Prémonition
Ce mercredi 22 avril, à dix heures précises, je serai dans les locaux de la Préfecture de police d’Abidjan. J’y répondrai à une convocation qui m’est personnellement adressée, déposée hier à 19h44 à la permanence de l’ADCI, à Angré.
Cette convocation a été délivrée sur « instructions » du Procureur de la République.
Demain, à l’issue de l’audition, retournerais-je en prison ou rentrerais-je chez moi ? À cette heure, sans connaître le motif officiel de cette convocation, nul ne peut répondre à cette question.
L’affaire, pourtant, a des allures d’ironie prémonitoire. Ce dimanche 19 avril, alors que je formais près de 200 jeunes au leadership transformationnel et à l’engagement citoyen, j’ai pris pour exemple un épisode de ma vie : mon emprisonnement en 2007 et ce que j’avais entrepris, en douze mois, au bénéfice des détenus.
J’ai conclu ce partage en expliquant qu’au regard de mon engagement citoyen et des combats que je mène depuis plusieurs années-et surtout depuis ces derniers mois- il n’était pas exclu que je sois de nouveau arrêté et emprisonné dans les semaines ou les mois à venir.
Depuis les événements de Tiassalé, je m’y prépare, chaque jour. « Avec ce que je fais et ce que je dis, chaque jour que je passe en liberté est un événement », avais-je lancé. Vingt-quatre heures plus tard, une convocation tombe.
Qu’ai-je pu dire ou faire, en tant que président de l’ADCI ou en tant que journaliste, qui justifierait une telle démarche ? La question demeure entière.
Mais, comme souvent, certains cyber-activistes du RHDP, sans lesquels il nous manquerait bien des informations anticipées sur des décisions de justice ou des poursuites à venir, ont donné un début de réponse.
Dans des publications mises en ligne hier nuit, illustrées par ma photo, ils affirment que, lors de mon récent séjour en France, j’aurais rencontré des personnes qui projetteraient de « renverser le pouvoir d’Abidjan ». Selon eux, cette convocation serait liée à ces supposées rencontres.
Me voilà donc placé sous le soupçon de « préparation de coup d’État ». La justice, heureusement, ne fonctionne pas selon les rumeurs des cyber-activistes.
Quoi qu’il en soit, demain, en toute responsabilité, je me présenterai à cette convocation. Je ne m’y déroberai pas, à quelques jours à peine de la rentrée politique de mon mouvement, prévue pour le 2 mai prochain.
ASSALE TIEMOKO ANTOINE
PRESIDENT DE ADCI.






































































