Suite à la suspension du 12e congrès ordinaire de l’union nationale des journalistes de Côte d’Ivoire par la justice, le président du conseil d’administration de l’Union Bertin N’Guessan convoquait le 23 février, un congrès extraordinaire pour le 25 février 2025.
À l’ordre du jour unique figurait « l’analyse approfondie et l’examen de la crise actuelle au sein de l’Unjci, ainsi que les décisions et mesures à prendre pour le rétablissement de l’ordre statutaire, de la cohésion et de la stabilité de l’Union ».
Le jour J, les congressistes se sont rendus massivement au siège de l’Union. Avant d’avoir accès au site, ils ont été enregistrés dans un premier temps au grand portail. Puis une seconde fois à l’entrée de la salle du congrès.
À l’extérieur, la présence de gros bras, mais aussi de policiers et de gendarmes, donnait déjà le ton d’une rencontre sous tension.
Initialement prévue pour 8 heures, la séance n’a finalement débuté qu’à 11h20, dans un climat particulièrement tendu.
Dans son propos liminaire, Bertin N’Guessan a d’abord présenté ses excuses pour le retard, expliquant qu’ils attendaient l’arrivée de certains confrères venant des villes de l’intérieur. Il a ensuite justifié la tenue du congrès extraordinaire par la gravité de la crise que traverse l’Union nationale des journalistes de Côte d’Ivoire (UNJCI).
Selon lui, l’organisation traverse « une zone de turbulences très grave » qui pourrait lui faire perdre le contrôle de son fonctionnement. Il a estimé que les risques, à la fois fonctionnels et judiciaires, imposent une réaction fondée exclusivement sur les statuts.
S’appuyant sur l’article 15 des statuts, le président du Conseil d’administration a défendu la primauté des statuts sur le règlement intérieur. « En cas de contradiction, ce sont les statuts qui s’appliquent », a-t-il insisté.
Il a évoqué la paralysie du Conseil exécutif, dont des membres figurent sur des listes concurrentes — celle conduite par Marie-Laure N’Goran et celle de Franck Ettien — tandis que d’autres ne figurent sur aucune liste. Cette situation constituerait, selon lui, une « démission collective de fait », rendant impossible toute décision collégiale.
À l’en croire, l’impossibilité de fonctionnement normal des organes rendait nécessaire une décision urgente afin d’assurer la continuité des instances, dont les mandats arrivaient à expiration le 26 février à minuit. Il a invoqué le principe de continuité des institutions, applicable même aux associations privées.
Il a conclu en déclarant officiellement ouvert le congrès extraordinaire.
Après ses propos luminaires, Bertin N’guessan a souhaité qu’on passe immediatement au vote.
Ce qu’une partie de l’assemblée a refusé. Provoquant un brouhaha généralisé, l’atmosphère devenant de plus en plus confuse et bruyante.
Pour calmer le jeu, des gendarmes sont alors intervenus.
Face à la situation, Jean Claude Coulibaly est venu demander à Bertin N’guessan d’écouter les préalables.
Ce qu’il fit, en donnant la parole à certains intervenants afin qu’ils puissent exposer leurs positions.
Prenant à prendre la parole, le journaliste Jean Prisca a estimé que puisqu’il s’agit d’un congrès. Le conseil d’administration devait mettre un bureau du congrès en place pour diriger les travaux. Soumettre l’ordre du jour à l’appréciation des congressistes.
Quant à Eric Goré, il s’est étonné que des gens qui disent ne pas avoir le temps, soit nombreux à l’AGE. Il a invité le conseil d’administration à prendre ses responsabilités, face aux cafouillages.
Le journaliste Jérôme N’dri a évoqué l’irrégularité même de la convocation. Le congrès extraordinaire a été convoqué sur la base de l’article 15 des statuts. Or, insiste-t-il, les articles 3 et 4 précisent clairement les conditions dans lesquelles un tel congrès peut être organisé.
Solange Aralamon, membre du conseil exécutif de Jean Claude Coulibaly, actuellement proche de Marie Laure N’goran a estimé que les membres du conseil exécutif n’ont pas démissionné.
Pour elle, ce qui a été soulevé comme argument pour convoquer le congrès extraordinaire n’est pas exact. Car, a l’en croire, des réunions ont été convoquées. Mais elles ont été ensuite annulées. Donc d’où vient il le fait que les membres ont démissionné.
Comme réponse à Jean Prisca, Bertin N’guessan a soutenu que le conseil pouvait faire le travail, sans mettre en place un bureau du congrès….
A Solange aralamon, Bertin N’guessan a répondu que « du moment où une partie des membres du conseil exécutif est du côté de Franck Ettien et une autre avec Marie Laure. Il y a une démission de faite. La prise de décision collégiale est impossible ».
A Jérôme N’dri, Bertin a répondu que » Dans toute association, les Statuts prévalent sur le Règlement intérieur ».
Ces propos ont soulevé du brouhaha, car on sentait un forcing, des décisions unilatéral en l’air
C’est dans ce contexte de désordre que le président de séance a lancé d’un trait la question suivante :« Quels sont ceux qui sont pour le maintien du mandat de JC ? »
Immédiatement, ses partisans notamment les membres de la liste de Franck Ettien se sont levés et ont applaudi. Tandis que la majorité était assis.
Sans procéder à un comptage formel, sans organiser un vote clair et surtout sans donner la parole ni la possibilité au camp opposé — notamment les partisans de MLN de se prononcer à leur tour par un vote à main levée, il a déclaré que « la majorité a voté » et que la décision était acquise.
Aucune consultation équivalente n’a été organisée pour permettre à l’autre camp d’exprimer officiellement sa position. Il n’y a pas eu d’appel à ceux qui étaient contre, ni de vérification contradictoire du vote. La conclusion a été annoncée de manière unilatérale, mettant fin au débat sans procédure équilibrée.
Cette manière de procéder a immédiatement provoqué une vive contestation. Le sentiment d’un passage en force a accentué la tension. La séance s’est alors totalement envenimée : échanges houleux, protestations, départs de la salle.
En quelques instants, la situation a dégénéré et la réunion s’est terminée dans le désordre le plus complet.
Les gendarmes ont été obligés de les évacuer.
Tandis que la salle était évacuée, l’huissier prenait les avis des candidats, du PCO…. Dehors, certains accordaient des interviews.
Dans la salle, le Directeur de campagne de La Team mln a ensuite animé un point de presse.
Pour Félix bony, « Si le Conseil exécutif a démissionné de fait, qui proroge-t-on ? Un organe qui n’existe plus ? » interroge-t-il. « Il faut que l’enfant soit né pour qu’on lui donne un nom. »
« À partir de ce soir, à zéro heure, les instances de l’UNJCI n’existent plus. Il n’y a plus de Conseil d’administration. Il n’y a plus de Conseil exécutif. Il n’y a plus de Comité des sages », a tranché Félix Bony.
Dans la soirée, Bertin N’guessan a produit un communiqué dans lequel, il annonçait la prorogation du mandat des instances.
Entre temps, Ils ont demandé à la justice de proroger le mandat du CE et du CA. La justice a dit qu’elle n’est pas compétente. La justice a reporté le congrès. Elle a dit qu’elle ne peut établir l’autorité, et a refusé de valider leur mascarade.
Fulbert Yao




































































