Il est présent sur tous les champs de batailles. Le drone est devenu en quelques années seulement une arme de guerre indispensable. Un outil de la puissance technologique. Impossible d’évoquer la guerre USA-Afghanistan sans évoquer le drone Reaper, la guerre contre le terrorisme au Sahel sans citer le drone Bayraktar et récemment la guerre en Iran sans le drone Shahed. Le cas le plus révélateur est sans doute la guerre russo-ukrainienne avec les drones FPV, assemblés et moins chers qui ont changé le cours de la guerre. Un drone est désigné comme un véhicule aérien sans humain à bord d’où l’expression anglaise, « Unmanned Aerial Vehicle ». Ce sont des appareils volants, terrestres ou amphibies sans équipage et dont le pilotage est automatique ou télécommandé.1 Dans les champs de bataille, les soldats ont, de plus en plus, recours aux drones. Le plus développé, le drone aérien, a connu un succès éclatant.
Du renseignement à une arme pour tuer
A l’origine, le drone aérien a été utilisé pour des missions de reconnaissance. Équipé de caméras, il a servi à la collecte d’informations allant là où les sources humaines ne pouvaient avoir accès. Le drone a servi avant tout à des buts de renseignement militaire. Par la suite, il sera équipé d’arme, des grenades ou de petits missiles. C’est en Afghanistan durant l’occupation américaine que le drone abat sa toute première cible humaine mais c’est durant la guerre du Vietnam que les USA investissent dans le tout premier programme de drone de reconnaissance, utilisé pour contrer les missiles sol-air soviétiques.
Réduction des pertes humaines
La guerre russo-ukrainienne a été le champ de bataille qui a propulsé l’usage du drone. Servant toujours à faire du renseignement, le drone a fini par se révéler comme une arme de guerre décisive sur les fronts. Bouleversant même le cours de la guerre. L’armée ukrainienne a considérablement réduit ses pertes humaines en multipliant la fabrication et l’usage des drones aériens.A moindre coût et équipés de missiles, les drones ukrainiens (FPV) ont porté des grands coups à l’ennemi russe, en détruisant des appareils très couteux. Ce fut le cas avec la neutralisation d’un hélicoptère de combat russe KA-52, le 20 mars 2026. Face au succès que rencontre le drone, l’Ukraine va investir davantage dans la multiplication de cet outil pour combler le déficit de ressources humaine et matérielle. Le drone est devenu un multitâches.Capables de faire du renseignement, de transporter des médicaments.
Une gamme variée de drones
Une option qui a changé le cours de la guerre est la diversité des drones.Des usines de fabrication de drones terrestres ont vu également le jour avec la fabrication de robots automatisés. Une capacité de production élevée et une grande adaptabilité sur le terrain entre les différentes unités faisant de l’Ukraine l’une des principales puissances de la « guerre des drones »2.
Les drones FPV sont même devenus l’arme centrale de l’Ukraine, des études sérieuses leur attribuent les actions d’éclat contre la Russie, environ 80% des pertes russes et capables de tenir le front même sans artillerie.
Au Moyen-Orient, le drone naval s’est également révélé comme une arme de dissuasion. L’armée iranienne s’est appuyée sur des drones sous-marins en paralysant le détroit d’Ormuz. Les USA, à leur tour, ont envisagé la libération du détroit en recourant aux drones navals. L’Ukraine a même proposé son aide dans ce sens. Se positionnant comme un joker avec grâce à son expérience et sa technologie pointue de la dronologie.
Le drone est présent dans le Sahel
L’Afrique n’est pas en reste.Le drone s’est incrusté dans le Sahel dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Le drone s’est avéré d’une redoutable efficacité face à l’immensité du territoire. Les armées du Mali, du Burkina et du Niger ont acquis des drones Bayraktar de fabrication turque pour intensifier la lutte contre les groupes terroristes. Les résultats ont été malgré tout satisfaisants.
Les drones sont surtout utiles dans le renseignement et la neutralisation des combattants terroristes qui ont l’avantage du terrain avec une rapide capacité de mobilité.
Au Sahel, la dronisation des opérations a signé en réalité, la prééminence du paradigme de l’anti-terrorisme sur celui de la contre-insurrection. La priorité d’une approche policiaro-sécuritaire.
Avec le drone, « Projeter du pouvoir »
Lors d’un salon de l’armement, à Kiev, le 13 avril 2026, le Président Volodymyr Zelensky affirmait que pour la première fois dans le conflit avec la Russie, « une position ennemie a été prise exclusivement par des plateformes sans pilote, avec des systèmes terrestres et des drones aériens. Les occupants se sont rendus et l’opération a été menée sans infanterie et sans pertes de notre côté. »3 Comme l’affirmait Antoine de Saint Exupéry, « l’homme se mesure face à l’adversité ». C’est un modèle remarquable que beaucoup d’autres armées expérimentent. Les Israéliens développent, en ce moment, un programme pour former une armée de soldats-robots capables de combattre. Une solution face au problème des ressources humaines qui oblige Tsahal à faire recours aux réservistes. En définitive, le drone permet une extension de sa force hors des frontières. Une sorte de verticalité du pouvoir où s’exerce une forme de pouvoir hors-sol dans laquelle chaque individu, chaque maison, chaque rue, même le plus petit évènement sur le terrain peut être surveillé, soumis à des mesures de police ou même détruit depuis le ciel. Réduisant la violence qui pourrait s’exercer dans de tout petits espaces, au lieu de détruire tout un immeuble juste pour élimine run seul individu.
Namidja Touré Essayiste, spécialiste des questions de défense






































































