Le Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (Ppa-CI) peut-il exister en l’absence de tensions ? En tout cas, au regard du jeune parcours du Ppa-CI, mais aussi du passé politique de ses animateurs, la réponse semble être non !.
A la création du parti de Laurent Gbagbo, beaucoup d’observateurs avaient pensé que la pratique politique avec ce nouvel appareil serait différente de ce qu’ils avaient eu l’habitude de voir avec le Front populaire ivoirien (Fpi), animé en son temps par l’ex-président et ses camarades. Mais, à l’observation, c’est du pareil au même.
À sa sortie de la Cour pénale internationale (Cpi), Laurent Gbagbo, ses camarades et bien des Ivoiriens avaient conscience que la lutte politique était terminée pour le chef de la « refondation ». Mais, contre toute attente, l’ex-époux de Simone a déclaré : « Je ferai la politique jusqu’à la mort. Je ferai la politique jusqu’à ma mort. C’est moi seul qui déciderai sous quelle forme je continue mon combat. Je ne suis pas en politique pour arranger certains ou déranger d’autres. J’y suis pour mettre sur le marché mes idées ».
Toutefois, le problème ne réside pas dans la volonté de Laurent Gbagbo de faire de la politique jusqu’à son dernier souffle, mais dans la manière dont il anime ce dernier virage. Depuis l’annonce de cette volonté, la vie politique ivoirienne rime avec tensions. Et pourtant, il avait qualifié cette volonté de « chaînon » manquant de la réconciliation. En dépit de ses ennuis judiciaires, dont il a conscience, Laurent Gbagbo veut être au centre des débats. Au forceps, il veut revenir aux affaires sans toutefois tirer les leçons de sa « calamiteuse » gouvernance passée.
À l’aune de l’élection présidentielle de 2020, bien que loin du « théâtre des opérations », Laurent Gbagbo, pour demeurer au centre des débats, avait donné de la voix pour galvaniser ses militants afin de s’opposer à la candidature du président de la République, Alassane Ouattara. Certains avaient pris fait et cause pour la désobéissance civile.
Des morts et des blessés avaient été enregistrés à travers le pays. Cette tension qui avait régné lors de cette échéance avait remis au goût du jour les souvenirs de la gouvernance de Laurent Gbagbo. Ses partisans, impatients de voir leur champion regagner Abidjan, nourrissaient le secret espoir de le voir prendre l’avant-garde de la contestation contre le pouvoir. Mais quel genre de contestation ? Celle à caractère violent. Comme pressenti en 2020, en 2025, Laurent Gbagbo s’illustre avec son parti dans l’exacerbation des tensions.
L’ex-chef de l’État et ses partisans, conscients que les choses ne seraient pas en leur faveur, sont montés sur leurs grands chevaux pour battre le pavé. Lors de cette période électorale, le Ppa-CI était le parti en première ligne de la contestation.
Se sentant dans son élément, il noue des alliances de circonstance avec le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci), qui, pendant ce temps, avait pris le soin de larguer ses anciens compagnons (Mgc, Cojep…) qu’il ne trouvait pas à la hauteur de la mission du moment. Il fallait donc s’attacher les services du parti « guerrier » pour atteindre les objectifs escomptés. Laurent Gbagbo, sentant les choses tourner en sa défaveur, n’a pas voulu cependant franchir le Rubicon.
Par contre, ses partisans étaient déjà sur le terrain de la violence. Tous avaient espoir que la situation tourne en faveur de l’opposition entraînée par le Ppa-CI. C’était mal connaître la détermination des autorités à préserver la paix. Défaits, Laurent Gbagbo et les autres partis de l’opposition sont aux abois aujourd’hui. Sans pour autant tirer les leçons de cette énième défaite, les animateurs du Ppa-CI sont en train de remettre le couvert. A travers la fameuse « Tribune », qui devait être un espace de critiques objectives et constructives, le Ppa-CI a progressivement transformé cette plateforme en espace d’attaques, d’accusations infondées, de diffamations et même de provocations.
Toute cette stratégie ne répondrait qu’à un objectif : pourrir l’atmosphère afin que l’opinion nationale et internationale ait l’impression que la Côte d’Ivoire est toujours en crise. A la réalité, c’est le jeu favori de Laurent Gbagbo et de ses partisans, qui n’existent que dans la violence et la confrontation permanente. A les voir à la manœuvre, le pays ne devrait connaître aucune accalmie tant qu’ils ne seraient pas aux affaires.
Mais, là encore, leur gestion des affaires entraîne toujours le pays dans la violence. Alors, on peut dire, sans exagérer, que ce soit au pouvoir ou dans l’opposition, le Ppa-CI ne se sent bien que dans la violence.
L.F.







































































