LA LIBERTÉ D’EXPRESSION…ELLE S’ARRÊTE LÀ OÙ COMMENCE LA DIFFAMATION.
La politique n’est pas un champ de manioc dans lequel on entre avec sa machette pour arracher n’importe comment les plants du voisin, et prétendre ensuite que tout cela relève de la liberté de cultiver. La politique est un espace public, fait de débats, de contradictions, de critiques, de confrontations d’idées et, parfois, de désaccords profonds. Elle suppose une grande RESPONSABILITÉ de la parole. Si la liberté d’expression est un DROIT fondamental, elle ne donne pas un BLANC SEING à quiconque pour accuser, insulter ou salir à tout va.
Il existe une frontière que certains responsables politiques semblent parfois franchir avec une facilité DÉCONCERTANTE. Celle qui sépare la critique légitime de l’accusation GRATUITE et sans preuve.
On peut contester une décision, dénoncer une politique publique, critiquer la gestion d’un gouvernement, mettre en cause un bilan. On peut même considérer qu’un adversaire politique n’est pas à la hauteur et le dire publiquement. Tout cela appartient au débat démocratique. Mais affirmer SANS PREUVE irréfutable qu’une personne a détourné de l’argent, acheté des consciences, organisé une fraude, commis une infraction ou participé à un acte répréhensible est d’un autre calibre
Le statut de leader politique ne transforme pas sa propre opinion ou son analyse personnelle en vérité. La parole PUBLIQUE impose un devoir de MESURE, surtout lorsqu’elle émane d’un dirigeant politique.
Car sa parole peut être reprise par des milliers de personnes et influencer l’opinion publique, détruire une réputation, provoquer une campagne de haine, alimenter une tension sociale. Plus on a d’audience, plus on doit avoir de la MAÎTRISE et de la MESURE dans ses sorties publiques.
L’état de droit ne demande pas aux politiques de se taire, mais leur demande de savoir parler avec des LIMITES. Il ne leur demande pas d’épargner leurs adversaires, mais leur demande de les combattre avec des ARGUMENTS, des faits et des preuves palpables. Dans un état de droit, Il existe des RÈGLES. Cela signifie que chacun doit pouvoir exprimer ses opinions et participer au débat public, dans le respect des limites posées par la loi et des droits d’autrui.
Cette précision est FONDAMENTALE car lorsqu’un responsable politique accuse publiquement quelqu’un d’un fait précis sans pouvoir l’étayer, il ne fait plus seulement de la politique. Il transforme sa parole en arme et doit s’attendre à une riposte JUDICIAIRE de sa victime.
Notre débat public gagnerait à sortir de cette logique où tout devient permis au nom de la compétition politique. Parce que la République survivra à nos batailles électorales, mais les blessures infligées aux personnes, elles, dureront beaucoup plus longtemps.
Je nous invite donc à réhabiliter la RETENUE, vertu devenue rare dans le vacarme politique d’aujourd’hui. La retenue n’est pas de la faiblesse mais la marque de la SAGESSE et de la RESPONSABILITÉ. La marque de celui qui sait que ses mots ont un poids. Tout responsable politique devrait pouvoir se demander, avant de lancer une accusation :
« Puis-je prouver ce que je m’apprête à affirmer ? »
Si la réponse est non, alors peut-être faut-il simplement se TAIRE.
On peut être PASSIONNÉ et OFFENSIF sans être diffamatoire ni mensonger. La politique étant un champ de responsabilité, lorsqu’on y sème ses mots, on doit être prêt à y récolter ses conséquences. Et lorsqu’on a la prétention de conduire les autres, on devrait commencer par savoir tenir sa propre langue comme on tient un gouvernail. C’est à dire FERMEMENT. Car un seul mouvement de travers peut faire chavirer tout le bateau…
À BON ENTENDEUR, SALUT !
Jean-Yves ESSO






































































