Le Parc des Expositions d’Abidjan accueille, depuis ce lundi 05 octobre jusqu’au mercredi 07 octobre prochain, la première édition des Journées foncières d’Abidjan (JFA 2026). Placé sous le haut patronage du Vice-Premier Ministre Téné Birahima Ouattara, ce forum international réunit plus de 2 000 experts, ministres et partenaires au développement autour du thème : « La sécurisation foncière, facteur de cohésion sociale et levier pour l’investissement productif, la création d’emplois et le développement durable ».
Bruno Nabagné Koné, ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, a rappelé dans son discours d’orientation la dimension profondément humaine et sacrée de la gestion des terres en Afrique. Loin des simples considérations techniques, le ministre a d’emblée recentré le débat foncier sur sa réalité sociologique et culturelle.
« Chez nous, mais ailleurs aussi, la terre n’est pas seulement un facteur de production. La terre, c’est un patrimoine, c’est une identité. C’est là que nos cordons ombilicaux sont enterrés, et c’est là qu’un jour, nous serons sans doute nous-mêmes enterrés. Et cette terre est malheureusement encore trop souvent une source de conflits », a rappelé le ministre Bruno Koné.
Selon lui, c’est précisément pour désamorcer ces tensions que l’État ivoirien, sous l’impulsion du Président de la République, Alassane Ouattara, a fait de la sécurisation foncière, via l’Agence foncière rurale (Afor), un pilier de sa politique nationale. Cette stratégie s’est avérée payante. En effet, a relevé Bruno Koné, une évaluation indépendante menée en 2025 révèle que les conflits fonciers ont reculé de 30 % en Côte d’Ivoire.
« Sécuriser la terre, c’est moins de contentieux, plus de sérénité dans nos villages et nos villes, et plus de confiance pour ceux qui investissent », a-t-il insisté. Face aux délégations venues du monde entier, et alors que le Sénégal est célébré comme le pays à l’honneur de cette édition, le ministre a lancé un appel solennel à la mutualisation des stratégies juridiques, institutionnelles et technologiques sur le continent.
« Au-delà des expertises propres à chacun de nos pays, nous pensons qu’apprendre de l’expérience de l’autre et s’en inspirer, c’est se donner les moyens d’aller plus vite et plus loin […]. Oui, nous ne gagnerons rien à vouloir chacun réinventer la roue », a-t-il martelé sous les applaudissements des participants.
Le premier responsable de l’agriculture ivoirienne a rappelé l’immensité du chantier ivoirien, qui vise à terme la sécurisation de 23 millions d’hectares, la délimitation de 9 000 localités et la délivrance d’1,5 million de certificats fonciers et de contrats agraires. Il a salué la progression fulgurante des réalisations depuis 2017, avec notamment 5 786 villages délimités et 68 000 certificats fonciers déjà distribués.
Durant trois jours, a-t-il relevé, plus de 2 000 participants, professionnels du foncier, société civile, partenaires au développement, monde académique, organisations professionnelles agricoles et secteur privé « partageront leurs expériences et battront des voies et moyens de construire une Afrique plus pacifique et plus prospère par un accès équitable et juste à la terre et un usage plus efficace et plus durable de cette ressource limitée ».
Cheikh Diba, ministre de l’Économie et du Plan du Sénégal, pays à l’honneur de cette édition, a témoigné la gratitude de son Président Bassirou Diomaye Faye aux autorités ivoiriennes pour l’honneur fait à son pays. Il a signifié que le Sénégal ne vient pas à ces journées en donneur de leçons, mais plutôt pour un partage d’expériences. Les JFA se poursuivent jusqu’au 7 octobre autour de cinq temps forts, dont le Salon du foncier et la table ronde des Ministres africains.







































































