Installés dans la loge ou les gradins Very important person (Vip) ou encore sur un coin de l’espace revêtu de tartan, les yeux rivés vers les jumbotrons (écrans géants), pétrussiennes et pétrussiens (habitants de San Pedro) se trouvaient comme transportés au Lincoln financial field de Philadelphie, après avoir pris le stade Laurent Pokou d’assaut. Vu la ferveur, on aurait pu même dire que c’est ce stade américain ou se disputait le match Côte d’Ivoire – Equateur, qui s’est délocalisé sur le site du mythique stade de la ville balnéaire où une fan zone à été aménagée par la délégation régionale de l’Office national des sports (Ons). Cela, en vue de la retransmission en direct des matchs de la coupe du monde 2026.
Les supporters pétrussiens étaient pris entre désespoir et espoir quant à la victoire des éléphants, au terme de ce premier match de poule qui s’est avéré assez difficile pour les pachydermes, très emballé avec tout les rebondissements que son déroulement a connu. Mais par la suite, le stade Laurent Pokou s’est transformé en un véritable showtime du mondial. Grâce au but salvateur inscrit à la 89e minute par Amad Diallo, les près de 1500 supporters réunis dans la fan zone ont vécu une explosion de joie digne des plus grandes soirées de football. En effet, c’était comme si le temps s’était arrêté pendant quelques secondes. Puis, lorsque le ballon a franchi la ligne, une immense clameur a déferlé dans l’enceinte sportive. Cris de joie, chants, danses, avec à la clé, la mise en onde, par le disc joker (Dj), des titres « coup du marteau » de Tam Sir et « In da club » du rappeur américain 50 Cent. Ces titres qui retissaient dans les hauts parleurs du stade étaient repris en chœur par la foule en liesse et dans l’allégresse.

Venus des différents quartiers de San Pedro et même des localités environnantes, les supporters ont convergé massivement vers la fan zone. Objectif communier autour de leur équipe nationale. Malgré la saison des pluies et l’éloignement du stade du centre-ville, l’engouement populaire n’a cessé de croître au fil des heures.
Pour Kouadio Koffi Jacques, directeur du stade Laurent Pokou, cette mobilisation est la preuve du succès de l’initiative mise en place par l’Ons, après l’expérience réussie des villages Can.
« Après la Can, nous avons voulu offrir aux populations une nouvelle occasion de vivre les grandes émotions du football. Nous diffusons tous les matchs de la coupe du monde avec une attention particulière pour ceux des éléphants », explique le directeur du stade Laurent Pokou.
Afin de recréer les sensations d’un véritable stade, poursuit-il, la délégation régionale de l’Ons qu’il dirige, a aménagé des espaces Vip et grand public avec des sièges installés autour de la pelouse. L’objectif est clair : permettre aux supporters de vivre chaque rencontre comme s’ils étaient présents dans les stades américains qui accueillent la compétition.
Autre particularité qui séduit les populations : l’accès à la fan zone de San Pedro est entièrement gratuit, contrairement à certains autres sites du pays. Les spectateurs profitent également d’animations musicales assurées par des Disc joker, d’espaces de restauration et de nombreuses activités festives.
À en croire M. Kouadio, un public assez massif fréquente déjà régulièrement la fan zone. Mieux, le salon Vip affiche complet plusieurs jours à l’avance. Avec une capacité de 20 000 places, les organisateurs nourrissent désormais l’ambition de faire le plein du stade Laurent Pokou, lors des prochaines sorties des Éléphants.
Des caravanes et parades sillonnent les rues de San Pedro afin de mobiliser les supporters autour de l’événement et attirer davantage de monde.
La sécurité n’est pas en reste. Gendarmerie, police et agents de sécurité privée veillent au bon déroulement de l’évènement grâce à un dispositif renforcé et à un contrôle rigoureux des accès.
De son côté, Traoré Yaya, directeur régional des Sports de San Pedro, rappelle que cette initiative s’inscrit dans une stratégie nationale impulsée par le ministère des Sports, à travers l’Office national des sports (Ons).
« L’objectif est de permettre à tous les ivoiriens de suivre les matchs des éléphants dans les meilleures conditions, notamment pendant cette période de pluies. Des fan zones similaires ont été déployées autour des infrastructures sportives de plusieurs villes comme Bouaké, Korhogo, Yamoussoukro et Abidjan », souligne-t-il.
Si le concept de fan zone existait déjà, les nouvelles infrastructures héritées de la Can ont donné une nouvelle dimension à cette expérience populaire. Les rencontres des éléphants demeurent la priorité des programmations, avec des horaires adaptés pour permettre aux travailleurs de ne rien manquer des exploits de leur sélection.
Après cette première sortie des éléphants marquée par le but héroïque et libérateur d’Amad Diallo et l’incroyable ferveur populaire observée dans la cité balnéaire, une certitude s’impose : la Coupe du Monde 2026 se vit aussi intensément en Côte d’Ivoire qu’à des milliers de kilomètres des terrains américains.
Marcelin KLA






































































