A l’occasion de la 26e journée internationale des langues maternelle placée sous le thème : « Les voix de la jeunesse sur l’éducation multilingue », Adoua Kouassi, président de l’Académie ivoirienne des langues maternelles (Ailm), a animé une conférence le vendredi 20 février 2026, à Abidjan.
Sous l’égide de l’Onu, le monde entier célèbre cette journée qui met en lumière le rôle crucial des langues maternelles dans l’affirmation de l’identité, le développement scolaire et intellectuel des jeunes, ainsi que dans la préservation et la valorisation des cultures locales. Selon Adoua Kouassi, les langues maternelles constituent le socle de tout système éducatif performant et le moteur du développement durable comme l’atteste l’UNESCO. A cet effet, dit-il, l’académie salue les initiatives prises par le gouvernement, notamment la mise en place du Projet école intégrée (Pei) quoiqu’en souffrance. « L’adhésion à l’initiative Ecole et langues nationales (Elan) de la francophonie ainsi que l’élaboration d’un arrêté interministériel portant réflexion sur la pratique des langues nationales, même si cet arrêté n’a jamais eu un début de fonctionnement, sans oublier la tenue du symposium sur les langues maternelles organisé en 2022, dont les conclusions demeurent à ce jour en attente de publication », a-t-il déploré.
A l’’en croire, malgré ces actions, l’académie Ivoirienne des langues maternelles tire la sonnette d’alarme et appelle l’attention des hautes autorités, sur les dangers liés à l’absence d’une véritable politique linguistique éducative en Côte d’Ivoire. « Ces dangers sont la faiblesse du système éducatif marquée par l’échec scolaire, le décrochage, l’analphabétisme (60% de femmes en CI) et la ruée des élèves vers les langues européennes et asiatiques jugées plus valorisantes, tandis que celles qui les a vus naître s’éteignent lentement. Au plan socio-culturel, il y a la perte progressive de l’identité culturelle, avec son corolaire de consommation honteuse et sans filtre de la mode étrangère par la jeunesse, la dépravation des mœurs et la déchéance morale », ajoute-t-il.
Selon Adoua Kouassi, l’intégration effective des langues maternelles dans le système éducatif, contribuera à n’en point douter, à l’enracinement de la jeunesse et à l’amélioration indéniable du niveau scolaire des élèves, tout en renforçant leur esprit de créativité́ et d’innovation, car comme le soulignait Irika Bokova, ancienne directrice générale de l’UNESCO, ‘‘Aucune éducation performante ne peut se réaliser en dehors de la langue locale des apprenants’’.
Poursuivant, il a lancé un appel au gouvernement, aux institutions de la République à la Chambre des Rois…. afin que leur intérêt pour les langues maternelles, l’âme de tout peuple selon le Philosophe Goeth, ne soit pas de simples slogans. Terminant ses propos et pour une meilleure promotion de nos langues, il a annoncé la tenue en Mai prochain le Festival des langues maternelles et proverbes (Festilamp)
G.K




































































