La Côte d’Ivoire veut désormais compter dans la conquête et l’exploitation de l’espace. Et elle entend s’en donner les moyens. C’est le message fort porté par Téné Birahima Ouattara, vice-Premier ministre, ministre de la Défense, au premier Sommet international sur l’Espace qui s’est tenu les 9 et 10 septembre au Grand Palais, à Paris. Mandaté par le Président de la République, Alassane Ouattara, il a présenté à cette importante tribune internationale les grandes orientations de la Côte d’Ivoire dans ce secteur appelé à jouer un rôle croissant dans les économies et les politiques de sécurité.
Près de 90 pays et organisations internationales ainsi que plus de 1 100 entreprises spécialisées dans le secteur spatial ont pris part à cette rencontre mondiale. Science et exploration, gouvernance et régulation, économie spatiale, sécurité et défense ont constitué les principaux axes de réflexion de ce rendez-vous consacré aux grands enjeux de l’espace.
À Paris, la Côte d’Ivoire n’est donc pas venue en simple observatrice. Elle a clairement affiché ses ambitions. « La Côte d’Ivoire considère désormais le secteur spatial comme un véritable levier de transformation et de développement », a déclaré Téné Birahima Ouattara devant les participants.

Cette orientation s’inscrit, selon lui, dans la dynamique du Plan national de développement (PND) 2026-2030. « Nous entendons faire du spatial l’un des piliers de notre stratégie de développement », a-t-il annoncé.
Pour le représentant du chef de l’État, l’enjeu est de transformer les technologies et les services spatiaux en solutions concrètes pour les populations et pour l’économie nationale. La Côte d’Ivoire veut notamment s’appuyer sur les infrastructures spatiales pour améliorer la connectivité du territoire, accroître la productivité agricole, renforcer la gestion du territoire et mieux protéger l’environnement et la biodiversité.
Une approche qui traduit, à l’évidence, une nouvelle perception du spatial. Pour le gouvernement ivoirien, il ne s’agit plus d’un domaine réservé aux grandes puissances technologiques. « Pour nous, le spatial n’est donc pas seulement une question de technologie. C’est aussi une question de développement, de souveraineté et d’opportunités économiques », a soutenu le vice-Premier ministre.
Dans cette perspective, Abidjan veut mobiliser davantage le secteur privé et attirer les investissements. Le développement de partenariats public-privé figure ainsi parmi les leviers privilégiés pour accélérer l’émergence d’un écosystème spatial ivoirien.
Mais au-delà des infrastructures et des investissements, la question des compétences demeure centrale. La Côte d’Ivoire entend, à ce niveau également, prendre les devants. « Investir dans notre capital humain » constitue une priorité, a indiqué Téné Birahima Ouattara. La formation d’une « masse critique de compétences ivoiriennes dans le domaine spatial » devrait ainsi ouvrir de nouvelles perspectives de coopération avec les partenaires internationaux.
Le spatial ne se limite toutefois pas aux questions de développement économique et scientifique. Il constitue également un enjeu majeur de souveraineté et de sécurité. Ministre de la Défense, Téné Birahima Ouattara a particulièrement insisté sur cette dimension.
La Côte d’Ivoire souhaite ainsi renforcer sa coopération avec le Commandement de l’espace français, notamment dans la formation des militaires à l’utilisation des infrastructures, produits et services spatiaux. Il s’agit également de renforcer les capacités opérationnelles des Forces armées ivoiriennes, aussi bien en matière d’infrastructures que d’équipements.
L’objectif est clairement affiché : permettre aux forces ivoiriennes de mieux exploiter les capacités offertes par le spatial au service de la sécurité et de la défense nationale.
Une ambition qui intervient alors que la Côte d’Ivoire reconnaît être encore un nouvel acteur dans ce domaine. Mais pour le représentant du Président Alassane Ouattara, cette situation ne saurait constituer un frein. « Elle entend être un acteur engagé, crédible et durable », a-t-il assuré.
La présence ivoirienne à Paris répond donc à une démarche précise. Il s’agit pour Abidjan de s’inspirer des expériences internationales, de nouer des alliances et de mobiliser les compétences nécessaires afin de bâtir progressivement sa propre stratégie spatiale.
« Nous sommes donc ici pour apprendre, pour construire des partenariats et surtout pour transformer les opportunités offertes par le spatial en résultats concrets pour notre pays », a conclu Téné Birahima Ouattara.
La deuxième journée du sommet a également été marquée par l’intervention du président français Emmanuel Macron. Face à la multiplication des satellites et au développement rapide des activités spatiales, le chef de l’État français a plaidé pour une gouvernance internationale renforcée.
Il a estimé qu’une « gouvernance partagée était nécessaire », considérant que les données spatiales « ne peuvent être la proie d’un seul pays ». Emmanuel Macron a, dans cette logique, appelé à la tenue d’une conférence destinée à établir une feuille de route claire sur la coordination du trafic spatial.
À l’ouverture du sommet, le président français avait par ailleurs annoncé 20 milliards d’euros de contrats en faveur de l’Europe spatiale.
Fulbert Yao






































































