3 heures du matin. Dans les pénombres. En plein Angré. Cité des cadres. Un jeune livreur Yango est poignardé. Tué. Son tort ? Livrer son colis. Certainement de quoi à nourrir un « nonceur » de la cité qui a tardivement rejoint son dortoir.
Il s’appelait Koffi, ou Ibrahim, ou Jean. Peu importe. Il avait une femme. Deux enfants. Et une moto comme seul bureau. La vie lui a été prise sauvagement sans pitié. Son bureau avec. Revendu à un coût dérisoire à des revendeurs en quête de proie facile. Encourageant et motivant ainsi le crime odieux dans les rues du pays.
Et depuis, tout le monde y va de son commentaire : « Il n’avait qu’à ne pas rouler la nuit ». Ou bien : « Yango doit interdire les livraisons après 22h ». Ou encore : « La police ne fait pas son travail ». Stop aux spéculations et autres accusations qui n’en tiennent pas la peine.
Le problème n’est-il que l’heure? Le problème n’est pas que Yango. Le problème, c’est qu’en 2026, les jeunes sont invités à plus d’audace pour se prendre en charge. Ils sont invités et de plus en plus engagés à s’éloigner de l’assistanat. Les nouveaux leviers existent et sont désormais face à eux pour sortir du chômage. Et naturellement la vérité est que, les services de livraison, de nouveaux leviers d’embauches, offrent un CDD garanti et font vivre plus de 30 000 familles dans le pays. Le livreur de nuit qui s’en sort avec 25 000 FCfa par jour, est rassuré de se payer de lui-même, son loyer et s’occuper dignement de sa famille sans voler ou « brouter ». L’insécurité est-elle à son summum que les nuits? Que dire des braquages qui ont lieu en plein 14h ?
Encourageons donc les sociétés de livraison à se doter d’un bouton SOS relié à la police. D’une assurance-vie obligatoire pour tous les livreurs. D’une géolocalisation partagée en temps réel avec un proche. Ça coûtera ? Oui. Mais bien sûr, une vie coûte plus cher que ce que ça coûtera. Bien sûr l’Etat devra renforcer la sécurité à ces heures tardives. Et tous, nous devons arrêter l’hypocrisie. « Toi qui commandes ton chawarma à 2h du matin parce que « tu as faim », tu es aussi responsable. Si personne ne commande, personne ne roule. Et si personne ne roule, la sécurité règne » aussi simple que ça.
Sam Wakouboué

































































