C’est reparti ! Après une première édition réussie, la deuxième édition conjointe du Build Expo, du HVAC-R Expo et du LIFT EXPO, sous l’appellation Build Expo 2026, a officiellement ouvert ses portes ce mardi 9 juin 2026, au Parc des Expositions d’Abidjan.
Organisé par ATLM Expo, ce salon se poursuit jusqu’au 11 juin 2026, autour du thème : « la politique d’industrialisation des matériaux de construction et la construction massive de logements au Côte d’Ivoire ».
BUILD EXPO 2026 réunit fabricants, investisseurs, promoteurs immobiliers, entreprises de construction, architectes, ingénieurs, institutions publiques et fournisseurs de technologies à la recherche de nouveaux partenariats et opportunités d’affaires dans toute la région.
Les participants sont issus de 13 pays, plus de 148 entreprises exposantes, plus de 450 marques et des acheteurs professionnels venus de 12 pays.L’accès au salon est gratuit pour les visiteurs.
De manière détaillée, BUILD EXPO, Salon International des Matériaux, Machines, Technologies et Équipements de Construction met en avant les matériaux innovants, les nouvelles technologies, les équipements de pointe ainsi que les solutions de construction durable, tout en proposant des conférences de haut niveau, des panels ministériels et des rencontres B2B.
HVAC EXPO, Salon International de la Climatisation, de la Réfrigération, de l’Eau, des Pompes et des Vannes, Dédié au confort thermique, à l’efficacité énergétique et aux technologies de contrôle climatique, présente les dernières avancées en matière de climatisation, ventilation, réfrigération, systèmes hydrauliques, pompes et vannes.
Quand à LIFT EXPO, Salon International des Technologies et Équipements pour Ascenseurs et Escaliers Mécaniques réunit les leaders mondiaux du secteur ainsi que les acteurs régionaux afin de répondre à la demande croissante générée par le développement urbain et les projets de construction modernes en Afrique de l’Ouest.
Prenant la parole lors de la cérémonie d’ouverture, le représentant du ministre de l’Urbanisme, du Logement et du Cadre de vie, Kouadio Pokou Marius, a plaidé pour le renforcement de l’industrie nationale des matériaux de construction, estimant qu’elle constitue un levier essentiel pour relever le défi du logement en Côte d’Ivoire.
Selon lui, la forte croissance démographique et l’essor de l’activité économique accentuent le déficit en logements auquel le pays doit faire face. Pour répondre à cette situation, le gouvernement a lancé un Programme présidentiel de logements sociaux et économiques (PPLSE) visant la construction de 150 000 logements à l’horizon 2030, dont une phase d’urgence de 25 000 logements est actuellement en cours de réalisation.
Marius Kouadio a indiqué qu’une étude réalisée par le ministère en 2021 a estimé à plus de 2 000 milliards de FCFA les besoins en matériaux de construction pour la réalisation de ce programme. Il a cité, entre autres, 7,8 millions de tonnes de gravier, 13,5 millions de mètres cubes de sable, 5,9 millions de tonnes de ciment, 531 000 tonnes d’acier, ainsi que plusieurs millions de mètres carrés de carreaux, de faïence et de matériaux de couverture.
Pour le représentant du ministre, ces chiffres démontrent l’ampleur des besoins et imposent une approche stratégique afin de limiter l’impact des coûts de construction sur l’accès au logement, notamment pour les populations les plus vulnérables.
Il a relevé en outre que la Côte d’Ivoire demeure encore fortement dépendante des importations pour l’approvisionnement en matériaux de construction. « Il ne peut y avoir de construction massive et durable de logements sans une industrie nationale forte des matériaux de construction », a-t-il soutenu.
Selon lui, l’industrialisation locale permettra à la fois de réduire les coûts, d’améliorer la disponibilité et la qualité des matériaux, de créer des emplois, de développer les chaînes de valeur locales et de renforcer la souveraineté économique du pays.
