Le sous-préfet de Soubré, Coulibaly Zana, a appelé, mercredi 14 octobre 2026, les chefs de village et les populations à s’impliquer davantage dans la lutte contre l’orpaillage illégal, face à ses conséquences sur l’environnement et la santé publique. C’était lors de la séance de sensibilisation consacrée à la lutte contre l’orpaillage illégal, dans le cadre des instructions du Conseil national de sécurité (CNS), qui entend renforcer les actions contre cette activité clandestine.
Au cours de la rencontre, le sous-préfet Coulibaly Zana, a insisté sur la gravité de la situation et la nécessité d’une mobilisation collective pour mettre fin à un phénomène qui menace aussi bien les ressources naturelles que la santé des populations. « Nous sommes tous témoins que chacun de nous est menacé par les effets de l’orpaillage illégal qui n’a malheureusement que trop duré », a-t-il déclaré, relevant que les opérations de répression et le démantèlement répété de plusieurs sites n’ont pas suffi à enrayer le phénomène.
Le représentant de l’administration territoriale a particulièrement attiré l’attention des participants sur les conséquences environnementales et sanitaires de l’exploitation aurifère clandestine. Il a notamment évoqué la pollution des cours d’eau, qui complique le traitement de l’eau destinée à la consommation des ménages. Pour Coulibaly Zana, la préservation des ressources hydriques constitue un enjeu majeur de santé publique, les populations étant exposées aux risques liés à la dégradation de la qualité de l’eau.
Face à cette situation, il a rappelé que l’exploitation minière, même lorsqu’elle est autorisée, demeure soumise à des règles strictes. Le code minier prévoit notamment des restrictions concernant les cours d’eau, les forêts classées, les parcs nationaux, les zones d’habitation, les villages et les cimetières.
Abordant la question de la légalité des activités minières, le sous-préfet a précisé qu’à sa connaissance, aucun permis d’exploitation minière n’avait encore été délivré dans la sous-préfecture de Soubré, contrairement à Grand-Zattry, où opèrent des sociétés légalement constituées.

Il a ainsi mis en garde contre toute exploitation en dehors des limites géographiques fixées par une autorisation officielle. Selon lui, un opérateur titulaire d’un permis à Grand-Zattry ne peut s’en prévaloir pour mener des activités dans une autre localité.
Le sous-préfet a également rappelé que les exploitants légalement autorisés sont tenus de respecter un cahier des charges, notamment en matière de protection de l’environnement et de restauration des sites après exploitation. Il a indiqué que les permis artisanaux sont délivrés pour deux ans renouvelables, tandis que ceux relatifs à l’exploitation semi-industrielle le sont pour quatre ans renouvelables.
Le respect de ces obligations, a-t-il souligné, constitue une différence fondamentale entre une exploitation légale encadrée et une activité clandestine.
Dans le cadre du renforcement de la lutte contre l’orpaillage illégal, Coulibaly Zana a exhorté les chefs de village à signaler aux autorités compétentes toute activité suspecte sur leur territoire, notamment l’installation de dragues sur les cours d’eau. Il a averti que les responsables locaux qui choisiraient de fermer les yeux sur ces pratiques pourraient être tenus de répondre de leur attitude, tout en assurant que ceux qui signalent les activités illégales bénéficient de la protection de l’État. « Nul n’est au-dessus de la loi », a-t-il rappelé, invitant les participants à faire preuve de responsabilité et de vigilance.
Le sous-préfet a enfin annoncé que, conformément aux instructions du Conseil national de sécurité, les préfets disposent d’un délai de six mois pour mettre fin à l’orpaillage illégal. Il a également fait état d’un moratoire sur la délivrance de nouvelles autorisations pendant cette période.
À travers cette séance de sensibilisation, les autorités administratives entendent renforcer la collaboration entre l’État, les chefs traditionnels et les populations afin de préserver les cours d’eau, protéger l’environnement et mettre durablement un terme à l’exploitation aurifère clandestine dans la sous-préfecture de Soubré
Méité







































































