Appelez-la désormais spécialiste en surveillance d’unités de soins. Ce vendredi 6 mars 2026, la sage-femme diplômée d’Etat, Estelle Kouamé Amenan, par ailleurs secrétaire générale nationale du Syndicat national des diplômés en soins infirmiers et obstétricaux de Côte d’Ivoire (Synadsio-CI), a soutenu, dans les locaux de l’INFAS (l’Institut National de Formation des Agents de Santé) à Abidjan-Treichville, avec brio son diplôme de spécialité.
Elle a obtenu la mention honorable avec une note de 18/20. Son mémoire a porté sur le thème : « Quel profil de carrière incitatif pour les infirmiers, infirmières, sages-femmes et maïeuticiens diplômés d’Etat de Côte d’Ivoire : Etudes réalisées au Chu de Yopougon».
Dans son travail, Estelle Kouamé s’est penchée sur la question de l’application du système Licence-Master-Doctorat (LMD) dans la formation des infirmiers et sages-femmes en Côte d’Ivoire. Elle a notamment relevé qu’à l’INFAS, ce dispositif peine encore à être pleinement effectif. Et propose des pistes, pour un profil de carrière incitatif.
«Jusqu’à preuve de contraire, au sein des infirmiers et infirmières sage-femme, il n’y a pas encore un véritable diplôme de master qui est signé par l’université qui puisse nous permettre, nous, de faire un travail de recherche, d’aller jusqu’au doctorat, parce que notre objectif, notre rêve, c’est de voir un jour le tout premier docteur en soins infirmiers et obstétriques formé par l’État de Côte d’Ivoire», a-t-elle indiqué, en marge de sa soutenance.
Estelle Kouamé s’est dite également heureuse de sa distinction. Selon elle, son mémoire « constitue désormais un support important » qui lui permettra de se « présenter devant les autorités » lors des revendications ».
Le mémoire a eu pour directeur Kpan Mouty, inspecteur des soins infirmiers et Bamba sindou, co-directeur.
Interrogé en marge de la cérémonie, Kpan Mouty a souligné que l’engagement syndical doit avant tout viser l’amélioration des conditions de vie et de travail des agents de santé.
Selon lui, cette amélioration passe notamment par une meilleure prise en compte des profils de carrière. « Nous avons estimé qu’il était important de venir devant notre école de base pour lui proposer notre vision de l’évolution de la carrière professionnelle. Aujourd’hui, la soutenance s’est bien déroulée et nous avons obtenu la mention honorable. Nous pensons être sur la bonne voie. Ce document, issu de notre réflexion, sera amélioré et soumis à l’administration centrale afin que, tous ensemble, nous puissions contribuer à l’amélioration de la qualité des soins », a-t-il déclaré.
Parrain de la soutenance, Théodore Zadi Gnagna, président de la Confédération syndicale Plateforme nationale des travailleurs de Côte d’Ivoire, s’est dit particulièrement fier du parcours de la récipiendaire.
Selon lui, cette réussite démontre qu’il est possible de concilier engagement syndical et excellence professionnelle.
« On peut être syndicaliste, se battre pour l’ensemble des travailleurs tout en travaillant à améliorer ses compétences et progresser dans l’administration », a-t-il affirmé. Pour lui, le parcours d’Estelle Kouamé illustre parfaitement cette double exigence.
Il a aussi insisté sur le lien étroit entre l’amélioration des conditions de travail et l’engagement professionnel des agents. À l’en croire, les revendications syndicales doivent aller de pair avec la qualité du travail fourni afin d’impacter positivement le service public, notamment dans le domaine de la santé.
S’agissant des retombées du travail scientifique présenté, Zadi Gnagna a indiqué que le mémoire restera dans les bibliothèques de l’INFAS, tout en précisant que ses conclusions pourraient nourrir l’action syndicale.
« Notre rôle sera de transformer les résultats scientifiques de cette réflexion en propositions concrètes dans les négociations syndicales, notamment pour une meilleure définition des profils de carrière des infirmiers et sages-femmes », a-t-il expliqué.
Il a enfin souhaité que cet exemple inspire d’autres syndicalistes à poursuivre leurs études et à renforcer leurs compétences, afin de contribuer collectivement à l’amélioration des conditions de travail des agents.
Fulbert Yao





































