Kouadio Pokou Marius a également mis en avant les importantes ressources naturelles dont dispose la Côte d’Ivoire, notamment la latérite, l’argile, le bois certifié, le sable et la pouzzolane, qui constituent une base solide pour le développement d’une industrie locale compétitive.
Il a enfin invité les investisseurs à saisir les opportunités offertes par le secteur, soulignant la volonté du gouvernement de promouvoir la recherche appliquée et la valorisation des matériaux locaux à travers une collaboration renforcée entre les industries, les universités et les grandes écoles.

Siriki Sangaré, Président de la Chambre nationale des promoteurs immobiliers agréés de Côte d’Ivoire (CNPI-CI) a, quant à lui, indiqué que la question des matériaux de construction se trouve aujourd’hui « au croisement de l’innovation, du développement économique et du progrès social ».
Selon lui, le déficit de logements demeure préoccupant dans toute l’Afrique subsaharienne, alors que les villes accueillent chaque année des millions de nouveaux habitants. « Le logement devient de plus en plus difficile d’accès pour les ménages à revenus faibles et intermédiaires », a-t-il relevé.
Il a expliqué que les matériaux représentent entre 50 % et 70 % du coût total d’une construction dans la plupart des pays africains, en raison notamment de la forte dépendance aux importations de ciment, d’acier, d’aluminium, de verre et d’autres équipements.
Face à cette réalité, M. Sangaré a estimé que l’innovation dans les matériaux de construction constitue l’un des principaux leviers pour rendre l’immobilier plus abordable.
Il a cité plusieurs solutions innovantes, notamment les briques de terre comprimée, qui utilisent des ressources locales et permettent de réduire les coûts de transport ainsi que la consommation de ciment, tout en améliorant l’isolation thermique des bâtiments.
Le président de la CNPI-CI a également évoqué les bétons bas carbone, les matériaux issus du recyclage des déchets plastiques ainsi que les techniques de préfabrication, qui contribuent à réduire les délais de réalisation, à améliorer la qualité des ouvrages et à mieux maîtriser les coûts.
Selon lui, l’Afrique subsaharienne connaît l’une des urbanisations les plus rapides au monde et devra construire davantage de logements, d’écoles, d’hôpitaux et d’infrastructures dans les prochaines décennies.
« Nous ne pourrons pas répondre à cette demande avec les seules méthodes traditionnelles. Nous devons construire plus vite et à moindre coût », a-t-il affirmé.
Sangaré a par ailleurs insisté sur la nécessité de valoriser les ressources locales disponibles dans la région, estimant que chaque matériau produit localement contribue à réduire la dépendance aux importations, à créer des emplois et à renforcer la souveraineté économique des États.
Pour lui, la réduction du coût du logement constitue également un enjeu social majeur. « Chaque fois que nous réduisons le coût de construction des logements de 10 %, 20 % ou 30 %, nous ouvrons la porte à des milliers de familles supplémentaires pour accéder à un logement décent », a-t-il soutenu.

Pour Ibrahim DEMIR Directeur Pays – Côte d’Ivoire ATLM EXPO, Build Expo est désormais devenu « le plus grand salon de la construction en Afrique de l’Ouest », grâce au soutien des institutions ivoiriennes, à la confiance des partenaires et à l’engagement du secteur privé.
Il a également salué la dynamique de transformation que connaît actuellement la Côte d’Ivoire, marquée par la multiplication des projets immobiliers, des zones industrielles, des infrastructures hôtelières, sanitaires et urbaines.
« Notre ambition ne se limite pas à organiser des salons. Nous voulons favoriser les partenariats, encourager les investissements et créer des connexions solides entre l’Afrique et les marchés internationaux », a-t-il expliqué.
A noter que Build Expo 2026 a pour ambition de positionner durablement Abidjan comme la plateforme de référence des technologies de construction, du développement des infrastructures et de l’innovation urbaine en Afrique de l’Ouest.
Fulbert Yao







































































