Le président de la Commission électorale indépendante (CEI), Ibrahime Coulibaly-Kuibiert, a accompli son devoir citoyen ce samedi au lycée Sainte-Marie de Cocody. À l’issue de cet acte, il a fait le point du déroulement du scrutin face aux médias présents, appelant les électeurs à la mobilisation et les candidats à la responsabilité.
Ci-dessous, l’intégralité de son échange:
« Alors, je suis à vous, mais avant, je voudrais vous dire que je viens d’accomplir mon devoir civique. Je suis électeur à Cocody, ici.
J’ai ma carte d’électeur.Je suis rentré dans le bureau de vote. On m’a identifié sous présentation de ma carte d’électeur sur la liste électorale d’ici. Ensuite, on m’a identifié biométriquement.Ce après quoi on m’a remis un bulletin authentifié du sceau ou du paraphe des agents du bureau de vote. Vous avez pu le constater avec moi. Et ensuite, j’ai fait un mouvement vers l’isoloir, comme son nom l’indique, pour m’isoler, pour soustraire de la vue des uns et des autres mon vote qui, par principe, est secret.C’est après quoi je suis revenu mettre mon bulletin dans l’urne pour être computé à l’heure indiquée pour le dépouillement. J’ai donc voté et voilà mon doigt qui en est la preuve. Alors, ceci étant dit, je voudrais encore remercier les électeurs qui sont venus depuis ce matin et leur dire qu’ils ont encore du temps à venir jusqu’à 18 heures pour choisir leurs représentants dans l’hémicycle.

Ne restez pas à la maison. Et après dire, on ne sait pas d’où viennent ces lois. Mais c’est justement, les lois ne sont que les fruits de ceux que vous auriez choisis aujourd’hui.Alors, si vous voulez avoir des bonnes lois, c’est aujourd’hui qu’il faut venir choisir ceux qui en sont les auteurs. Voilà pourquoi j’invite encore la population à venir. Je voudrais aussi lever l’équivoque qui consiste à dire que quand on n’a pas de carte d’électeur, on ne peut pas voter.Ce n’est pas vrai. Quand vous n’avez pas la carte d’électeur, vous avez tout élément d’identification, tel que le récépissé, tel que la carte nationale d’identité. L’obligation qui pèse sur le citoyen, c’est d’être inscrit sur la liste électorale. C’est ça qui est l’obligation. Et la loi dit que la preuve de l’inscription sur la liste électorale se fait par la carte d’électeur. Mais la qualité d’électeur s’obtient par l’inscription sur la liste électorale.C’est quand vous êtes inscrit sur la liste électorale que vous devenez électeur. Et la preuve, c’est la carte. Mais ce n’est pas seulement la carte.

Votre présence biométrique et votre présence physique sur le listing avec photo. Donc si la carte d’électeur, vous la perdez, vous venez avec votre carte d’identité et on va vous retrouver sur la liste électorale qui est la seule obligation qui pèse sur vous et puis vous allez voter.
Alors, et comme vous le constatez, si, occupé que vous étiez, vous n’avez pas pu retirer pendant la période dédiée à la distribution des cartes d’électeur, votre carte d’électeur aujourd’hui est un jour.Vous venez ici, dès que vous dites que vous êtes inscrit sur la liste électorale, les cartes sont disposées, vous allez aller chercher pour avoir votre carte et puis vous allez voter.
Alors, je voudrais dire également au candidat que la loi leur reconnaît le droit d’être présent dans tous les bureaux de vote, soit par leurs représentants, soit eux-mêmes. Ils peuvent être partout. Le candidat peut se promener dans tous les bureaux de vote, dans toutes les commissions locales de sa conscription pour vérifier si les choses se font conformément à la loi. Les représentants que vous choisissez, il est bon de le préciser, il faut que ces représentants vous rendent présent, comme le nom l’indique. Un représentant, c’est celui qui rend présent son mandant.Mais ça veut dire quoi ?
Il faut qu’il ait connaissance de la règle du jeu. J’ai vu à Port-Bouët tout à l’heure le représentant d’un candidat qui n’est même pas électeur. Et qui ne connaît même pas le nom de son candidat dont il est le représentant.
Je l’ai fait sortir parce qu’il n’a rien à voir dans notre opération. Parce que la carte d’invitation à une élection, c’est quoi ? C’est la carte d’électeur. C’est la présence effective sur la liste électorale.Il n’a pas de carte d’électeur parce qu’il considère que l’élection, ce n’est pas sa préoccupation.

