C’est une initiative pour le renforcement de la sécurité sanitaire. Le mardi 5 mai 2026 à Abidjan, une trentaine d’experts venus d’Afrique et d’Europe ont pris part à une réunion de lancement du projet VAXPOX, dédiée à l’étude de l’évolution du Mpox.
La rencontre, organisée à l’Institut Pasteur de Côte d’Ivoire, a réuni jusqu’au 7 mai 2026 des chercheurs et responsables de sept institutions partenaires, dont Institut Pasteur de Paris, le centre Pasteur du Cameroun, l’Institut Pasteur de Guinée, de Bangui et de Madagascar, ainsi que le Centre de recherche médicale et sanitaire du Niger.
Soutenu par la Stavros Niarchos Foundation (SNF) et l’ANRS-MIE, le projet VAXPOX, d’une durée de deux ans réunit plusieurs pays autour d’un objectif central : mieux comprendre la dynamique actuelle du Mpox et accompagner les stratégies de prévention, notamment vaccinales.
Intervenant lors du lancement, le Pr Arnaud Fontanet, responsable scientifique du projet VAXPOX à l’institut pasteur de Paris, a dressé un état des lieux de la maladie. Selon lui, le Mpox a changé de comportement ces quatre à cinq dernières années.

A l’en croire, le Mpox a progressivement quitté son habitat traditionnel pour s’installer dans les zones urbaines, avec une modification importante de ses modes de transmission. Cette évolution serait notamment liée à une transmission interhumaine, dont la voie sexuelle.
Les grandes épidémies observées en 2022 à l’échelle mondiale, puis depuis 2024 en Afrique subsaharienne, ont confirmé cette mutation du virus, désormais présent dans plusieurs régions du continent, de l’Est à l’Ouest. Des pays comme la République démocratique du Congo et le Nigeria sont identifiés comme des foyers majeurs de diffusion, tandis que de nouveaux territoires, dont Madagascar récemment, ont signalé des cas.
Le projet VAXPOX ambitionne, ainsi, donc, selon le Pr Arnaud Fontanet, de documenter cette transformation en profondeur. Les équipes travailleront sur plusieurs axes : le diagnostic biologique et moléculaire ; les analyses sérologiques pour mesurer la circulation réelle du virus dans les populations ; le séquençage génétique pour identifier les différents variants ; et les études phylogénétiques pour retracer la diffusion du virus entre pays.
Des outils innovants permettront également d’évaluer la présence passée du virus dans les populations grâce à la détection des anticorps. Au-delà de la recherche, le projet vise un objectif opérationnel : aider les autorités sanitaires à mieux cibler les stratégies de prévention.

Soulignant l’importance scientifique du projet pour la Côte d’Ivoire, Pr Meité Syndou, directeur de l’institut pasteur de Côte d’Ivoire a rappelé que la maladie est connue depuis les années 1970 et qu’elle circule depuis plusieurs décennies dans le pays, avec des cas observés dans différentes zones forestières, notamment à Abengourou, Daloa et dans le parc de Taï. Il a également indiqué que des cas récents ont été enregistrés entre 2022 et 2026, montrant une circulation persistante du virus.
Selon lui, VAXPOX «contribuera à renforcer les connaissances scientifiques, à mieux documenter l’exposition des populations, et à appuyer la prise des décisions en santé publique »
Représentant le ministère de la Santé, le Dr Koné Blaise a rappelé que le Mpox constitue une préoccupation majeure de santé publique, après les épidémies enregistrées en 2024 et 2025 en Côte d’Ivoire. Il a insisté sur la nécessité de renforcer la surveillance épidémiologique, les capacités diagnostiques et la coordination entre les acteurs sanitaires.

Il a également salué la contribution de l’Institut Pasteur de Côte d’Ivoire et de ses partenaires, soulignant que la recherche scientifique est un levier essentiel dans la lutte contre les maladies émergentes. Au nom des autorités sanitaires et de l’enseignement supérieur, il a déclaré ouverts les travaux de la rencontre scientifique consacrée au Mpox et aux maladies émergentes.
Fulbert Yao (herrwall2007@yahoo.fr)






































































