’initiative vient de la diplomatie économique ivoirienne en France. Elle est portée par l’Ambassade de Côte d’Ivoire, sous la conduite de S.E.M. Maurice Kouakou Bandaman, Ambassadeur, et mise en œuvre par le Service commercial que dirige le Docteur Drissa Koné. Elle répond à une ambition claire : rendre le savoir-faire ivoirien visible là où se font les achats de millions de consommateurs.
Un partenaire de premier rang
Le choix du partenaire n’a rien d’anodin. Selon les chiffres repris par un rapport du Sénat publié en juin 2026, le groupe français détient environ 21,2 % de parts de marché dans la distribution alimentaire nationale. C’est la deuxième place, derrière E.Leclerc (24,4 %) et devant Intermarché (17,6 %), Coopérative U (12,9 %), Auchan (8,4 %) et Lidl (8,2 %). Près d’un euro sur cinq dépensé en France pour les courses alimentaires passe par ce réseau.
Le distributeur est aussi un acteur mondial, présent dans une quarantaine de pays, dont la Côte d’Ivoire, où il exploite des magasins avec son partenaire CFAO. Le lien économique va donc désormais dans les deux sens : la grande distribution s’est installée à Abidjan, et les produits ivoiriens arrivent à leur tour dans ses rayons en France.

Une vitrine pour la transformation locale
L’enjeu le plus important est là. La Côte d’Ivoire est le premier producteur mondial de cacao et de noix de cajou, mais elle exporte encore l’essentiel de ces récoltes à l’état brut. Une pâte à tartiner de cajou ou un foutou déshydraté vendus sous marque ivoirienne montrent un autre modèle : transformer sur place, créer des emplois dans le pays et garder une plus grande part de la valeur ajoutée.
Pour les PME ivoiriennes, cette entrée en rayon sert aussi de référence. Elle atteste que leurs produits respectent les normes sanitaires européennes et répondent aux exigences de qualité, d’emballage et de traçabilité de la grande distribution, avec une capacité de livraison régulière. C’est un argument solide auprès d’autres acheteurs, en France comme ailleurs en Europe.
Un pont avec la diaspora
L’emplacement a aussi du sens. Le centre commercial Rosny 2 est situé en Seine-Saint-Denis, département où vit une importante diaspora africaine, et ivoirienne en particulier. Ces consommateurs sont les premiers relais des saveurs du pays. Le magasin attire aussi une clientèle plus large, de plus en plus curieuse des produits venus d’ailleurs. La culture culinaire ivoirienne y gagne une place visible, au quotidien.
Une première pierre
Cette avancée ouvre surtout une perspective. La suite dépendra de la capacité à installer ces produits dans la durée, puis à étendre l’expérience à d’autres magasins et à d’autres centrales d’achat. Pour le Service commercial du Docteur Drissa Koné, il s’agit de faire du Made in Côte d’Ivoire une offre accessible, visible et reconnue dans la grande distribution internationale.
La campagne se conclut sur un mot bien ivoirien : « l’enjaillement ». Pour l’économie ivoirienne, c’est aussi une occasion à saisir.






































































