Depuis le 18 septembre 2026, les lycéens français sont en colère contre le gouvernement et le président français Emmanuel Macron. Partie depuis les territoires d’outre-mer, notamment à Cayenne en Guyane plus précisément au Lycée Félix Éboué, la révolte des lycéens français s’est propagée en Hexagone et depuis lors, ne baisse pas d’intensité.
Au cœur des revendications lycéennes, il y a d’abord, les conditions d’études difficiles avec des classes vétustes, délabrées et insalubres ; le manque de tables-bancs, de chauffage en hiver et de moyens de ventilation pendant la canicule, etc.
Ensuite, on dénombre des problèmes académiques, liés au manque de professeurs, aux emplois du temps surchargés et inadaptés, etc.
Enfin, il y a des questions structurelles, notamment l’outil d’orientation Parcoursup, accusé de rejeter les élèves ayant eu le Bac et venant de quartiers difficiles ou du moins de les orienter vers des filières moins valorisantes.
Cette révolte des lycéens, comme un feu de brousse, est en train de gagner d’autres secteurs. En effet, les étudiants ont rejoint la contestation et les gilets jaunes comptent leur apporter leur soutien en organisant des marches et meetings de soutien, face à un pouvoir qui semble dans l’incapacité d’apporter des réponses courageuses et concrètes aux manifestants.
Dans la réalité, cette mobilisation exceptionnelle de la jeunesse française est l’expression de son désarroi et d’une bonne partie des Français face à un avenir incertain, avec une économie en berne et une société en manque d’imagination face à la bascule actuelle du monde.
En effet, ne nous y trompons pas, la France et de nombreux pays occidentaux, traversent une crise profonde à trois niveaux.
En premier lieu, cette crise est d’abord économique. Le modèle capitaliste et ultra-libérale qui marchandise toutes les transactions et interactions humaines, est à bout de souffle. Car, les principes mis en place pour le gouverner et l’entretenir se heurtent à la montée de nouvelles puissances qui mettent à mal ce système mondial impérial au profit de l’Occident. C’était valable et tenable quand l’Occident concentrait le cœur des activités commerciales et industrielles mondiales. Aujourd’hui, le centre de gravité de l’activité économique mondiale s’est déplacé en Orient avec la montée de la Chine. L’Occident est face à la nécessité de se réinventer pour ne pas disparaitre. D’où, la méthode à la Trump qui veut imposer son diktat par la force à travers des guerres et des surtaxes douanières.
En deuxième lieu, cette crise est sociétale. En effet, le capitalisme et l’ultralibéralisme régnants ont consacré l’individualisme comme étant le moyen absolu de réaliser le bonheur de l’individu. L’individu étant dorénavant libre de ses choix au mépris de tout bonheur dans un cadre communautaire et collectif. Les structures mises en place par les États devant suppléer la communauté pour rendre ce bonheur effectif.
Or, lorsque les crises perdurent et que l’État n’a plus de ressources pour faire face à ses obligations vis-à-vis de ses citoyens, l’individu n’a plus de recours, voire de filet de sauvetage en tant que tel. Il est obligé d’avoir paradoxalement recours à des communautés caritatives organisées (ONGs, associatives religieuses, fondations, etc.), voire son cercle familial.
En troisième lieu, cette crise est écologique. En effet, le modèle de production du capitalisme et de l’ultralibéralisme régnants exploite les ressources naturelles comme si celles-ci sont inépuisables. Voilà qu’il aujourd’hui est confronté à la réalité de la finitude de ces ressources. Pourtant, malgré les alertes incessantes, des puissances mondiales, notamment les États-Unis sous Donald Trump refusent l’évidence et continuent une exploitation à outrance des ressources naturelles non renouvelables.
À tout cela, s’ajoute l’Intelligence artificielle dont l’usage va bouleverser profondément la vie à tous les niveaux, avec des conséquences non encore prévisibles.
En clair, le monde est à un point de bascule qui suscite beaucoup d’incertitudes. Le désarroi de la jeunesse française est aussi celui de la jeunesse mondiale. Il ne sera pas étonnant que cette révolte se propage dans de nombreuses parties du monde, avec une GEN’Z qui veut prendre son destin en mains face à la vieille garde qui refuse d’écouter ses inquiétudes, de se réformer et d’entamer les réformes nécessaires.
Dr. Nurudine OYEWOLE
Expert-consultant en Communication
Expert en coopération transfrontalière. Analyste politique






































































