Le gouvernement qatari a annoncé dimanche la mort de l’ancien souverain, le cheikh Hamad ben Khalifa Al-Thani, qui a régné sur le Qatar de 1995 à 2013 avant de créer la surprise en abdiquant en faveur de son quatrième fils.
« C’est avec des coeurs résolus dans la foi en la volonté et au destin de Dieu que le Diwan de l’émir pleure la disparition de Son Altesse l’émir père, le cheikh Hamad ben Khalifa Al-Thani, une grande perte pour la nation », a annoncé le bureau de l’émir. La prière funéraire a eu lieu dimanche soir et un deuil officiel de quatre jours ont été annoncé a commencé du dimanche 12 au mercredi 15 juillet 2026, avec la fermeture des administrations, des institutions publiques et la mise en berne des drapeaux.
A cette douloureuse occasion, un livre de condoléance a été ouvert dans les locaux de l’Ambassade de l’Etat du Qatar à Abidjan, sise à la Riviera golf rue D 30, du lundi 13 au mercredi 15 juillet de 11h 00 à 14h00.
Le lundi 13 juillet a enregistré le passage du ministre des sports Adjé Silas Metch et Amadou Coulibaly ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement ainsi le président du groupe de la banque africaine de développement et d’autre personnalité du monde diplomatique.
L’ancien souverain avait déposé son père, le cheikh Khalifa, lors d’une révolution de palais en 1995 sans effusion de sang, profitant d’un voyage de ce dernier en Suisse. Le cheikh Hamad avait hérité d’un petit émirat marginal aux caisses presque vides, dont il a fait un acteur majeur de l’échiquier régional et international.
En quelques années, il a réussi à jeter les bases d’un développement accéléré du Qatar, pour en faire l’un des plus grands producteurs de gaz naturel liquéfié. Cette transformation s’est appuyée sur la création de la Qatar Investment Authority, le fonds souverain chargé d’investir des milliards de dollars, notamment à l’étranger. C’est sous son règne que le Qatar a commencé à verser des centaines de millions de dollars à la bande de Gaza, finançant notamment des projets routiers le long du littoral. Un hôpital de la ville de Gaza porte son nom.
Acteur incontournable de la politique arabe
Fidèle allié des États-Unis, le cheikh Hamad a parallèlement imposé son pays comme un acteur incontournable de la politique arabe, jouant tour à tour les médiateurs, les bailleurs de fonds et les acteurs diplomatiques. Cette stratégie s’est notamment traduite par le lancement, en 1996, de la chaîne d’information internationale Al Jazeera, devenue l’un des principaux instruments d’influence du Qatar et qui a joué un rôle majeur lors des printemps arabes.
Sur le plan intérieur, cheikh Hamad a introduit quelques réformes politiques, dont l’adoption par référendum en 2003 d’une Constitution qui prévoit une séparation des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire mais qui maintient le pouvoir exécutif entre les mains de l’émir et de son cabinet.
Le cheikh Hamad avait créé la surprise en abdiquant volontairement en 2013 en faveur de son quatrième fils, le cheikh Tamim, dans un Moyen-Orient où les dirigeants se maintiennent souvent au pouvoir jusqu’à leur dernier souffle. Depuis son abdication, il est resté relativement discret et n’apparaissait que rarement en public.
Presqu’île du sud du Golfe, le Qatar est l’un des plus petits États arabes (11 437 km²), avec une population de 2,5 millions d’habitants, dont la plupart sont des étrangers. Gouverné par la famille Al-Thani depuis le milieu du XIXe siècle, il avait refusé d’intégrer la fédération des Émirats arabes unis lors de son indépendance, en 1971, après 55 ans de protectorat britannique.
Source : Ambassade du Qatar en Côte d’Ivoire





































