Alors pourquoi vous pouvez désigner une telle personne à venir vous représenter dans un bureau de vote ? Il ne vous connaît même pas. Mais il ne veillera pas sur vos intérêts.Voilà pourquoi je vous invite à désigner les personnes qui sont censées être responsables parce que, sachant leur mission, et de l’exécuter de bonne foi.
Ne prenez pas des gens qui ne savent rien de l’élection si ce n’est de commettre tout simplement ou bien de considérer cela comme un acte de commerce. Alors on va me donner 5 000 francs, je viens même, si je ne connais pas.Je lui demande mais qui votre candidat ? Il ne le connaît pas. Il m’a donné un autre nom. Si j’avais été électeur de ce bureau de vote, si je devais voter son candidat, mais c’est une voix qui est perdue. Il ne connaît même pas puisque le nom qu’il m’a donné n’existe pas sur le bulletin. Comment j’aurais fait le choix ? Voilà pourquoi j’invite les candidats à prendre au sérieux les droits qu’on leur donne dans leur exercice.
Ça ne sert à rien de venir s’asseoir quelque part pour dire oui on a triché alors que vous ne rapportiez pas la preuve de ce qu’on a triché. Il faut rapporter la preuve des irrégularités lesquelles sont celles qui affectent la sincérité du scrutin. Une irrégularité simple n’emporte pas annulation.Ce sont celles qui affectent la sincérité et la sincérité c’est la volonté de l’électeur. Est-ce qu’on a voulu tromper l’électeur ?
Si on n’a pas voulu tromper l’électeur, même si c’est une irrégularité, ça n’emporte pas d’ annulation.
Voilà ce que je voudrais dire à l’entame de mes propos.Maintenant si vous avez des questions.

Alors président, à part ce fait que vous avez évoqué tout à l’heure, est-ce qu’il y a d’autres incidents qui vous ont été rapportés ou bien vous avez constaté sur le terrain ?
Oui, il y a quelques petits incidents mais nous sommes tellement habitués à ces choses-là. Vous savez là où il y a la compétition, il y a la passion et là où il y a la passion, il y a moins la raison.Donc il y a des échauffourées mais qui ont été bel et bien maîtrisées par nos agents de force de l’ordre que je félicite encore pour leur professionnalisme sur le terrain.
Alors aujourd’hui, vous avez fait le tour de quelques bureaux de vote, vous avez des représentants à l’intérieur du pays. Si on vous demandait de faire un point global du déroulement du scrutin, on sait que vous trainez à ce que ça se passe très bien.Est-ce qu’aujourd’hui vous pouvez dire à l’heure actuelle que tout se passe bien ?
Bien sûr. Je n’ai même pas envie de dire ça maintenant pour ne pas que des gens trouvent l’occasion de troubler la quiétude des citoyens. Mais pour eux, les choses se passent conformément à la loi.C’est ce qui est le plus important. Mais viendra l’heure des bilans. Nous sommes satisfaits et ce n’est pas parce que nous sommes satisfaits qu’il n’y a pas quelques incidents ça et là. Mais ces incidents sont mineurs au point de ne pas affecter le bon déroulement du processus.

Vous avez marqué un arrêt tout à l’heure dans votre rapport au camp commando. Vous êtes entretenu avec les forces de défense. Est-ce qu’on peut avoir peut-être une idée de ce que vous avez dit, mais un point sur le plan de sécurisation ?
Alors, vous faites bien de me le rappeler. C’est une des étapes qui m’a le plus satisfait, je peux dire. Parce que figurez-vous, quand la commission électorale demande à ce que les citoyens viennent voter et les candidats se tenir bien, c’est une référence faite ici à qui ? A bien entendu aux agents de force de l’ordre et ce sont ceux-là qui mettent en place la sérénité, qui confèrent à notre processus toute sa sérénité, toute sa responsabilité. Et je suis parti moi-même le constater aujourd’hui au PC de Koumassi. Mais nous avons une très bonne séance de travail et ils m’ont démontré premièrement le cadre de leur travail qui est la compétence territoriale.
Et ensuite, le nombre de personnels qu’ils ont, ils ont suffisamment d’éléments pour mener à bien leur mission. Et enfin, toute la logistique qui est mise à leur disposition, qui les satisfait également.
Donc je pars satisfait de cette séance de travail avec les agents de force de l’ordre. Ils sont prêts pour la mission, ils sont dévoués et ce sont des républicains. Et j’en suis satisfait.

A l’intérieur, tout se déroule bien ?
Oui, tout se déroule bien. Mais il y a des incidents, je le dis bien.Il y a des incidents, il y a toujours des petits malins qui viennent contrarier le processus. Mais vous savez, partout il y a quelques petits incidents, l’irrégularité aurait été de laisser perdurer ces incidents.Mais tout est rentré dans l’ordre. A chaque fois qu’il y a un incident, nous venons couvrir l’événement et puis reprendre les choses. Mais il n’y a pas d’incident majeur.Ça, il est bon de le savoir. Et je voudrais encore féliciter la population et féliciter aussi nos agents de force de l’ordre. Et surtout les candidats.Beaucoup d’entre eux sont devenus plus raisonnables et regardent la population voter. Parce que c’est ça, c’est de ça qu’il est question. Le choix.Ils ont proposé un projet, la population a apprécié la pertinence de leur projet et c’est l’occasion pour la population de choisir maintenant celui ou le projet qui les a emballés. Donc c’est ce jour de vote qui est arrivé. Il n’a point besoin de faire du bruit ou de la casse »
Propos retranscrit par Fulbert Yao.







































































