À Soubré, la sécurité et la santé au travail dans la filière cacao ne sont plus perçues comme de simples obligations sociales. Elles deviennent progressivement un levier stratégique de durabilité pour les entreprises du secteur. Depuis ce mardi 19 mai 2026, responsables gouvernementaux, acteurs du privé, coopératives agricoles et partenaires techniques participent à un atelier de partage d’expériences autour de l’approche WIND, initiée par le projet ACCEL Africa de l’Organisation internationale du Travail (OIT), dans le cadre de la lutte contre le travail des enfants.
Au cœur des échanges, l’intégration de cet outil de prévention de la santé, de la sécurité au travail et du travail des enfants dans les politiques de durabilité des entreprises engagées dans la chaîne d’approvisionnement du cacao.
L’objectif affiché est de promouvoir des solutions simples, participatives et adaptées aux réalités locales afin d’améliorer les conditions de travail des producteurs tout en réduisant les risques liés aux activités agricoles.
Pour KOFFI Paul Agenor, coordonnateur du projet ACCEL Africa, le projet met un accent particulier sur la prévention des risques professionnels en milieu rural à travers l’outil WIND, développé par le Bureau international du Travail. « À travers ce projet, nous mettons l’accent sur la prévention de la santé et sécurité au travail dans les milieux ruraux à travers un outil appelé WIND, qui est un outil de référence du BIT. Il consiste à prévenir les risques dans les champs, dans les plantations, mais également dans les communautés rurales, c’est-à-dire dans le cadre de vie dans les villages », a-t-il précisé.
Pour lui, l’enjeu de cet atelier est aussi de favoriser une appropriation concrète de l’outil par les entreprises.
Innovante et participative, l’approche WIND aide les travailleurs agricoles à identifier eux-mêmes les risques auxquels ils sont exposés et à mettre en place des solutions simples, économiques et adaptées à leur environnement.
Le Conseiller Technique Principal du Projet ACCEL Africa, Minoru Ogasawara, a insisté sur la portée pratique de cette approche. « Nous aurons l’occasion au cours de cet atelier de partager les expériences concrètes d’amélioration réalisées sur le terrain, les innovations développées par les producteurs ainsi que des témoignages de coopératives et de pairs formateurs », a-t-il indiqué.
A l’entendre, WIND constitue aujourd’hui un outil stratégique reliant plusieurs enjeux majeurs de la filière cacao. S’adressant directement aux entreprises qui s’approvisionnent en cacao, il a souligné que l’approche WIND pourrait compléter les programmes déjà existants dans les domaines de la qualité, de la traçabilité et de la conformité sociale. « L’approche WIND peut compléter ces efforts en intégrant une dimension essentielle, c’est-à-dire la sécurité et la santé au travail. Elle peut ainsi devenir l’un des éléments très concrets de vos programmes d’appui aux coopératives et aux producteurs tout en contribuant à réduire les risques de travail des enfants », a-t-il affirmé.
Cette vision semble déjà convaincre plusieurs acteurs du secteur privé présents à Soubré.
C’est le cas de Maxime Abbé, représentant de la Confédération générale des entreprises de Côte d’Ivoire, qui voit dans cette initiative une opportunité de modernisation des pratiques en entreprise.
« Nous apprécions cette approche de l’OIT qu’est le WIND, qui nous permettra d’intégrer de nouveaux mécanismes de santé et sécurité au travail ainsi que de nouvelles pratiques pour permettre à nos entreprises d’être de plus en plus productives », a-t-il déclaré.
Au-delà des zones rurales, il estime que les entreprises urbaines ont également besoin de renforcer leurs compétences sur les questions de santé et sécurité au travail.
« Les pratiques sont certes bonnes mais il faut des pratiques encore meilleures et des pratiques qui s’inscrivent dans la durabilité. Cet atelier est pour nous une aubaine de nous inspirer de ce modèle et voir comment l’intégrer à nos grandes entreprises », a ajouté Maxime Abbé.
Pendant trois jours, les participants alterneront panels, visites de terrain et échanges d’expériences dans plusieurs communautés agricoles bénéficiaires du projet.
À travers cet atelier, l’OIT et ses partenaires espèrent faire du WIND un véritable outil de référence pour renforcer durablement la sécurité et la santé au travail dans la chaîne d’approvisionnement du cacao en Côte d’Ivoire.
Méité Yacouba





































































